17. Arrière-plans, bordures, ombres et effets
Vos pages sont construites, vos textes et vos images sont en place. Il reste à leur donner du relief : un fond, une bordure, une ombre, parfois un mouvement. Ce chapitre passe en revue les trois dernières sections de l’onglet Style des éléments atomiques, puis propose cinq recettes réutilisables. Il prépare le chapitre 18, où ces réglages deviendront des classes partagées.
Vos pages sont construites, vos textes et vos images sont en place. Il reste à leur donner du relief : un fond, une bordure, une ombre, parfois un mouvement. Ce chapitre passe en revue les trois dernières sections de l’onglet Style des éléments atomiques, puis propose cinq recettes réutilisables. Il prépare le chapitre 18, où ces réglages deviendront des classes partagées.
En bref
- Public
- Toute personne qui a construit sa première page et la trouve « plate ».
- Enjeu
- Donner du relief à une page sans la surcharger ni la ralentir.
- Idée clé
- Un effet se justifie par la lisibilité, jamais par la décoration.
- Prérequis
- Chapitres 09 (conteneurs), 10 (modèle de boîte) et 14 (images).
- Lecture
- Environ 14 minutes (+ 25 minutes d’exercice).
17.1 — Où se règle l’habillage
Pour un élément atomique, tout se passe dans l’onglet Style, dont vous connaissez déjà les premières sections : Mise en page, Espacement, Taille, Position et Typographie. Ce chapitre s’intéresse aux trois dernières, Arrière-plan (Background), Bordure (Border) et Effets (Effects). Elles sont identiques pour un Bloc Div, un Flexbox, un Titre, un Bouton ou une Image : ce que vous apprenez sur l’un vaut pour tous les autres.
Pour un widget classique, l’habillage se partage entre l’onglet Style du widget (ses réglages propres, comme la couleur de l’icône d’une Boîte d’icône) et l’onglet Avancé, commun à tous les widgets : Arrière-plan (parfois traduit « Fond » selon la version de la traduction), Bordure, Masque (Mask) et Effets de mouvement (chapitre 20). Beaucoup de widgets classiques proposent aussi deux sous-onglets Normal et Au survol.
À savoir
Tout ce que vous réglez dans l’onglet Style d’un élément atomique s’applique à sa classe locale, donc à cet élément seulement. Pour la même ombre sur vingt cartes, vous pouvez la copier avec Coller le style (Ctrl+Shift+V, Cmd sur Mac), mais vous la recopierez à chaque changement d’avis. Faites vos essais ici en gardant en tête que ces réglages sont destinés à devenir des classes globales (chapitre 18).
17.2 — Arrière-plans : couleur, image, dégradé, couches
La section Arrière-plan rythme la page : une page vitrine se lit mieux quand ses sections alternent des fonds légèrement différents, blanc, blanc cassé, blanc, puis une section sombre pour l’appel à l’action. Trois types de fond existent, et l’Éditeur atomique permet de les empiler.
La couleur
C’est le fond le plus simple et le plus sain. On choisit une couleur dans le sélecteur, ou mieux une variable de couleur (chapitre 18). Pour la Menuiserie Roche, les sections alternent le blanc et le blanc cassé #FAF7F2, et la section d’appel à devis passe sur l’anthracite #2B2B2B avec un texte clair. Le sélecteur propose un curseur d’opacité : une couleur semi-transparente sert de voile sur une photo.
L’image
Le chapitre 14 a présenté l’image d’arrière-plan. Les réglages qui comptent : la position (où se cale l’image quand elle est recadrée), la taille (couvrir, pour remplir toute la boîte quitte à rogner ; contenir, pour la montrer entière), la répétition (à désactiver pour une photo) et l’attachement (fixe donne un effet de profondeur au défilement, mais se comporte mal sur beaucoup de téléphones).
Le dégradé
Un dégradé (gradient) est un passage progressif d’une couleur à une autre, linéaire (le long d’un angle) ou radial (depuis un centre), sans limite de nombre de couleurs en atomique. Un dégradé réussi est presque invisible : deux tons proches d’une même teinte, du bois #A8663C vers un bois plus sombre, donnent de la matière sans attirer l’œil. Un dégradé bleu-rose-jaune signe un site amateur.
Les couches
Le vrai apport de l’Éditeur atomique est que ces fonds s’empilent : une couleur, une image par-dessus, puis un voile coloré semi-transparent par-dessus l’image. L’ordre des couches dans le panneau est leur ordre d’affichage, la couche du haut de la liste étant dessinée au-dessus des autres ; on réordonne par glisser-déposer. C’est cette superposition qui rend un texte lisible sur une photo.
- Sélectionnez le Flexbox du bandeau et ouvrez Style › Arrière-plan. Vérifiez que la photo est en taille « couvrir », position centre, sans répétition.
