Imprimer sans mauvaise surprise
Formats, marges, qualité : le pont vers l’imprimeur.
🎯 Ce que vous saurez faire à la fin de cette leçon
- Comprendre la résolution (les DPI) et fournir des images nettes à l’impression.
- Distinguer le RVB (écran) du CMJN (impression) et éviter les surprises de couleur.
- Prévoir les fonds perdus et les marges de sécurité pour ne rien faire couper.
- Exporter un PDF prêt pour l’impression, le bon format de fichier.
- Choisir entre imprimeur en ligne et imprimeur local, et commander sereinement.
- Relire un bon à tirer et repérer les pièges avant de valider.
⏱ 55 à 70 min de lecture active · Niveau débutant · Prérequis : avoir suivi les leçons 396 (le flyer) et 397 (décliner sur les réseaux).
1. Pourquoi l’impression réserve des surprises
Vous avez conçu un flyer superbe, validé à l’écran jusque dans les moindres détails. Vous lancez l’impression de 500 exemplaires… et vous recevez des flyers dont les couleurs ont terni, dont une photo est floue, et dont le logo est coupé sur le bord. Que s’est-il passé ? Rien d’anormal : l’écran et le papier sont deux mondes différents, et ce qui est beau sur l’un ne l’est pas automatiquement sur l’autre.
L’écran ment, en quelque sorte. Il est lumineux (il émet sa propre lumière), il affiche des couleurs vives qu’aucune encre ne sait reproduire, et il se contente d’une définition faible car il est peu dense en points. Le papier, lui, est impitoyable : il ne s’éclaire pas, ses encres ont des limites, et il révèle le moindre défaut de netteté. Imprimer sans le savoir, c’est jouer à la loterie — une loterie chère, car 500 flyers ratés, c’est un budget perdu et une image écornée.
La bonne nouvelle : toutes ces surprises s’anticipent. Quatre réglages — la résolution, le mode colorimétrique, les fonds perdus et le format de fichier — suffisent à garantir un résultat conforme. Cette leçon les passe en revue, puis vous guide pour choisir un imprimeur et valider votre commande.
Notre fil rouge. L’Institut Rosalie, à Murol, tenu par Rosalie Andant, a validé à l’écran son flyer de rentrée (leçon 396) et ses visuels réseaux (leçon 397). Elle veut maintenant imprimer 500 flyers A5 pour les boîtes aux lettres et le comptoir, ainsi qu’une affiche A3 pour sa vitrine. Nous allons préparer ses fichiers pour qu’aucune mauvaise surprise ne l’attende à la livraison.
Le schéma ci-dessous oppose les deux mondes que tout fichier d’impression doit réconcilier.
2. La résolution : pixels, DPI et netteté
La première cause de flyer flou, c’est une image en trop basse résolution. Pour comprendre, il faut savoir qu’une photo numérique est une mosaïque de petits carrés de couleur, les pixels. La résolution mesure combien de ces pixels sont imprimés sur chaque pouce de papier : c’est le DPI (dots per inch, points par pouce).
Deux chiffres à retenir. Pour un écran, 72 dpi suffisent. Pour une impression de qualité, il faut 300 dpi : quatre fois plus de points sur la même surface, donc une netteté parfaite. Une image récupérée sur un site web (72 dpi) paraît nette à l’écran, mais imprimée elle se couvre de petits carrés visibles : on dit qu’elle est pixelisée. La figure ci-dessous montre la différence.
| Usage | Résolution conseillée |
|---|---|
| Écran, réseaux sociaux | 72 dpi |
| Flyer, carte, affiche (impression) | 300 dpi |
| Grand format vu de loin (banderole) | 100 à 150 dpi |
| Logo, texte, aplats | Vectoriel (net à toute taille) |
3. Bien dimensionner ses images
Combien de pixels faut-il, concrètement ? La règle tient en une multiplication : taille en pouces × 300. Comme un pouce vaut 2,54 cm, un A5 (14,8 × 21 cm, soit 5,83 × 8,27 pouces) réclame environ 1748 × 2480 pixels. Autrement dit, une photo de 500 × 700 pixels, parfaite sur Instagram, sera bien trop petite pour un flyer A5 : elle devra couvrir seulement une petite vignette, jamais toute la page. Le tableau donne les repères par format.
