Illustration abstraite aux couleurs Num Compagny : des lignes en pointillés représentant le réseau cuivre s’interrompent sur une barre verticale, puis des traits lumineux continus figurent la fibre optique.

Fin de l’ADSL : ce qui s’arrête en même temps que votre box

La réponse courte

Le 31 janvier 2027, le réseau cuivre sera coupé dans 2 138 communes. Le risque n’est pas votre box internet, qui sera remplacée, mais tout ce qui reste branché sur la vieille prise téléphonique : terminal de paiement, transmetteur d’alarme, téléassistance, fax. Votre numéro fixe, lui, est conservé gratuitement.

En bref

Pour qui : dirigeants de TPE et de PME, artisans et commerçants, mais aussi formateurs, médiateurs numériques, agents de mairie et de CCAS.

L’enjeu : le réseau téléphonique en cuivre s’éteint commune par commune. La prochaine coupure définitive tombe le 31 janvier 2027. Ce n’est pas votre box qui pose problème : ce sont tous les appareils branchés sur la vieille prise téléphonique, dont personne ne se souvient.

Le chiffre clé : 2 138 communes et environ 2,5 millions de locaux seront coupés le 31 janvier 2027, et près d’un tiers des abonnés ADSL ignorent encore que leur ligne va s’arrêter.

Temps de lecture : 8 minutes.

Il y a des échéances qu’on repousse parce qu’elles paraissent lointaines, et d’autres qu’on ne voit pas venir parce qu’on croit qu’elles ne nous concernent pas. La fermeture du réseau cuivre appartient aux deux catégories à la fois. Annoncée depuis des années, elle est devenue très concrète en janvier 2026, quand il est devenu impossible de souscrire un nouvel abonnement ADSL dans près des trois quarts des communes françaises. La suite sera plus brutale : le 31 janvier 2027, des lignes encore actives seront coupées pour de bon.

La plupart des articles sur le sujet se résument à un conseil : « passez à la fibre ». Le conseil est juste, mais il rate l’essentiel. Le passage à la fibre, pour un particulier ou une petite entreprise, prend une à deux heures et coûte rarement quelque chose. Le vrai risque est ailleurs : dans le terminal de paiement de l’épicerie, dans le transmetteur d’alarme du garage, dans le médaillon de téléassistance de votre mère. Tous ces objets sont branchés sur la ligne téléphonique en cuivre, et personne ne pense à eux.


1. Où en est le chantier, en trois dates

Le réseau cuivre appartient à Orange, qui le démantèle sous le contrôle de l’Arcep, le régulateur des télécoms. La fermeture se fait commune par commune, par « lots » successifs, et se déroule en deux temps qu’il faut absolument distinguer.

La fermeture commerciale intervient en premier : à partir de cette date, plus aucun opérateur ne peut vendre de nouvel abonnement ADSL ou de ligne téléphonique classique dans la commune. Les abonnés en place, eux, restent connectés. C’est ce qui s’est produit le 31 janvier 2026 dans environ 26 000 communes, représentant un peu plus de 20 millions de locaux. Les communes restantes suivront le 31 janvier 2027. Autrement dit : en France, la vente d’ADSL est déjà terminée ou le sera dans cinq mois. Partout.

La fermeture technique vient ensuite, au minimum douze mois plus tard. Là, on coupe. Le 27 janvier 2026, Orange a éteint le lot 2 : 829 communes, environ 960 000 locaux, dont près de 900 000 lignes définitivement fermées. La prochaine étape change d’échelle.

ÉchéanceCommunes coupéesLocaux concernés
31 janvier 2027 (lot 3)2 138≈ 2,5 millions
2028 (lot 4)6 894≈ 8,3 millions
2029 (lot 5)10 470≈ 11,7 millions
Novembre 2030Extinction complètePlus aucune ligne cuivre en France

Source : Arcep, plan de fermeture du réseau cuivre d’Orange, dossier de presse de janvier 2026. Les lots 4 et 5 restent prévisionnels.

La fermeture commerciale du 31 janvier 2026 est le premier arrêt massif de commercialisation de l’ADSL et les prochaines fermetures techniques à partir de janvier 2027 vont concerner beaucoup plus de clients.

Laure de La Raudière, présidente de l’Arcep, dossier de presse, janvier 2026


2. « Ma commune n’est pas dans la liste, j’ai le temps »

C’est la phrase qu’on entend le plus, et c’est le contresens le plus coûteux du dossier. Trois raisons.

