LEÇON

Formats et mentions : Factur-X sans migraine

Ce que contient une facture électronique conforme.

🎯 Ce que vous saurez faire après cette leçon

  • Comprendre la différence entre une facture « image » (PDF classique) et une facture structurée lisible par une machine ;
  • Distinguer les trois formats du socle : Factur-X, UBL et CII ;
  • Décrire l’anatomie d’une facture hybride Factur-X (un PDF lisible + un fichier de données caché) ;
  • Connaître les nouvelles mentions obligatoires introduites par la réforme ;
  • Suivre le cycle de vie d’une facture à travers ses statuts ;
  • Éviter les rejets grâce à quelques bonnes pratiques de saisie, avec la Menuiserie Chabrier en fil rouge.

⏱️ Durée : 55-70 min · 📶 Niveau : débutant à intermédiaire · 📋 Prérequis : avoir suivi les leçons « La réforme en clair » et « Choisir sa plateforme ».

1. Mise en contexte : de l’image aux données

Le mot « format » fait fuir plus d’un artisan. Pourtant, l’idée est simple et vous n’aurez, en pratique, presque rien à faire : votre logiciel s’en charge. Mais comprendre ce qui se joue « sous le capot » vous évitera bien des inquiétudes et quelques rejets. Tout tient dans une distinction : la différence entre une image et des données.

Aujourd’hui, quand la Menuiserie Chabrier envoie un PDF, elle envoie une image de sa facture : un humain la lit très bien, mais l’ordinateur du client, lui, ne « comprend » pas que 10 080 est un montant TTC ou que 20 % est un taux de TVA. Il faut ressaisir. La facture électronique de la réforme ajoute, à côté de l’image, un jeu de données structurées : des étiquettes que la machine lit sans erreur (« montant HT = 8 400 », « TVA = 20 % », « SIREN client = … »). C’est ce petit supplément invisible qui change tout.

Le schéma ci-dessous illustre cette bascule : à gauche, la facture « image » d’aujourd’hui ; à droite, la même facture enrichie de données lisibles par la machine.

Facture image (PDF) L’humain lit : « Total TTC 10 080 € » La machine voit : une image, à ressaisir Facture structurée L’humain lit le PDF, et… montant_ttc = 10080 taux_tva = 20 siren_client = 000… lu automatiquement
Fig. 1 — La même facture, hier « image », demain enrichie de données que la machine lit sans ressaisie.

2. Les trois formats du socle : Factur-X, UBL, CII

La réforme n’impose pas un format unique : elle retient un socle de trois formats que les plateformes doivent savoir traiter. Bonne nouvelle pour Chabrier : il n’aura pas à choisir techniquement : son logiciel produira le bon format, le plus souvent Factur-X, sans qu’il ait à s’en préoccuper.

2.1 Factur-X — le format hybride

Factur-X est un format hybride franco-allemand : un fichier PDF lisible par l’humain, dans lequel est glissé un fichier de données (XML) lisible par la machine. C’est le grand favori des TPE, car il conserve l’aspect familier d’un PDF tout en embarquant les données. On dit qu’il est « à la fois lisible et calculable ».

2.2 UBL et CII — les formats de données purs

UBL (Universal Business Language) et CII (Cross Industry Invoice) sont des formats 100 % données : pas d’image, uniquement du XML structuré. Ils sont surtout utilisés par des logiciels ou de grandes organisations qui n’ont pas besoin d’un aperçu visuel intégré. Factur-X, d’ailleurs, embarque en interne des données au standard CII.

ℹ️ Le point commun : la norme EN 16931
Ces formats partagent un même vocabulaire européen, la norme EN 16931, qui définit le « sens » de chaque donnée (ce qu’est un montant HT, une TVA, une échéance…). Résultat : une facture émise en France est comprise partout en Europe. Vous n’avez pas à connaître cette norme ; sachez seulement qu’elle garantit que tout le monde parle le même langage.
FormatNatureLisible par un humain ?Idéal pour
Factur-XHybride : PDF + données XML✅ Oui (c’est un PDF)TPE, PME, artisans
UBLDonnées pures (XML)❌ Non sans outilLogiciels, grandes organisations
CIIDonnées pures (XML)❌ Non sans outilÉchanges inter-logiciels
Factur-XPDF lisible+ données cachéeshybride UBL100 % donnéesXML pur CII100 % donnéesXML pur Trois formats du socle — tous fondés sur la norme EN 16931
Fig. 2 — Le socle : Factur-X (hybride) aux côtés d’UBL et CII (données pures).