| Format | Dimensions | Pixels nécessaires à 300 dpi |
|---|---|---|
| A6 | 105 × 148 mm | 1240 × 1748 px |
| A5 | 148 × 210 mm | 1748 × 2480 px |
| A4 | 210 × 297 mm | 2480 × 3508 px |
| A3 | 297 × 420 mm | 3508 × 4961 px |
4. RVB et CMJN : la couleur à l’écran et sur le papier
Deuxième grande surprise : la couleur. À l’écran, les couleurs sont fabriquées avec de la lumière, en mélangeant du Rouge, du Vert et du Bleu — c’est le mode RVB. À l’impression, elles sont fabriquées avec de l’encre, en superposant du Cyan, du Magenta, du Jaune et du Noir — c’est le mode CMJN (le N pour le noir). Deux recettes différentes, donc deux résultats parfois éloignés.
Concrètement, le RVB peut afficher des couleurs très vives — un rose fluo, un vert électrique, un bleu profond — que les encres CMJN ne savent pas reproduire. À l’impression, ces teintes s’assagissent et deviennent plus sourdes. On dit que le CMJN a un gamut (une palette) plus restreint que le RVB. D’où la déception classique : un fichier éclatant à l’écran qui sort terne de l’imprimante.
| RVB | CMJN | |
|---|---|---|
| Fabriqué avec | La lumière (écran) | L’encre (papier) |
| Composantes | Rouge, Vert, Bleu | Cyan, Magenta, Jaune, Noir |
| Palette | Très large, couleurs vives | Plus restreinte, plus sourde |
| Usage | Écran, réseaux sociaux | Impression |
Le cas du noir profond
Petit piège fréquent : un grand aplat noir imprimé avec du noir seul paraît grisâtre. Les imprimeurs recommandent un noir riche, obtenu en ajoutant un peu de cyan sous le noir (par exemple C60 M40 J40 N100). À l’inverse, pour du texte noir, on garde du noir pur (N100 seul), plus net et sans risque de décalage.
5. Les fonds perdus et les marges de sécurité
Troisième surprise : le logo coupé, ou le fin liseré blanc sur le bord. Elle vient d’une réalité mécanique de l’impression : on n’imprime jamais sur une feuille aux dimensions finales, mais sur une feuille plus grande que l’on coupe ensuite. Et la coupe n’est jamais parfaite au dixième de millimètre près. Deux notions protègent contre cet aléa : le fond perdu et la marge de sécurité.
Le fond perdu est un léger débord de 3 à 5 mm ajouté tout autour du format final, dans lequel on prolonge les fonds de couleur et les images qui touchent le bord. Ainsi, même si la coupe dévie un peu, aucun liseré blanc n’apparaît : l’encre va jusqu’au bout.
La marge de sécurité est la bande intérieure symétrique, elle aussi de 3 à 5 mm, dans laquelle on ne place rien d’important : ni texte, ni logo, ni élément qu’on ne veut pas voir rogné. Si la coupe mord vers l’intérieur, elle ne rognera que du vide.
Entre les deux, le trait de coupe matérialise le format final. Toute la règle tient en une phrase : les fonds débordent jusqu’au fond perdu, le texte reste dans la marge de sécurité. Le schéma ci-dessous la rend visuelle.
| Zone | Rôle | Repère |
|---|---|---|
| Fond perdu | Prolonger les fonds au-delà du bord | +3 à 5 mm tout autour |
| Trait de coupe | Marquer le format final | La ligne de découpe |
| Marge de sécurité | Protéger le contenu important | −3 à 5 mm à l’intérieur |
6. Le bon fichier : exporter un PDF prêt pour l’impression
Vous avez la bonne résolution, le bon mode couleur et les fonds perdus. Reste à livrer le tout dans le bon format de fichier. Pour l’impression, la référence est le PDF — et plus précisément le PDF pensé pour l’impression.