D’abord, ne pas figurer dans le lot 3 ne veut pas dire être épargné, seulement passer plus tard : en 2028, en 2029, au plus tard fin 2030. Le calendrier n’est pas une loterie dont on peut sortir gagnant, c’est une file d’attente.

Ensuite, la fermeture commerciale, elle, est déjà effective presque partout. Concrètement, un artisan qui déménage son atelier, un commerçant qui ouvre un second local, une association qui change de siège : aucun d’eux ne pourra faire installer une ligne ADSL. La question ne se pose plus, la fibre ou une solution alternative s’impose d’emblée.

Enfin, plus la date approche, plus les demandes de raccordement s’accumulent au même moment. L’Arcep rappelle qu’un raccordement à la fibre prend de plusieurs semaines à plusieurs mois selon les cas, surtout quand des travaux sont nécessaires. Passer en septembre, c’est un rendez-vous technicien ; passer en janvier 2027, c’est une file d’attente partagée avec 2,5 millions de locaux.

Le piège : croire que les reports vous protègent

Un quart des communes initialement prévues en janvier 2026 ont bien été reportées d’un an, faute de fibre suffisamment déployée. Ces reports sont réels et de nouveaux sont possibles : l’Arcep impose à Orange le déploiement complet de la fibre sur la commune et la disponibilité d’offres comparables aux anciennes offres cuivre avant toute coupure. Mais miser dessus est un pari risqué, pour une raison arithmétique : si les communes reportées représentent 25 % des communes, elles pèsent environ 50 % des locaux. Autrement dit, ce sont surtout les zones denses qui ont gagné du temps. Les petites communes rurales, elles, sont majoritairement déjà fibrées à 100 %… et donc coupables en premier.


3. L’inventaire que personne ne fait : qu’est-ce qui est branché sur le cuivre ?

Voici le cœur du sujet. Quand la ligne s’arrête, ce n’est pas seulement internet qui tombe. Tout ce qui utilisait la paire de cuivre pour « téléphoner » s’arrête aussi, y compris des appareils qui ne ressemblent pas du tout à un téléphone. Dans une TPE, ces équipements ont souvent été installés il y a dix ou quinze ans par un prestataire qui n’est plus là, et plus personne ne sait exactement ce qui passe par quel fil.

Ce qui est branché sur la ligneCe qui se passe à la coupureÀ faire avant
Téléphone fixe de l’entrepriseLa ligne s’arrête, mais le numéro se conserveDemander la portabilité du numéro vers la fibre : elle est gratuite
Terminal de paiement par carte sur ligne analogiquePlus aucune transaction ne passePasser à un terminal avec carte SIM ou le brancher sur le réseau (Ethernet ou Wi-Fi)
Alarme et télésurveillance à transmetteur téléphoniqueLe système ne prévient plus personne : il sonne dans le videFaire vérifier le mode de transmission par le prestataire, écrit à l’appui
Téléassistance des personnes âgéesL’appel d’urgence ne part plusAppeler l’opérateur de téléassistance et faire remplacer le boîtier
Standard téléphonique ancien, fax, interphone à ligne dédiéeÉquipements hors servicePrévoir le remplacement ou la bascule en téléphonie sur internet
Automates divers : télérelève, chaufferie, portail, ligne d’astreinteRemontée d’information interrompue, souvent sans alerte visibleInterroger l’installateur : c’est lui qui sait ce qui passe par la ligne

Comment faire cet inventaire sans être technicien ? La méthode la plus fiable est aussi la plus rudimentaire : repérer chaque prise téléphonique murale du local, suivre le fil, et noter ce qu’il y a au bout. Une prise sur laquelle rien n’est branché ne pose aucun problème. Une prise occupée mérite une ligne dans un tableau, avec trois colonnes seulement : quel appareil, quel prestataire l’a installé, quel numéro appeler pour lui poser la question. Le document tient sur une feuille et il constitue, à lui seul, l’essentiel du travail. La suite consiste à passer les appels, un par un, en demandant chaque fois une réponse écrite : « mon équipement fonctionnera-t-il après la fermeture du réseau cuivre ? Si non, que proposez-vous et à quel coût ? » Les prestataires sérieux ont préparé la réponse depuis longtemps ; ceux qui hésitent vous renseignent tout autant.

