Illustration : ordinateur portable avec bouclier de sécurité et calendrier 2027, aux couleurs Num Compagny

Windows 10 prolongé jusqu’en 2027 : ce qu’il faut faire maintenant

La réponse courte

Microsoft a prolongé les mises à jour de sécurité gratuites de Windows 10 jusqu’au 12 octobre 2027. Vous n’avez donc pas à changer d’ordinateur maintenant — mais ce sursis s’active, il n’est pas automatique. Le bon réflexe : l’activer aujourd’hui, et préparer la suite pendant les deux ans gagnés plutôt que de l’oublier.

EN BREF

Public visé : particuliers dont l’ordinateur tourne encore sous Windows 10, aidants familiaux, médiateurs numériques — et dirigeants de TPE qui ont encore des postes Windows 10 au bureau.
Enjeu : continuer à recevoir les correctifs de sécurité sans jeter un ordinateur qui fonctionne, et activer correctement le sursis gratuit accordé par Microsoft.
Chiffre clé : environ 3 ordinateurs sur 10 dans le monde fonctionnent toujours sous Windows 10 (HP, juillet 2026).
Temps de lecture : 8 minutes.

Le 13 octobre 2026, les ordinateurs sous Windows 10 devaient cesser de recevoir leurs mises à jour de sécurité, un an après la fin officielle du support. Puis, le 25 juin 2026, Microsoft a changé la date — sans conférence de presse ni communiqué, par une simple note ajoutée en haut d’un billet de blog existant. Les mises à jour de sécurité de Windows 10 pour les particuliers sont finalement assurées jusqu’au 12 octobre 2027. Un répit dont beaucoup n’ont jamais entendu parler : le courriel de confirmation envoyé mi-juillet s’est souvent perdu dans les dossiers secondaires des boîtes mail. Voici ce que cette prolongation change, comment en profiter, et comment utiliser ces quatorze mois intelligemment.


1. Une prolongation annoncée du bout des lèvres

Petit rappel du feuilleton. Windows 10, sorti en 2015, a atteint sa fin de support le 14 octobre 2025 : depuis cette date, Microsoft ne corrige plus ses failles… sauf pour les inscrits au programme ESU (Extended Security Updates, mises à jour de sécurité étendues), ouvert aux particuliers pour la première fois moyennant 30 dollars par an dans la plupart des pays.

En Europe, la situation est différente. Après deux ans de campagne de l’organisation de consommateurs Euroconsumers contre cette « obsolescence programmée par le logiciel », Microsoft a accordé aux particuliers de l’Espace économique européen (dont la France) une année d’ESU gratuite et sans contrepartie commerciale : pas d’abonnement OneDrive, pas de points Rewards. Seule exigence, un compte Microsoft. Cette gratuité devait s’arrêter le 12 octobre 2026.

C’est cette échéance que Microsoft vient de repousser d’un an, sans nouvelle condition. La méthode a surpris : pas d’annonce officielle, mais une « note de l’éditeur » datée du 25 juin 2026 glissée dans un billet du blog Windows, puis un courriel envoyé le 13 juillet aux inscrits, intitulé « Stay secure for another year » (« restez en sécurité un an de plus »). La presse spécialisée a remarqué que ce message atterrissait souvent dans l’onglet « Autres » d’Outlook — autant dire que beaucoup ne l’ont jamais lu.

ℹ️ Pourquoi ce revirement ? Parce que le parc ne suit pas. Fin juillet 2026, la directrice financière de HP, Karen Parkhill, a indiqué aux investisseurs qu’environ 30 % des ordinateurs en circulation tournent toujours sous Windows 10 — un chiffre rare venant d’un constructeur, cohérent avec les mesures de Statcounter (autour de 28 % des PC Windows en juin 2026). Couper les correctifs à une telle masse d’utilisateurs aurait créé un risque collectif considérable.


2. Êtes-vous concerné ? Le test des trente secondes

Première étape : savoir ce qui tourne sur votre machine. Appuyez simultanément sur les touches Windows + R, tapez winver puis validez : une petite fenêtre affiche la version exacte de votre système. Vous pouvez aussi passer par Paramètres > Système > Informations système. Trois cas de figure :

Vous êtes sous Windows 11 : vos mises à jour continuent normalement, cet article ne vous concerne pas directement. Vous êtes sous Windows 10 : vérifiez que la version affichée est bien 22H2, la seule qui reçoive les correctifs ESU (sinon, lancez Windows Update pour la récupérer). Vous êtes encore sous Windows 7 ou 8 : il n’y a plus aucun filet depuis des années ; l’ordinateur ne doit plus servir aux opérations sensibles (banque, impôts, achats) et son remplacement est urgent.