Pourquoi le PDF plutôt qu’un PNG ou un JPG ? Parce qu’il embarque tout — texte, images, polices, couleurs, fonds perdus — dans un seul fichier fidèle, qui s’imprimera à l’identique chez n’importe quel imprimeur. Un JPG, lui, est une image aplatie qui peut perdre en netteté et ne gère proprement ni les fonds perdus ni le CMJN. Un bon PDF d’impression réunit les points suivants.
- Polices incorporées ou vectorisées, pour qu’aucune police ne soit remplacée par une autre.
- Images en 300 dpi, vérifiées une à une.
- Mode CMJN, pour des couleurs conformes au papier.
- Fonds perdus inclus et, si demandé, traits de coupe.
- Souvent la norme PDF/X (PDF/X-1a ou PDF/X-4), un PDF « certifié impression » que réclament beaucoup d’imprimeurs.
| Format | Bon pour | À l’impression |
|---|---|---|
| PDF (PDF/X) | Impression professionnelle | ✓ Le standard |
| PNG | Web, transparence | ✗ Ni fond perdu ni CMJN |
| JPG | Photo pour le web | ✗ Aplati, en RVB |
| SVG / vectoriel | Logos, aplats, découpe | ✓ (souvent intégré au PDF) |
Une fois le PDF prêt, le parcours jusqu’au flyer entre vos mains suit toujours les mêmes étapes.
7. Choisir son imprimeur : en ligne ou local
Reste à choisir qui imprime. Deux grandes options s’offrent à vous : l’imprimeur en ligne, très économique et rapide pour les gros tirages standards, et l’imprimeur local, qui apporte conseil, proximité, petits tirages et papiers particuliers. Le bon choix dépend du produit et de vos priorités.
| Critère | Imprimeur en ligne | Imprimeur local |
|---|---|---|
| Prix (gros tirage) | Très compétitif | Plus élevé |
| Petits tirages | Moins intéressant | Souple |
| Conseil, accompagnement | Limité (tout par gabarit) | Personnalisé |
| Délais | 3 à 7 jours + livraison | Souvent rapide, sur place |
| Papiers particuliers | Choix standard | Large, sur mesure |
| Bon à tirer papier | Rare (souvent numérique) | Possible |
Quel que soit l’imprimeur, préparez les informations qu’il vous demandera :
- Le fichier PDF (idéalement PDF/X, avec fonds perdus).
- Le format final (A5, A3…) et l’orientation (portrait ou paysage).
- Le nombre d’exemplaires (le prix unitaire chute avec la quantité).
- Le papier : type (couché brillant ou mat) et grammage (135 g pour un flyer souple, 300 à 350 g pour une carte rigide).
- La finition éventuelle (pelliculage mat, brillant, vernis) et le recto-verso.
8. Le bon à tirer et la check-list avant d’envoyer
Le bon à tirer (BAT) est l’épreuve que l’imprimeur vous soumet avant de lancer la presse. Le valider vous engage : après, c’est imprimé, et payé. C’est donc le moment de tout revérifier, à tête reposée — surtout pas à la va-vite un vendredi soir. Passez en revue les textes (fautes, numéro de téléphone, date de l’offre), la netteté des images, les couleurs, les fonds perdus, le format et la bonne orientation du recto et du verso.
La check-list ci-dessous résume les six contrôles à faire avant d’envoyer un fichier, puis avant de valider le BAT.
9. Le papier : grammage, couchage et finitions
Un fichier parfait mérite le bon papier. À visuel identique, le choix du support change radicalement le ressenti — et le budget. Trois paramètres suffisent à s’y retrouver : le grammage, le type de surface (couché ou offset) et la finition.