3. Anatomie d’une facture Factur-X

Ouvrons le capot une minute. Une facture Factur-X ressemble, à l’écran, à un PDF tout à fait ordinaire. Mais elle est en réalité composée de deux couches superposées. Comprendre ces deux couches vous aidera à saisir pourquoi « un PDF classique » ne suffit plus.

3.1 La couche visible : un PDF lisible

La première couche est un PDF (techniquement au standard PDF/A-3, conçu pour l’archivage durable). C’est l’aperçu que Chabrier et son client voient : le logo, les lignes de prestation, les totaux, les mentions. Rien ne change visuellement par rapport à aujourd’hui.

3.2 La couche cachée : un fichier de données (XML)

À l’intérieur de ce PDF est glissé un fichier de données (XML) qui rejoue, sous forme d’étiquettes, toutes les informations de la facture. C’est cette couche que la plateforme et le logiciel du client lisent automatiquement. L’humain ne la voit pas ; la machine ne lit qu’elle.

3.3 Ce que ça change pour vous : presque rien à la saisie

Bonne nouvelle : vous ne « fabriquez » pas ce XML à la main. Votre logiciel le génère à partir des champs que vous remplissez déjà (client, lignes, montants, TVA). D’où l’importance de bien remplir ces champs : un montant mal saisi ou un client incomplet se retrouvera tel quel dans les données. Le schéma annoté ci-dessous détaille cette structure.

Fichier Factur-X (conteneur PDF/A-3) Couche visible — PDF Couche cachée — données montant_ht = 8400 taux_tva = 20 total_ttc = 10080 siren_client = 000… 1 2 1 — ce que voient les humains 2 — ce que lit la machine (généré par votre logiciel)
Fig. 3 — Anatomie d’une Factur-X : un PDF visible (1) contenant un fichier de données caché (2).
💡 L’image mentale à garder
Pensez à une enveloppe transparente (le PDF) contenant une fiche parfaitement remplie (les données). Vous écrivez la fiche une seule fois, dans votre logiciel ; l’enveloppe et la fiche partent ensemble.

4. Les nouvelles mentions obligatoires

Une facture comporte déjà, aujourd’hui, de nombreuses mentions obligatoires : date, numéro unique, identités et adresses des parties, désignation des prestations, montants HT, taux et montant de TVA, total TTC, conditions de règlement… La réforme ajoute quelques mentions destinées à fiabiliser les données transmises. Elles sont peu nombreuses et, là encore, votre logiciel les prendra en charge à partir d’une fiche client bien remplie.

4.1 Les mentions ajoutées par la réforme

Selon les spécifications en vigueur, quatre informations deviennent obligatoires sur les factures concernées :

  1. le numéro SIREN du client (en complément des identités déjà exigées) ;
  2. l’adresse de livraison des biens lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation ;
  3. la nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux ;
  4. la mention de l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, lorsque l’entreprise a exercé cette option.
Nouvelle mentionPourquoiCas Chabrier
SIREN du clientIdentifier chaque partie de façon fiableSIREN de la SCI Les Tilleuls
Adresse de livraison si différenteLocaliser la livraison (utile pour la TVA)Chantier à une adresse, siège à une autre
Nature de l’opérationBiens, services ou mixteEscalier (bien) + pose (service) = mixte
Option paiement TVA d’après les débitsClarifier l’exigibilité de la TVAÀ indiquer si l’option a été prise

La maquette annotée ci-dessous montre où se logent ces nouvelles mentions sur une facture de Chabrier.

Menuiserie Chabrier — Facture F-2027-014 Client : SCI Les TilleulsSIREN client : 000 000 000 Livraison : 12 rue du Chantier(adresse de livraison ≠ facturation) Escalier chêne sur mesure + pose — 8 400,00 € HT — TVA 20 % Nature : livraison de biens + service Option TVA d’après les débits : oui Total TTC : 10 080,00 € En rouge/teal/violet : les mentions à surveiller au titre de la réforme.
Fig. 4 — Où se logent les nouvelles mentions sur une facture Chabrier.