Seconde vérification, tout aussi importante : êtes-vous inscrit au programme ESU ? Ouvrez Paramètres > Windows Update. Si un bandeau vous propose de « vous inscrire aux mises à jour de sécurité étendues », c’est que vous ne l’êtes pas — et donc que votre machine n’a plus reçu de correctif depuis octobre 2025, sans que rien ne vous ait alerté.

⚠️ Le contresens à éviter. « Fin du support » ne signifie pas que l’ordinateur s’arrête. Il démarre, il imprime, il navigue. Ce qui disparaît est invisible : les rustines qui bouchent les failles découvertes chaque mois. C’est ce qui rend la situation piégeuse, surtout pour les personnes qui utilisent leur ordinateur pour la banque ou les démarches administratives sans personne autour d’elles pour vérifier.

Un ordinateur qui fonctionne n’a pas de date de péremption. Ce qui en a une, ce sont ses mises à jour de sécurité.


3. Activer le sursis gratuit : le mode d’emploi

Déjà inscrit ? Il n’y a rien à faire : la couverture se prolonge automatiquement jusqu’au 12 octobre 2027, sans démarche ni frais. Pour les autres, l’inscription reste ouverte et se fait en trois temps :

1. Créez ou retrouvez votre compte Microsoft. C’est le point de passage obligé — et, sur le terrain, le principal obstacle : beaucoup d’utilisateurs ouvrent leur session avec un simple « compte local » et n’ont jamais eu de compte Microsoft, ou en ont créé un il y a des années sans garder le mot de passe. Prévoyez ce préalable au calme, et notez les identifiants en lieu sûr.

2. Inscrivez-vous depuis Windows Update. Paramètres > Windows Update > « S’inscrire aux mises à jour de sécurité étendues ». En Europe, aucune contrepartie n’est exigée. L’association belge Test-Achats, qui a obtenu cette gratuité avec Euroconsumers, regrette toutefois une procédure « inutilement compliquée », dans des écrans qui incitent surtout à acheter un PC Windows 11. Ne vous laissez pas détourner : le bouton d’inscription existe bel et bien.

3. Restez connecté à votre compte. Subtilité peu connue : il faut se connecter avec son compte Microsoft au moins une fois tous les 60 jours, faute de quoi l’inscription est suspendue. Anodin pour un ordinateur du quotidien ; vrai point de vigilance pour le portable qui ne sort du placard qu’aux vacances.

✅ D’une pierre deux coups. La création du compte Microsoft est le bon moment pour poser les bases d’une hygiène numérique durable : adresse e-mail maîtrisée, mot de passe solide noté en lieu sûr, double vérification activée. Pour une personne âgée accompagnée d’un proche, ces quinze minutes évitent des heures de dépannage plus tard.


4. Ce que l’ESU couvre — et ce qu’il ne couvre pas

Le programme ESU n’est pas une seconde jeunesse pour Windows 10 : c’est une perfusion de sécurité, rien de plus.

Inclus dans l’ESU particuliersNon inclus
Correctifs de sécurité classés « critiques » et « importants », livrés via Windows UpdateNouvelles fonctionnalités et évolutions du système
Couverture jusqu’au 12 octobre 2027 (particuliers, EEE : gratuit)Corrections de bugs sans lien avec la sécurité
Aucune contrepartie commerciale dans l’EEE (pas d’OneDrive ni de Rewards imposés)Assistance technique de Microsoft
Applications Microsoft 365 (Word, Excel, Outlook…) et navigateur Edge : correctifs maintenus sur Windows 10 jusqu’en octobre 2028Nouveaux pilotes et mises à jour de micrologiciels des fabricants

🚨 Dirigeants de TPE : la gratuité ne vous concerne pas. L’extension gratuite vise les appareils à usage personnel. Pour les machines professionnelles, l’ESU reste payant : 61 dollars par poste la première année, un tarif qui double chaque année jusqu’à l’extinction d’octobre 2028. Faire tourner un poste de travail sous Windows 10 sans ESU, c’est exposer les données clients à des failles connues et documentées — ce que les assureurs cyber et les donneurs d’ordre regardent de plus en plus près. Pour un parc vieillissant, le calcul penche presque toujours vers la migration.