Le point le plus grave : les équipements qui tombent en silence

Une box qui ne fonctionne plus, on le voit en cinq minutes. Un transmetteur d’alarme ou un médaillon de téléassistance qui ne parvient plus à joindre le centre d’écoute, on ne le découvre que le jour où on en a besoin. C’est là que la fermeture du cuivre cesse d’être un sujet de confort pour devenir un sujet de sécurité. Si vous accompagnez une personne âgée, un seul geste compte : appeler son opérateur de téléassistance, donner l’adresse, et demander par quel moyen le boîtier transmet aujourd’hui ses appels. La réponse doit être écrite.

Ne pas confondre avec la fin de la 2G

Deux réseaux disparaissent en même temps, et ils n’ont rien à voir. La 2G et la 3G, ce sont les réseaux mobiles : leur extinction touche les téléphones à touches, les alarmes et les téléalarmes équipées d’une carte SIM. Le cuivre, c’est le réseau fixe : sa fermeture touche tout ce qui est branché sur la prise murale. Un même dispositif de téléassistance peut être concerné par l’un ou par l’autre, selon la façon dont il a été installé. D’où l’intérêt de poser la question une bonne fois, plutôt que de traiter les deux sujets séparément.


4. Ce que vous perdez, ce que vous gardez

Passons aux bonnes nouvelles, car il y en a, et elles sont mal connues.

Votre numéro de téléphone fixe est conservé. C’est probablement l’information la plus importante pour une entreprise : le numéro imprimé sur les cartes de visite, les devis, le camion et l’enseigne ne disparaît pas. Il est simplement rattaché à la box fibre par portabilité, gratuitement. Aucune raison, donc, de changer sa papeterie ou son référencement.

Le raccordement est presque toujours pris en charge par l’opérateur. Dans la grande majorité des cas, il n’y a rien à payer : un technicien vient poser la prise optique, branche la box et vérifie que tout fonctionne, en une à deux heures. Quand des travaux sont nécessaires sur la partie privative, la moitié d’entre eux restent des chantiers légers, inférieurs à 200 euros, selon le Conseil général de l’économie.

La facture baisse souvent. Les offres fibre d’entrée de gamme se négocient aujourd’hui autour de 20 à 25 euros par mois, fréquemment moins cher qu’un vieil abonnement cuivre reconduit d’année en année sans jamais avoir été renégocié. Cette bascule forcée est donc aussi le bon moment pour comparer.

Le côté positif : une infrastructure plus sobre et plus fiable

La fibre consomme environ quatre fois moins d’énergie que l’ADSL, selon l’Arcep, et supporte bien mieux les intempéries que les lignes aériennes en cuivre — un argument qui parle dans les zones de moyenne montagne, où chaque coup de vent était synonyme de dérangement. La France fait par ailleurs partie des pays les mieux fibrés d’Europe, avec une couverture supérieure de 20 points à la moyenne européenne : fin septembre 2025, près de 94 % des locaux étaient éligibles et 80 % des abonnements internet fixes passaient déjà par la fibre.


5. Des travaux à faire chez vous ? L’État paie une partie, jusqu’en janvier 2027

Reste le cas minoritaire mais bien réel du raccordement impossible : gaine bouchée, fourreau absent, distance trop importante entre la limite de propriété et la maison. Le technicien repart sans avoir pu tirer le câble, et les travaux sont à la charge de l’occupant.

Pour ces situations, l’État a mis en place une aide expérimentale, instituée par le décret n° 2025-674 du 18 juillet 2025 et ouverte depuis le 29 septembre 2025. Elle a été généralisée à toutes les communes du territoire au 1er mars 2026. Son montant est forfaitaire : 400 euros pour des travaux de faible ampleur, 800 euros pour une ampleur moyenne, 1 200 euros pour de gros travaux. C’est l’Agence de services et de paiement qui détermine le forfait à partir du diagnostic porté sur l’attestation d’échec de raccordement.

Le mécanisme est confortable : l’entreprise de travaux déduit directement le montant de l’aide de son devis, puis se fait rembourser par l’État. Vous ne réglez que l’éventuel reste à charge. Trois conditions à connaître : il faut une attestation d’échec de raccordement délivrée par l’opérateur (Axione, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR participent au dispositif), le bâtiment doit être individuel — les immeubles collectifs sont exclus, la responsabilité incombant au syndic —, et le local ne doit jamais avoir bénéficié de l’aide.