Le grammage
Le grammage, exprimé en grammes par mètre carré (g/m²), traduit l’épaisseur ressentie du papier. Plus il est élevé, plus le support paraît solide et qualitatif — et plus il coûte. Un tract publicitaire tient sur un papier léger ; une carte de visite réclame un papier rigide qui ne se plie pas dans la poche.
| Grammage | Usage typique | Ressenti |
|---|---|---|
| 80 à 90 g | Tract, papier courant | Léger, jetable |
| 135 à 170 g | Flyer, dépliant | Souple, bonne tenue |
| 250 à 300 g | Carte, carton d’invitation | Rigide, qualitatif |
| 350 g et plus | Carte de visite premium | Très rigide, haut de gamme |
Couché ou offset ?
Le papier couché a une surface lisse qui fait ressortir les couleurs et les photos : idéal pour un flyer illustré. Le papier offset (non couché) est plus mat et naturel, agréable au toucher et facile à écrire dessus : parfait pour un aspect authentique ou un bloc-notes. Le couché existe en version brillante (couleurs éclatantes) ou mate (plus sobre et élégant).
Les finitions
Une finition protège l’imprimé et le distingue. Elle a un coût, à réserver aux supports qui durent.
| Finition | Effet | Idéale pour |
|---|---|---|
| Pelliculage mat | Doux, élégant, anti-reflet | Cartes et plaquettes chic |
| Pelliculage brillant | Couleurs éclatantes | Flyers photo, promotions |
| Soft touch | Toucher velours | Cartes de visite premium |
| Vernis sélectif | Brillance sur une seule zone | Mettre en valeur un logo, un titre |
Avant de passer aux erreurs à éviter, faisons le point. Toute la préparation d’un fichier d’impression tient en quatre réglages, dans cet ordre, et le reste (papier, finition, imprimeur) se décide ensuite.
🧭 Erreurs fréquentes et dépannage
Presque toutes les mauvaises surprises d’impression tiennent aux quatre réglages de cette leçon. Le tableau relie chaque symptôme à sa cause et à sa solution.
| Symptôme | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| Photo floue ou pixelisée | Image sous 300 dpi ou agrandie | Fournir une image en 300 dpi, ne pas l’étirer |
| Couleurs ternes par rapport à l’écran | Fichier RVB imprimé en CMJN | Travailler et exporter en CMJN, éviter le fluo |
| Liseré blanc sur un bord | Aucun fond perdu prévu | Prolonger les fonds de 3 à 5 mm |
| Logo ou texte coupé | Contenu hors de la zone de sécurité | Rentrer l’important de 3 à 5 mm vers l’intérieur |
| Police remplacée à l’impression | Polices non incorporées au fichier | Exporter un PDF avec polices incorporées |
| Grand aplat noir grisâtre | Noir composé du seul noir | Utiliser un noir riche (ajouter du cyan) |
| Fichier refusé par l’imprimeur | Format inadapté (JPG, PNG) | Fournir un PDF (idéalement PDF/X) |
| Marges blanches inattendues | Mauvais format d’export | Exporter au format exact, fond perdu inclus |
📋 Cas pratique 1 — Imprimer les 500 flyers A5 de l’Institut Rosalie
La situation. Le flyer de rentrée est validé à l’écran. Rosalie veut 500 exemplaires A5 recto-verso, sur papier couché mat 135 g, pour les boîtes aux lettres et le comptoir. Préparons son fichier, étape par étape.
Étape 1 — la résolution. Sa photo de soin fait 3000 × 2000 px : largement au-dessus des 1748 × 2480 px d’un A5 plein, donc parfaite même en grand. Le logo est vectoriel : net à toute taille.
Étape 2 — la couleur. Elle bascule le document en CMJN. Son rose signature, un peu trop vif en RVB, est ajusté vers un rose CMJN proche, qu’elle vérifie à l’écran. Le noir des mentions reste en noir pur.
Étape 3 — les fonds perdus. Elle télécharge le gabarit A5 de l’imprimeur (154 × 216 mm, soit 3 mm de fond perdu tout autour), prolonge le fond rose jusqu’au bord perdu, et rentre le logo, l’accroche et le téléphone dans la zone de sécurité.
Étape 4 — l’export. Elle exporte en PDF/X, CMJN, 300 dpi, avec fonds perdus et traits de coupe. Un seul fichier, propre.