📄 Rappel : les mentions déjà obligatoires

Les nouvelles mentions vues plus haut s’ajoutent à un socle qui, lui, ne change pas. Avant de se focaliser sur les nouveautés, il est sain de vérifier que ces mentions « classiques » figurent bien sur vos factures : elles restent obligatoires et sont, elles aussi, transmises dans les données. Le tableau ci-dessous les récapitule pour une facture type de Chabrier.

MentionExemple Chabrier
Date d’émission de la facture14 octobre 2027
Numéro unique et séquentielF-2027-014
Identité du vendeur (nom, adresse)Menuiserie Chabrier, adresse de l’atelier
Numéro SIREN/SIRET du vendeurSIRET de la menuiserie
Numéro de TVA intracommunautaireSi l’entreprise y est assujettie
Identité et adresse du clientSCI Les Tilleuls, siège
Date de la vente ou de la prestationFin de chantier
Désignation, quantité, prix unitaire HTEscalier chêne, pose
Taux et montant de TVA20 % — 1 680,00 €
Total HT et total TTC8 400,00 € HT — 10 080,00 € TTC
Conditions et date de règlement30 jours, échéance indiquée
Pénalités de retard et indemnité de recouvrementMentions légales entre professionnels
Mentions particulières (le cas échéant)Franchise en base, autoliquidation…
⚠️ Ne négligez pas le socle
On se concentre souvent sur les nouveautés en oubliant les mentions classiques. Or une facture à laquelle il manque une mention historique (numéro, TVA, échéance) reste non conforme, réforme ou pas. Vérifiez que votre modèle les contient toutes.
💡 Astuce modèle
Faites une fois un « modèle de facture parfait » avec le Cabinet Verne : toutes les mentions, anciennes et nouvelles, au bon endroit. Ensuite, chaque facture héritera de ce modèle et vous n’aurez plus à y penser.

5. Le cycle de vie et les statuts

Une facture électronique n’est pas un document figé : elle vit. À chaque étape, un statut est mis à jour et partagé entre les plateformes. C’est l’un des grands apports de la réforme : fini le PDF envoyé « dans le vide », Chabrier sait exactement où en est sa facture.

5.1 Qu’est-ce qu’un statut ?

Un statut est une étape du parcours de la facture : elle a été déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée… Certains statuts sont obligatoires (ils doivent être remontés), d’autres sont recommandés (utiles au suivi commercial). Votre plateforme gère ces statuts ; vous n’avez qu’à les lire, et parfois à en déclencher un (par exemple « refusée » si une facture reçue est erronée).

5.2 Les principaux statuts

StatutSignificationType
DéposéeLa facture est entrée dans le circuit via la plateformeObligatoire
Reçue / mise à dispositionLe destinataire l’a reçue sur sa plateformeRecommandé
ApprouvéeLe client valide la factureRecommandé
RefuséeLe client rejette la facture (erreur, litige)Obligatoire si elle survient
En litige / suspendueDésaccord en cours de traitementRecommandé
EncaisséeLe paiement a été reçuObligatoire (e-reporting de paiement)

La frise ci-dessous suit le parcours type d’une facture de Chabrier, du dépôt à l’encaissement.

Déposée Reçue Approuvée Encaissée Refusée ? Parcours type — le chemin rouge (refus) reste possible à tout moment
Fig. 5 — Le cycle de vie : de « déposée » à « encaissée », avec la branche « refusée » toujours possible.
ℹ️ Pourquoi les statuts sont une bonne nouvelle
Le statut « encaissée » nourrit l’e-reporting de paiement, mais il rend surtout un service concret à Chabrier : il sait, sans relancer à l’aveugle, quelles factures sont payées et lesquelles traînent. Le suivi de trésorerie devient limpide.