Les TPE sont éligibles, et beaucoup l’ignorent

Le dispositif ne vise pas que les particuliers. Une très petite entreprise peut en bénéficier pour son local professionnel si elle réalise moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, emploie moins de 10 salariés, a au moins un an d’ancienneté et n’est pas en liquidation judiciaire. Les pièces demandées se limitent à l’attestation d’échec, le numéro de SIRET, la pièce d’identité du représentant légal et une attestation sur l’honneur du nombre de salariés. Côté particuliers, l’aide est réservée à la résidence principale, avec un quotient familial inférieur à 29 316 euros. Les demandes se déposent sur le portail de l’ASP jusqu’au 31 janvier 2027 ; les entreprises de travaux ont ensuite jusqu’au 30 juin 2027 pour demander leur paiement.


6. Et si la fibre n’arrive pas jusqu’à vous ?

Il reste environ trois millions de locaux à rendre éligibles à la fibre en France, et ils sont, par construction, les plus difficiles à raccorder : habitat dispersé, accès complexes, longues distances. C’est la réalité de nombreux hameaux de moyenne montagne. Souscrire à la fibre n’a d’ailleurs rien d’obligatoire, et plusieurs solutions existent.

La box 4G ou 5G fixe passe par le réseau mobile et offre de bons débits là où la couverture le permet ; c’est aussi la solution de transition que les opérateurs proposent quand des travaux retardent le raccordement. L’internet par satellite reste le recours des adresses les plus isolées. Enfin, pour ceux qui ne veulent pas d’internet du tout, il existe un abonnement téléphonique seul sur fibre : le combiné reste posé sur le meuble de l’entrée, il fonctionne comme avant, et le numéro ne change pas.

Cette dernière situation mérite une attention particulière de la part de ceux qui accompagnent des publics fragiles. La personne la plus exposée à la coupure n’est pas celle qui télétravaille : c’est celle qui n’a jamais eu internet, qui possède un unique téléphone à fil, qui ne lit pas ses courriers d’opérateur et qui n’appellera personne pour demander ce qu’il faut faire. Elle ne découvrira le problème que le jour où la tonalité aura disparu. Pour un CCAS, une France Services ou une mairie rurale, repérer ces foyers et les accompagner un par un est un travail de terrain qui ne se délègue pas à une campagne d’affichage.


Ce qu’il faut retenir

La bonne nouvelle est qu’il suffit de deux minutes pour savoir où l’on en est. Le ministère de l’Économie met en ligne un moteur de recherche par code postal sur le site du plan France Très Haut Débit, Orange publie la date de fermeture commune par commune, et l’Arcep propose une carte d’éligibilité à la fibre adresse par adresse. Trois vérifications, un après-midi de travail pour une petite entreprise, et le sujet est réglé pour dix ans.

Pour une TPE, le calendrier raisonnable tient en quatre étapes réparties sur l’automne. Vérifier la date de sa commune et son éligibilité à la fibre, d’abord : c’est l’affaire d’un quart d’heure. Faire l’inventaire des prises et des équipements ensuite, puis passer les appels aux prestataires concernés — comptez deux à trois semaines de va-et-vient, les réponses n’arrivent jamais du premier coup. Souscrire l’abonnement fibre et prendre le rendez-vous technicien en troisième lieu, sans attendre la date limite, en profitant de l’occasion pour comparer les offres. Et garder une marge : si le raccordement échoue et que des travaux s’imposent, il faudra l’attestation d’échec, le dossier ASP, le devis et l’intervention. Là, les semaines se transforment en mois. Une entreprise qui s’y met en septembre traite le sujet sereinement ; la même en décembre découvre qu’elle n’est plus seule sur le planning.

À retenir

  • Le 31 janvier 2027, le cuivre est coupé dans 2 138 communes, soit environ 2,5 millions de locaux. Les lots suivants, bien plus gros, tombent en 2028 et 2029, pour une extinction totale fin 2030.
  • La vente d’ADSL est déjà terminée dans les trois quarts des communes : un déménagement ou un nouveau local bascule d’office vers la fibre.
  • Le vrai risque n’est pas la box, ce sont les équipements branchés sur la prise téléphonique : terminal de paiement, alarme, téléassistance, fax, automates. Faites-en l’inventaire par écrit.
  • Votre numéro de téléphone fixe est conservé gratuitement, et le raccordement est presque toujours pris en charge par l’opérateur.
  • En cas de travaux sur votre terrain, l’aide de l’État couvre 400, 800 ou 1 200 euros, TPE incluses, avec dépôt du dossier jusqu’au 31 janvier 2027.

Num Compagny accompagne les TPE, les PME et les collectivités dans leurs transitions numériques : inventaire des équipements raccordés, préparation de la bascule vers la fibre et formation des équipes. Retrouvez nos formations sur la page Formation professionnelle.

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