Étape 5 — la commande et le BAT. 500 exemplaires, A5, recto-verso, couché mat 135 g, BAT demandé. Sur le BAT, elle relit le téléphone (04 73 88 06 12) et la date de l’offre (31 octobre), puis valide. Voici son gabarit prêt à partir.
📋 Cas pratique 2 — L’affiche A3 pour la vitrine
La situation. En plus des flyers, Rosalie veut une affiche A3 (297 × 420 mm) pour sa vitrine, visible depuis le trottoir. Même identité, mais un plus grand format et, surtout, une lecture à distance. C’est un bel exemple où impression et déclinaison (leçon 397) se rejoignent.
La lisibilité d’abord. Une affiche se lit de loin : l’accroche et l’offre doivent être énormes, et le texte de détail disparaît presque. Rosalie repart de son flyer, agrandit « −20 % », garde le nom et le téléphone, et retire tout le reste (prestations, conditions), qui n’a pas sa place sur une vitrine.
La résolution. Un A3 à 300 dpi réclame 3508 × 4961 px. Pour une affiche vue à un mètre ou plus, 150 à 200 dpi restent acceptables, mais Rosalie vise 300 dpi puisque sa photo et son logo le permettent.
Les fonds perdus et le papier. Elle prend le gabarit A3 avec fonds perdus, choisit un papier 200 g avec un léger pelliculage — utile derrière une vitre exposée au soleil — et exporte en PDF/X. Voici l’affiche obtenue.
🏋️ Exercices
À vous de jouer. Cherchez la réponse, puis dépliez le corrigé.
Exercice 1 — Assez de pixels ? Une image fait 800 × 600 px. Peut-elle remplir tout un flyer A5 imprimé en 300 dpi ?
✅ Voir le corrigé
Non. Un A5 plein demande environ 1748 × 2480 px ; 800 × 600 px est très en dessous et donnera une image pixelisée. Cette image ne conviendra qu’à une petite vignette (moins d’un tiers de la page). Il faut une image plus grande, ou la cantonner à une petite zone.
Exercice 2 — Le vert qui déçoit. Un vert fluo est éclatant à l’écran. Que se passera-t-il à l’impression, et que faire ?
✅ Voir le corrigé
Il sortira nettement plus terne : ce vert est hors du gamut CMJN, les encres ne savent pas le reproduire. Solution : choisir dès le départ un vert réalisable en CMJN, vérifier à l’écran en mode CMJN, et commander un exemplaire test si la teinte est cruciale.
Exercice 3 — Le liseré blanc. Après impression, un fin trait blanc apparaît sur un bord du flyer, alors que le fond était coloré. Quelle est la cause, et la parade ?
✅ Voir le corrigé
Le fond de couleur ne débordait pas : il n’y avait pas de fond perdu, et la coupe a légèrement dévié, révélant le blanc du papier. Parade : prolonger le fond de 3 à 5 mm au-delà du format final (le fond perdu) et exporter en incluant ce débord.
Exercice 4 — Le fichier refusé. Un imprimeur en ligne refuse votre fichier PNG. Pourquoi, et que lui envoyer à la place ?
✅ Voir le corrigé
Le PNG est un format d’image pour le web : il est en RVB, ne gère pas les fonds perdus ni le CMJN, et n’incorpore pas les repères d’impression. Envoyez un PDF, idéalement PDF/X, en CMJN, avec fonds perdus et polices incorporées.
Exercice 5 — Combien de pixels ? Calculez le nombre de pixels nécessaires pour une carte de visite de 85 × 55 mm imprimée en 300 dpi.
✅ Voir le corrigé
85 mm = 3,35 pouces et 55 mm = 2,17 pouces. En multipliant par 300 : environ 1005 × 650 px. Ajoutez le fond perdu (3 mm de chaque côté) et prévoyez donc un peu plus. En dessous, la carte serait floue.
Exercice 6 — Quel imprimeur ? Vous devez commander (a) 500 flyers A5 standards et (b) 20 affiches sur un papier texturé haut de gamme. Vers quel type d’imprimeur vous tournez-vous pour chacun ?