6. Les profils Factur-X : du plus léger au plus complet

Factur-X se décline en plusieurs profils, qui correspondent au niveau de détail des données embarquées. Du plus simple au plus riche, on trouve généralement : MINIMUM, BASIC WL, BASIC, EN 16931 (aussi appelé COMFORT) et EXTENDED. Vous n’avez pas à les mémoriser : votre logiciel choisit le profil adapté. Mais en connaître l’esprit aide à dialoguer avec votre éditeur ou votre expert-comptable.

Du plus léger (peu de données) au plus complet (données détaillées) MINIMUMdonnées de tête BASIC WLsans lignes BASICavec lignes EN 16931complet (socle UE) EXTENDEDtrès détaillé
Fig. 6 — L’escalier des profils Factur-X : plus on monte, plus les données sont détaillées.
ProfilContenuAdapté à
MINIMUMDonnées d’en-tête essentiellesÉchanges très simples
BASIC WLEn-tête sans le détail des lignesFactures synthétiques
BASICEn-tête + lignes de facturationLa plupart des TPE
EN 16931Jeu complet conforme au socle européenUsage standard recommandé
EXTENDEDDonnées très détaillées, cas complexesSecteurs aux besoins spécifiques
💡 Pour Chabrier
Un profil BASIC ou EN 16931 couvre parfaitement une menuiserie : en-tête complet et détail des lignes (escalier, pose, fournitures). Inutile de viser EXTENDED, réservé à des cas complexes.

7. Bonnes pratiques de saisie pour éviter les rejets

La grande peur, avec le format structuré, c’est le rejet : une facture renvoyée parce qu’une donnée manque ou est incohérente. La bonne nouvelle : la quasi-totalité des rejets viennent de causes simples, évitables par de bonnes habitudes de saisie. Voici les réflexes qui protègent Chabrier.

7.1 Une fiche client complète et exacte

Le SIREN, la raison sociale exacte, l’adresse de facturation et, si besoin, l’adresse de livraison doivent être justes. Une fiche client soignée, c’est 80 % des rejets évités. Prenez l’habitude de vérifier le SIREN d’un nouveau client professionnel dès le devis.

7.2 Une numérotation continue et sans trou

Les numéros de facture doivent se suivre, sans doublon ni saut inexpliqué. Laissez votre logiciel gérer la numérotation automatique plutôt que de la saisir à la main.

7.3 Des montants cohérents

HT, taux de TVA, montant de TVA et TTC doivent être arithmétiquement cohérents. Là encore, le logiciel calcule ; évitez de « forcer » un total à la main, source classique d’incohérence détectée par la plateforme.

7.4 Une désignation claire et la bonne nature d’opération

Décrivez précisément la prestation et renseignez la nature de l’opération (bien, service, mixte). Pour Chabrier, un chantier « escalier + pose » est une opération mixte : bien le signaler évite des questions ultérieures.

Bonne pratiqueCe qu’elle évite
Vérifier le SIREN au devisRejet pour client non identifiable
Numérotation automatiqueDoublons et trous de séquence
Laisser le logiciel calculerIncohérences HT/TVA/TTC
Renseigner la nature d’opérationAmbiguïté bien/service
Contrôler l’adresse de livraisonErreur de localisation

🧭 Erreurs fréquentes et dépannage

SymptômeCause probableSolution
Facture rejetée par la plateformeDonnée obligatoire manquante (ex. SIREN)Compléter la fiche client et réémettre
Montant TTC incohérent signaléTotal forcé à la mainLaisser le logiciel recalculer
Facture refusée par le clientErreur de prix, de quantité ou litigeÉmettre un avoir puis une facture corrigée
« PDF classique » refuséAbsence de couche de données (pas de Factur-X)Émettre depuis le logiciel au format structuré
Client introuvable dans l’annuaireSIRET erroné ou plateforme inconnueVérifier l’identifiant, demander sa plateforme
Nature d’opération ambiguëBien/service non préciséIndiquer « mixte » quand les deux coexistent
Statut bloqué sur « déposée »Destinataire pas encore traité, ou souci techniqueVérifier auprès de la plateforme/du client

✅ Votre check-list « format et mentions »

Avant d’émettre une facture électronique, un rapide passage en revue suffit à écarter la quasi-totalité des rejets. Voici la check-list que Chabrier affiche près de son écran.