- Ajoutez une couche de couleur au-dessus de l’image : anthracite
#2B2B2B, opacité 45 %. Si elle apparaît sous l’image, remontez-la par glisser-déposer. - Passez le texte en clair : titre et paragraphe en blanc cassé
#FAF7F2. - Testez en vue mobile (Ctrl+Shift+M) : le texte doit rester lisible là où la photo est la plus claire, car le recadrage n’est pas le même que sur ordinateur.
Piège classique
Poser un titre blanc directement sur une photo claire. Sur l’écran du créateur, le résultat semble correct ; sur le téléphone d’un visiteur, l’image est recadrée autrement et le titre tombe sur un ciel blanc. Le voile n’est pas une option esthétique, c’est une assurance de lisibilité : 35 à 55 % d’opacité pour un voile sombre est un bon point de départ, à vérifier ensuite au contraste (chapitre 34).
17.3 — Bordures et coins arrondis
La section Bordure règle deux choses distinctes : le trait qui entoure la boîte et l’arrondi de ses coins. Le trait a une largeur, réglable côté par côté grâce à l’icône qui lie ou délie les quatre valeurs (comme pour les marges au chapitre 10), un style (plein, tirets, pointillés, double) et une couleur. Une bordure de 1 pixel dans un ton très clair détache souvent mieux une carte du fond qu’une ombre : elle ne pèse rien et reste nette sur tous les écrans.
Le rayon (border radius) se règle coin par coin. Trois valeurs couvrent la quasi-totalité des besoins d’un site vitrine : 0 pour un style strict, 8 à 16 pixels pour les cartes et les images, et une valeur très grande (999 pixels) pour un bouton en pilule quelle que soit sa taille. Pour une image parfaitement ronde, il faut qu’elle soit carrée et lui donner un rayon de 50 %.
Bonne pratique
Choisissez un rayon pour tout le site : le même sur les cartes, les images et les champs de formulaire, et la pilule pour les boutons. Rien ne trahit plus vite un site bricolé qu’un mélange de coins carrés, de coins à 4 pixels et de coins à 30 pixels. Au chapitre 18, ce rayon deviendra une variable.
17.4 — Effets : opacité, ombres, filtres, transformations, transitions
La section Effets regroupe tout ce qui modifie l’apparence d’un élément sans toucher à sa structure. Elle est puissante ; c’est précisément pour cela qu’il faut l’utiliser avec parcimonie.
Opacité
L’opacité (opacity) rend l’élément entier plus ou moins transparent, texte compris ; c’est la différence avec une couleur de fond semi-transparente. On l’utilise pour atténuer un élément secondaire ou comme point de départ d’une animation d’apparition (chapitre 20). Ne « grisez » jamais ainsi un texte que le visiteur doit lire.
Ombre portée
L’ombre portée (box shadow) se définit par un décalage horizontal, un décalage vertical, un flou, un étalement et une couleur ; l’Éditeur atomique accepte plusieurs ombres empilées. Une ombre réussie ne se voit pas, elle se devine : décalage horizontal 0, vertical 8, flou 24, étalement 0, couleur anthracite à 8 ou 10 % d’opacité. Une ombre noire opaque de 10 pixels est le second signe du site amateur, juste après le dégradé arc-en-ciel.
Filtres et modes de fusion
Les filtres (filters) transforment le rendu comme une retouche photo : flou, luminosité, contraste, saturation, niveaux de gris. Ils servent surtout aux images : une photo de réalisation légèrement désaturée au repos, qui retrouve ses couleurs au survol, est un classique discret. Les modes de fusion (blend modes) décident comment un élément se mélange avec ce qui se trouve derrière lui ; c’est un outil de graphiste, rarement utile sur un site vitrine.
Transformations
Les transformations (transform) déplacent, tournent ou agrandissent un élément sans modifier la place qu’il occupe : les voisins ne bougent pas. Trois usages raisonnables : un léger agrandissement au survol (échelle 1.03), une remontée de quelques pixels d’une carte survolée, la rotation d’un élément purement décoratif. Faire pivoter un titre ou un paragraphe nuit à la lecture.
Transitions
Une transition (transition) est le temps que met un élément pour passer d’un état à un autre. Sans transition, un bouton change de couleur instantanément au survol ; avec 250 millisecondes, le passage est fluide. La transition se règle sur l’état normal, pas sur l’état de survol : elle décrit le voyage, pas la destination. Le chapitre 18 explique comment définir l’état de survol lui-même.
Définition
Masque (mask) — découpe d’un élément selon une forme (cercle, goutte, hexagone ou forme personnalisée), disponible dans l’onglet Avancé des widgets classiques. Pour une image arrondie ou ronde, le rayon de bordure suffit en atomique ; pour une forme libre, passez par le widget Image classique et sa section Masque.