✅ Voir le corrigé
(a) Un imprimeur en ligne : gros tirage standard, prix imbattable. (b) Un imprimeur local : petit tirage, papier particulier, conseil sur la finition et bon à tirer papier possible. On choisit selon la quantité et le besoin de conseil.
🧩 Adapter à votre activité
Les mêmes réglages valent pour tous les imprimés ; seuls le produit et le papier changent.
- Commerce / boutique. Affiches et étiquettes de promotion en CMJN, papier résistant pour la vitrine, cohérence avec l’enseigne.
- Artisan / bâtiment. Cartes de visite épaisses (300 g et plus), flyers robustes ; toujours un PDF/X en 300 dpi.
- Restauration. Menus sur papier résistant aux taches ou pelliculé, formats A4 ou sets de table ; couleurs appétissantes vérifiées en CMJN.
- Profession libérale / service. Plaquette sobre, papier mat épais, noir pur pour un texte net et élégant.
- Association / événement. Affiches A3 pour l’événement, flyers économiques en papier léger ; fonds perdus et grande accroche pour la lecture à distance.
🚀 Aller plus loin
Quelques réflexes de professionnel pour des imprimés qui se démarquent, sans mauvaise surprise.
- Le papier fait le ressenti. Un même flyer paraît premium sur un 300 g mat, ordinaire sur un 90 g brillant. Testez plusieurs grammages une fois.
- Les finitions (pelliculage soft touch, dorure à chaud, découpe) coûtent un peu et distinguent beaucoup — à réserver aux supports qui durent, comme la carte de visite.
- Groupez vos commandes : imprimer flyers, cartes et affiches d’un coup réduit souvent les frais fixes et de livraison.
- Pensez sobriété : papier recyclé, imprimeur local, tirage ajusté au besoin réel évitent le gâchis.
- Archivez bien : conservez le fichier source et le PDF final, nommés et datés, pour réimprimer sans tout refaire.
Avec les leçons 396 (concevoir le flyer), 397 (le décliner sur les réseaux) et 398 (l’imprimer), vous tenez le cycle complet : de l’idée au papier entre les mains de vos clients.
🔑 L’essentiel à retenir
- L’écran et le papier sont deux mondes : ce qui est beau à l’écran doit être préparé pour l’impression.
- 300 dpi pour imprimer net ; 72 dpi suffisent seulement à l’écran.
- Une image trop petite ne se rattrape pas : l’agrandir ne fait que la rendre floue.
- L’écran est en RVB (lumière), le papier en CMJN (encre) : les couleurs vives s’assagissent.
- Évitez le fluo ; un noir riche pour les grands aplats, du noir pur pour le texte.
- Fond perdu : prolongez les fonds de 3 à 5 mm au-delà de la coupe.
- Marge de sécurité : rien d’important à moins de 3 à 5 mm du bord.
- Le bon fichier est un PDF (PDF/X), en CMJN, 300 dpi, polices incorporées, fonds perdus.
- Imprimeur en ligne pour les gros tirages standards, local pour le conseil et les papiers spéciaux.
- Toujours relire et valider un bon à tirer ; commandez un exemplaire test.