Avant d’émettre, je vérifie : SIREN du client renseigné et exact Adresse de livraison si différente de la facturation Nature de l’opération : bien, service ou mixte Montants cohérents (HT, TVA, TTC) calculés par le logiciel Numéro continu et mentions classiques présentes Format Factur-X (profil BASIC ou EN 16931)
Fig. 10 — Six vérifications express avant chaque émission.

Cette routine de quelques secondes, une fois ancrée, rend l’émission d’une facture électronique aussi naturelle que l’envoi d’un PDF hier — mais sans les ressaisies ni les incertitudes de paiement.

📋 Cas pratique 1 — Chabrier émet une Factur-X mixte

Situation. Chabrier facture à la SCI Les Tilleuls un escalier chêne sur mesure (fourniture) et sa pose (main-d’œuvre). Montant : 8 400 € HT, TVA 20 %, total 10 080 € TTC. L’adresse du chantier diffère du siège de la SCI. Comment émettre correctement ?

Résolution guidée.

  1. Format : le logiciel de Chabrier produit une Factur-X (PDF lisible + données), profil BASIC ou EN 16931.
  2. Nouvelles mentions : SIREN de la SCI renseigné, adresse de livraison (le chantier) distincte de l’adresse de facturation, nature de l’opération = mixte (bien + service).
  3. Contrôles : montants cohérents (HT × 20 % = TVA ; HT + TVA = TTC), numéro continu (F-2027-014).
  4. Émission : un clic « Émettre via la PDP » ; la facture part, le statut passe à « déposée ».
Logiciel Chabriersaisie unique Factur-X généréePDF + données PDP → SCIstatut : déposée Opération mixte — SIREN + adresse de livraison renseignés
Fig. 7 — Cas 1 : d’une saisie unique à une Factur-X conforme déposée sur la PDP.

📋 Cas pratique 2 — Corriger une facture refusée

Situation. La SCI refuse la facture : une quantité est erronée (deux mains courantes facturées au lieu d’une). Le statut passe à « refusée ». Que fait Chabrier ?

Résolution guidée. On ne « rature » pas une facture électronique. La bonne pratique : émettre un avoir (facture rectificative qui annule ou corrige), puis une nouvelle facture juste. Chaque document suit le circuit structuré et ses statuts. La traçabilité reste intacte, et l’historique est propre pour le Cabinet Verne.

Facture refusée Avoir émis Nouvelle facture On corrige par avoir, jamais en modifiant l’originale
Fig. 8 — Cas 2 : la correction propre passe par un avoir puis une facture rectifiée.
⚠️ À ne pas faire
Ne renvoyez pas « le même PDF corrigé à la main » par courriel en doublon : cela casse la traçabilité et sèmera la confusion dans les statuts. Passez toujours par l’avoir puis la nouvelle facture, dans le circuit structuré.

📋 Cas pratique 3 — Chabrier reçoit une Factur-X de son fournisseur

Situation. Le fournisseur de bois de Chabrier lui adresse une Factur-X. Chabrier ouvre le fichier : il voit un PDF tout à fait normal. Que se passe-t-il « en coulisse » et qu’a-t-il à faire ?

Résolution guidée. Le PDF est lu par Chabrier ; en parallèle, son logiciel lit la couche de données et pré-remplit l’écriture d’achat (fournisseur, montant HT, TVA, échéance) sans ressaisie. Chabrier n’a plus qu’à vérifier et valider. La facture, ses statuts et ses données partent proprement vers le Cabinet Verne. Gain de temps et zéro erreur de recopie.

Factur-X reçue Données luesécriture pré-remplie Vers le Cabinet Verne Aucune ressaisie : la machine lit, l’humain valide
Fig. 9 — Cas 3 : à la réception, les données se déversent seules dans la comptabilité.

🏋️ Exercices

Traitez chaque question avant d’ouvrir le corrigé : l’objectif est d’acquérir les bons réflexes de format et de mentions.

Exercice 1. Un client vous dit : « Envoyez-moi juste le PDF, c’est déjà électronique. » En quoi une Factur-X diffère-t-elle d’un PDF classique ?