17.5 — Cinq recettes à garder sous la main
Les réglages qui suivent servent de point de départ pour le site de la Menuiserie Roche ; ajustez-les, mais ne les multipliez pas. Chaque recette s’applique à un élément atomique depuis l’onglet Style.
| Recette | Réglages |
|---|---|
| Carte avec ombre douce | Bloc Div, fond blanc, rayon 12 px, marge interne 32 px, ombre 0 / 8 / 24 / 0 anthracite à 8 %, transition 250 ms. Au survol : ombre 0 / 12 / 32 à 14 %, déplacement vertical -4 px. |
| Bandeau dégradé + image | Flexbox, couche 1 : photo de l’atelier, taille couvrir, position centre ; couche 2 au-dessus : dégradé linéaire de l’anthracite à 70 % vers l’anthracite à 20 %, angle 90°. Texte en blanc cassé. |
| Image ronde | Image carrée (160 px de côté), objet ajusté en couvrir, rayon 50 %, bordure 4 px blanc cassé pour la détacher du fond. |
| Bouton avec transition | Bouton, fond bois, texte blanc cassé, marge interne 14 / 28 px, rayon 999 px, transition 250 ms. Au survol : fond bois sombre, échelle 1.03. |
| Section inclinée simple | Flexbox en position relative avec débordement masqué (section Taille) ; à l’intérieur, un Bloc Div décoratif en position absolue, plus large que la section, fond blanc cassé, rotation de -3°. Le contenu, placé après, garde une position normale. |
Les valeurs exactes de couleur (bois sombre, voile) sont fixées au chapitre 18 dans le tableau du système de design ; ici, l’important est la structure de chaque recette.
17.6 — Trois règles avant d’aller plus loin
À éviter
Une ombre différente sur chaque carte, un dégradé à trois couleurs sur le bandeau, une bordure pointillée sur les images, un titre en rotation et un flou d’arrière-plan sur la section contact. Chaque effet est possible ; ensemble, ils fatiguent le visiteur et masquent le message.
À faire
Un rayon, une ombre, deux fonds qui alternent, une transition de 250 ms partout. Les effets sont définis une fois, dans des classes, et le site en tire une unité que le visiteur ne remarque pas mais qu’il ressent.
Première règle, la cohérence : un site vitrine n’a besoin que d’un rayon, d’une ombre et d’une durée de transition, qui deviendront des variables ou des classes. Deuxième règle, le contraste : tout texte posé sur une image ou un dégradé doit rester lisible dans le pire cas, sur mobile, avec l’image recadrée. Troisième règle, ne pas empiler : un flou sur une grande zone, plusieurs ombres multicouches et des filtres animés demandent du travail au navigateur, sensiblement plus sur un téléphone d’entrée de gamme ; les couleurs, bordures et ombres simples ne coûtent rien.
Le visiteur ne doit jamais remarquer un effet ; il doit seulement trouver la page agréable et claire.
Exercice 17.1 — Cartes « prestations » avec ombre et survol 25 min
Objectif : habiller les trois Blocs Div « Escaliers », « Cuisines » et « Agencements » de la page d’accueil (chapitre 9) et découvrir l’état de survol avant de le rendre réutilisable au chapitre 18.
- Sélectionnez le premier Bloc Div de la ligne des prestations. Dans Style › Arrière-plan, posez un fond blanc ; dans Bordure, un rayon de
12px sur les quatre coins liés. - Dans Effets, ajoutez une ombre portée
0/8/24/0, anthracite à 8 % d’opacité, puis une transition de250ms. - En haut de l’onglet Style, repérez la classe locale de l’élément (en rose). Ouvrez son menu (trois points) et ajoutez l’état Au survol. Dans cet état, passez l’ombre à
0/12/32à 14 % et ajoutez un déplacement vertical de-4px. - Revenez à l’état normal, enregistrez avec Ctrl+S et ouvrez l’Aperçu : au survol, la carte doit se soulever doucement.
- Copiez la carte (clic droit › Copier) et collez son style sur les deux autres avec Ctrl+Shift+V. Vérifiez en vue mobile que les cartes empilées gardent ombre et rayon sans déborder.
Résultat attendu : trois cartes blanches, arrondies, portant une ombre à peine visible qui s’accentue au survol. Vous avez dû recopier le style deux fois : c’est exactement le problème que le chapitre 18 va résoudre.
À retenir
- L’habillage d’un élément atomique se règle dans trois sections de l’onglet Style, Arrière-plan, Bordure et Effets, identiques pour tous les éléments.
- Les fonds s’empilent : une image, puis un voile coloré semi-transparent par-dessus, sont la condition d’un texte lisible sur une photo.
- Un seul rayon, une seule ombre discrète (décalage vertical, flou large, couleur à 8-10 %) et une transition de 250 ms suffisent à tout un site.
- La transition se règle sur l’état normal ; l’état Au survol s’ajoute depuis le menu de la classe et ne décrit que la destination.
- Filtres, transformations et modes de fusion sont des outils d’exception : cohérence, contraste et sobriété d’abord ; tout ceci a vocation à devenir une classe (chapitre 18).