5. Votre PC refuse Windows 11 ? Les quatre chemins possibles

Si Microsoft prolonge Windows 10, c’est aussi parce que Windows 11 impose des exigences matérielles inédites : puce de sécurité TPM 2.0 et processeur récent — en gros, les machines conçues à partir de 2018. Le cabinet Canalys estime qu’environ 240 millions d’ordinateurs ne pourront jamais faire la mise à niveau. L’application gratuite « Contrôle d’intégrité du PC » (PC Health Check) de Microsoft rend son verdict en une minute. Ensuite, quatre chemins :

OptionPour qui ?Coût
Passer à Windows 11 (mise à niveau gratuite)PC compatible — l’environnement reste familier, les fichiers sont conservés0 €
Rester sous Windows 10 + ESU jusqu’en octobre 2027PC incompatible encore en bon état ; le temps de préparer la suite sereinement0 € (particuliers, EEE)
Acheter un reconditionné compatible Windows 11Remplacement à petit budget ; vérifier la compatibilité Windows 11 et la garantie (12 mois minimum)200 à 450 € environ
Installer Linux (par exemple Linux Mint)Usages bureautique et internet ; prolonge de plusieurs années un matériel condamné par Windows 11 — accompagnement recommandé au démarrage0 €

🌱 L’enjeu est aussi environnemental. Jeter 240 millions de machines fonctionnelles serait un gâchis considérable ; des initiatives comme le projet « End of 10 », porté par la communauté du logiciel libre, aident à offrir une seconde vie sous Linux aux PC exclus de Windows 11. Comme le résume Julie Frère, porte-parole de Test-Achats, il faut « des produits qui durent plus longtemps et qui puissent vivre une seconde vie ».


6. Arnaques et faux raccourcis : les pièges de la période

Chaque échéance technique de masse crée son écosystème d’escrocs — et la confusion autour des dates successives leur facilite le travail. Trois règles protègent de l’essentiel.

L’inscription ESU est gratuite et se fait uniquement dans Windows Update. Microsoft ne démarche jamais par téléphone. Tout appel, courriel ou fenêtre surgissante qui réclame un paiement, un code bancaire ou une prise en main à distance pour « éviter l’expiration de votre ordinateur » est une escroquerie : raccrochez, fermez, ne rappelez jamais le numéro affiché.

Méfiez-vous des Windows 11 « bricolés ». Des officines proposent d’installer Windows 11 sur des machines non compatibles en contournant les vérifications. Le résultat n’est pas supporté par Microsoft et peut cesser de recevoir ses mises à jour à tout moment : mieux vaut un Windows 10 correctement inscrit à l’ESU qu’un Windows 11 hors des clous.

Ne payez pas ce qui est gratuit. La mise à niveau vers Windows 11 sur un PC compatible, l’ESU particulier en Europe et le passage à Linux sont gratuits. Avant de sortir la carte bancaire, faites vérifier le diagnostic par une personne de confiance ou un professionnel identifié.

ℹ️ Et après le 12 octobre 2027 ? Rien n’est annoncé au-delà pour les particuliers. Le calendrier a déjà bougé deux fois, mais bâtir sa stratégie sur l’espoir d’une troisième prolongation serait imprudent. Le bon réflexe : considérer octobre 2027 comme la vraie ligne d’arrivée, et utiliser ces quatorze mois pour choisir sa solution sans précipitation.


Conclusion : quatorze mois pour bien faire les choses

La prolongation discrète du 25 juin 2026 transforme une échéance couperet en transition gérable. Mais elle ne profite qu’à ceux qui font la démarche : vérifier sa version, créer son compte Microsoft, s’inscrire à l’ESU, puis choisir posément entre mise à niveau, reconditionné et logiciel libre. C’est un travail d’accompagnement autant que de technique — pour les médiateurs numériques, les CCAS et les aidants, la rentrée est le moment idéal pour organiser des ateliers « mon ordinateur après Windows 10 » ; pour les TPE, celui de faire l’inventaire de leur parc.

📌 À retenir

  • Microsoft a prolongé les mises à jour de sécurité de Windows 10 pour les particuliers jusqu’au 12 octobre 2027 — gratuitement dans l’Espace économique européen.
  • Déjà inscrit à l’ESU ? Rien à faire. Pas encore inscrit ? Votre PC n’est plus protégé depuis octobre 2025 : inscrivez-vous sans attendre via Windows Update.
  • Il faut un compte Microsoft, la version 22H2, et une connexion au compte au moins tous les 60 jours.
  • La gratuité ne couvre que les appareils personnels : pour les postes professionnels, l’ESU est payant et double chaque année.
  • PC incompatible ? Quatre options : ESU en attendant, mise à niveau si compatible, reconditionné, ou Linux. Et jamais de paiement par téléphone : personne ne démarche pour Microsoft.

Num Compagny accompagne les particuliers, les collectivités et les TPE dans cette transition : diagnostic de compatibilité, activation des mises à jour étendues, migration de parc et ateliers collectifs de médiation numérique. Découvrez nos formations et accompagnements professionnels.

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