✅ Voir le corrigé

Un PDF classique n’est qu’une image : la machine ne peut pas en lire les données sans ressaisie. Une Factur-X est un PDF hybride qui embarque, en plus, un fichier de données structurées lisible automatiquement. C’est cette couche cachée qui la rend conforme.

Exercice 2. Citez les quatre nouvelles mentions introduites par la réforme.

✅ Voir le corrigé

1) le SIREN du client ; 2) l’adresse de livraison si différente de la facturation ; 3) la nature de l’opération (bien, service, mixte) ; 4) l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, le cas échéant.

Exercice 3. Chabrier facture « escalier + pose ». Quelle nature d’opération indiquer, et pourquoi ?

✅ Voir le corrigé

Mixte : l’escalier est une livraison de bien, la pose une prestation de service. Signaler « mixte » lève toute ambiguïté sur la nature de l’opération et évite des questions ultérieures.

Exercice 4. Une facture est refusée par le client pour une quantité erronée. Quelle est la marche à suivre ?

✅ Voir le corrigé

Émettre un avoir (facture rectificative) qui corrige ou annule, puis une nouvelle facture juste, toutes deux dans le circuit structuré. On ne modifie jamais l’originale « à la main » ni par un PDF envoyé en doublon.

Exercice 5. Associez : (a) Factur-X, (b) UBL, (c) CII — à « hybride PDF + données », « données pures ×2 ».

✅ Voir le corrigé

(a) Factur-X = hybride (PDF lisible + données). (b) UBL et (c) CII = données pures (XML sans image). Factur-X embarque d’ailleurs des données au standard CII.

Exercice 6. Vrai ou faux ? (a) « Le profil EXTENDED est obligatoire pour une menuiserie. » (b) « Le statut encaissée alimente l’e-reporting de paiement. » (c) « Les nouvelles mentions se remplissent à la main dans le XML. »

✅ Voir le corrigé

(a) Faux : un profil BASIC ou EN 16931 suffit largement ; EXTENDED vise des cas complexes. (b) Vrai : « encaissée » nourrit l’e-reporting de paiement. (c) Faux : c’est le logiciel qui génère le XML à partir des champs saisis ; vous remplissez la fiche, pas le code.

🧰 Adapter selon votre métier

Le format et les mentions varient peu d’un métier à l’autre, mais quelques points d’attention diffèrent selon votre activité.

ProfilPoint d’attention format/mentionsProfil Factur-X conseillé
Artisan du bâtiment (Chabrier)Opérations mixtes (bien + pose), adresse de chantierBASIC ou EN 16931
Commerçant de biensLivraison de biens, adresses de livraison fréquentesBASIC
Prestataire de servicesNature = service ; option TVA d’après les débits fréquenteBASIC ou EN 16931
Activité à cas complexesDonnées détaillées, remises, ventilations finesEXTENDED

Pour Chabrier, la vigilance porte surtout sur la nature mixte de ses opérations et sur l’adresse de chantier souvent distincte de l’adresse de facturation. Deux réflexes, et ses factures passent sans accroc.

🚀 Aller plus loin

  • Soignez vos fiches clients dès aujourd’hui. SIREN, adresses, conditions : une base propre, c’est la garantie de factures acceptées du premier coup demain.
  • Laissez faire le logiciel pour le format. Ne cherchez pas à « fabriquer » du Factur-X ou du XML : votre rôle est de bien saisir, celui du logiciel est de produire le bon format.
  • Apprivoisez les statuts. Prenez l’habitude de consulter le tableau de bord des statuts : c’est votre nouveau radar de trésorerie.
  • Testez un avoir. Avant l’échéance, entraînez-vous à émettre un avoir puis une facture corrigée : le jour où un vrai refus surviendra, vous serez à l’aise.
  • Parlez « format » avec le Cabinet Verne. Un profil BASIC ou EN 16931 bien paramétré facilite l’intégration comptable ; votre expert-comptable peut valider ce réglage.
  • Passerelle : revoyez « La réforme en clair » pour le calendrier et « Choisir sa plateforme » pour l’outil qui produira vos Factur-X. Les trois leçons forment un tout cohérent.