📖 Glossaire
| Résolution | Densité de points d’une image imprimée, qui détermine sa netteté. |
| Pixel | Le plus petit carré de couleur qui compose une image numérique. |
| DPI | Points par pouce (dots per inch) : 300 dpi pour imprimer, 72 dpi pour l’écran. |
| Vectoriel | Image faite de tracés (non de pixels), nette à n’importe quelle taille ; idéale pour un logo. |
| RVB | Mode de couleur par la lumière (Rouge, Vert, Bleu), utilisé par les écrans. |
| CMJN | Mode de couleur par l’encre (Cyan, Magenta, Jaune, Noir), utilisé à l’impression. |
| Gamut | Étendue des couleurs qu’un mode peut reproduire ; plus restreint en CMJN qu’en RVB. |
| Noir riche | Noir profond obtenu en ajoutant un peu de cyan sous le noir, pour les grands aplats. |
| Fond perdu | Débord de 3 à 5 mm des fonds au-delà de la coupe, pour éviter tout liseré blanc. |
| Trait de coupe | Repère qui indique où le papier sera découpé, c’est-à-dire le format final. |
| Marge de sécurité | Bande intérieure où l’on ne place rien d’important, pour ne rien faire rogner. |
| Gabarit | Modèle fourni par l’imprimeur, avec fonds perdus et marges déjà tracés. |
| PDF/X | Variante du PDF certifiée pour l’impression (couleurs, polices, fonds perdus intégrés). |
| Bon à tirer (BAT) | Épreuve finale à valider avant impression ; l’accepter engage définitivement. |
| Grammage | Poids du papier en g/m² : 135 g pour un flyer souple, 300 g et plus pour une carte rigide. |
| Pelliculage | Fine pellicule (mate ou brillante) qui protège et embellit un imprimé. |
❓ Questions fréquentes
300 dpi, qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Cela signifie 300 points d’encre sur chaque pouce (2,54 cm) de papier. Plus il y a de points, plus l’image est fine et nette. En dessous de 300 dpi, l’œil commence à distinguer les carrés à la lecture rapprochée d’un flyer ou d’une carte.
Comment savoir si mon image est assez grande ?
Regardez ses dimensions en pixels (clic droit, propriétés, ou dans votre outil). Comparez-les au tableau des formats : pour un A5 plein, il faut au moins 1748 × 2480 px. Si l’image est plus petite, réservez-la à une petite zone, ou remplacez-la.
Mon logo doit-il aussi être en 300 dpi ?
Idéalement, votre logo est vectoriel (fichier SVG, EPS ou PDF) : il reste net à toute taille, sans se soucier des dpi. Si vous n’avez qu’une version en pixels, veillez à ce qu’elle soit largement assez grande pour l’usage prévu.
Dois-je convertir moi-même en CMJN ?
Beaucoup d’imprimeurs en ligne acceptent le RVB et convertissent automatiquement, mais vous ne maîtrisez alors pas le résultat. Le plus sûr est de travailler ou d’exporter en CMJN pour voir dès l’écran des couleurs proches du rendu final, surtout si une teinte est importante.
Combien de fond perdu faut-il prévoir ?
En général 3 mm, parfois 5 mm : c’est indiqué sur le gabarit de l’imprimeur. Prolongez-y les fonds et les images qui touchent le bord, et gardez la même distance en marge intérieure pour le texte.
Puis-je imprimer moi-même sur mon imprimante de bureau ?
Pour quelques exemplaires de dépannage, oui. Mais une imprimante de bureau ne gère ni les fonds perdus (elle laisse une marge blanche), ni un CMJN fidèle, ni les grands grammages. Pour un rendu professionnel et un vrai tirage, passez par un imprimeur.
Quel grammage de papier choisir ?
Pour un flyer souple, 135 à 170 g. Pour un flyer plus tenu, 250 g. Pour une carte de visite ou un carton d’invitation, 300 à 350 g. Plus le grammage est élevé, plus le support paraît qualitatif — et plus il coûte.
Combien d’exemplaires commander ?
Le prix unitaire chute avec la quantité, mais un stock qui périme (offre datée, coordonnées qui changent) est de l’argent perdu. Commandez selon votre plan de distribution réel : mieux vaut 500 flyers utilisés que 2000 oubliés dans un carton.
Comment vérifier mon PDF avant de l’envoyer ?
Ouvrez-le et zoomez à 300 ou 400 % sur chaque photo : si des carrés apparaissent, la résolution est insuffisante. Vérifiez aussi que les fonds débordent bien, que les couleurs semblent conformes et relisez tous les textes, en particulier le téléphone et les dates. Ce contrôle de deux minutes évite un tirage à refaire.
Le verso transparaît à travers le papier, que faire ?
C’est un signe de grammage trop faible : sur un papier fin, le recto se devine au verso. Montez en grammage (au moins 135 à 170 g pour un flyer recto-verso) : plus le papier est épais, moins l’impression transparaît.
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