🔑 L’essentiel à retenir

  • La facture électronique ajoute, à l’image (PDF), une couche de données lisibles par la machine.
  • Trois formats au socle : Factur-X (hybride PDF + données), UBL et CII (données pures).
  • Factur-X est le favori des TPE : un PDF lisible contenant un fichier de données caché.
  • Tous reposent sur la norme européenne EN 16931 : tout le monde parle le même langage.
  • Quatre nouvelles mentions : SIREN client, adresse de livraison si différente, nature de l’opération, option TVA d’après les débits.
  • Les profils (MINIMUM → EXTENDED) règlent le niveau de détail ; BASIC ou EN 16931 suffit à une TPE.
  • La facture vit via des statuts (déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée).
  • « Encaissée » alimente l’e-reporting de paiement et clarifie votre trésorerie.
  • On corrige une facture par un avoir puis une nouvelle facture, jamais à la main.
  • La plupart des rejets viennent d’une fiche client incomplète : soignez vos données en amont.

📖 Glossaire

TermeDéfinition
Facture imagePDF ou papier lisible par l’humain mais non exploitable automatiquement par une machine.
Facture structuréeFacture dont les informations sont codées en données lisibles par un logiciel.
Factur-XFormat hybride franco-allemand : un PDF lisible contenant un fichier de données (XML).
UBLUniversal Business Language : format de facture en données pures (XML).
CIICross Industry Invoice : format de données pur (XML) ; standard embarqué par Factur-X.
XMLLangage d’étiquetage qui structure les données pour qu’une machine les lise.
PDF/A-3Variante de PDF conçue pour l’archivage, capable d’embarquer un fichier joint (les données).
EN 16931Norme européenne définissant le sens des données d’une facture électronique.
ProfilNiveau de détail des données Factur-X (MINIMUM, BASIC WL, BASIC, EN 16931, EXTENDED).
StatutÉtape du cycle de vie de la facture (déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée…).
AvoirFacture rectificative qui annule ou corrige une facture précédente.
Nature de l’opérationQualification de la vente : livraison de biens, prestation de services, ou mixte.
TVA d’après les débitsOption d’exigibilité de la TVA à la facturation ; à mentionner si elle a été choisie.

❓ Questions fréquentes

Vais-je devoir créer du XML moi-même ?

Non. Votre logiciel génère automatiquement la couche de données à partir des champs que vous remplissez déjà (client, lignes, montants). Votre travail se limite à bien saisir.

Une Factur-X reste-t-elle lisible par mon client comme un PDF ?

Oui : la couche visible est un PDF tout à fait normal. La couche de données, elle, est invisible pour l’œil mais lue par les logiciels et les plateformes.

Quel profil Factur-X choisir ?

Pour une TPE artisanale, un profil BASIC (en-tête + lignes) ou EN 16931 convient parfaitement. EXTENDED est réservé aux cas complexes. Votre logiciel propose généralement le bon profil par défaut.

Que faire si une facture est refusée ?

Émettre un avoir puis une nouvelle facture corrigée, dans le circuit structuré. Ne modifiez jamais l’originale « à la main » et n’envoyez pas de PDF en doublon par courriel.

Les nouvelles mentions sont-elles compliquées à ajouter ?

Non : renseignées une fois dans la fiche client et lors du devis (SIREN, adresse de livraison, nature d’opération), elles se reportent automatiquement sur la facture.

À quoi servent vraiment les statuts ?

À suivre la vie de la facture sans relancer à l’aveugle : vous savez si elle est déposée, reçue, approuvée, refusée ou encaissée. Le statut « encaissée » alimente aussi l’e-reporting de paiement.

Comment éviter la plupart des rejets ?

En soignant vos données en amont : fiche client complète (SIREN, adresses), numérotation automatique, montants laissés au calcul du logiciel, nature d’opération renseignée.

Dois-je conserver mes anciennes factures autrement ?

Vos factures électroniques sont archivées à valeur probante par votre plateforme selon les obligations en vigueur. Gardez tout de même une sauvegarde de vos exports, par prudence.

Num Compagny forme les TPE et PME au bon usage de Factur-X et des mentions obligatoires : paramétrage, tests et prise en main sans jargon. Retrouvez l’ensemble de cette formation et nos accompagnements sur numcompagny.com.