37. Méthode : du brief à la mise en ligne
Les chapitres précédents ont donné les outils ; celui-ci donne l’ordre dans lequel s’en servir. Un site vitrine est un projet de quelques semaines, avec des étapes, des livrables et des rôles. Ce chapitre les fixe, propose une checklist de mise en ligne et dit ce qui se passe après, quand le site vit. Il prépare directement le projet complet du chapitre 38.
Les chapitres précédents ont donné les outils ; celui-ci donne l’ordre dans lequel s’en servir. Un site vitrine est un projet de quelques semaines, avec des étapes, des livrables et des rôles. Ce chapitre les fixe, propose une checklist de mise en ligne et dit ce qui se passe après, quand le site vit. Il prépare directement le projet complet du chapitre 38.
En bref
- Public
- Toute personne qui va conduire un projet de site vitrine, pour elle-même ou pour un client, et veut le terminer.
- Enjeu
- Passer d’une idée à un site en ligne en quatre semaines, sans reprendre trois fois la page d’accueil ni attendre six mois les photos.
- Idée clé
- Les projets qui n’aboutissent pas ont presque tous commencé par le design ; les projets qui aboutissent commencent par les contenus.
- Prérequis
- L’ensemble du support ; en particulier les chapitres 18 (système de design), 24 (en-tête et pied de page), 28 (formulaires) et 33 à 36.
- Lecture
- Environ 15 minutes (+ 30 minutes d’exercice).
37.1 — Pourquoi une méthode
Un site vitrine se construit techniquement en une vingtaine d’heures. Pourtant, beaucoup de projets traînent des mois, et certains ne sont jamais mis en ligne. La cause est rarement Elementor : c’est presque toujours l’ordre des opérations. On ouvre l’éditeur le premier jour, on dessine une page d’accueil avec des textes provisoires et des photos empruntées, on la refait trois fois parce qu’elle « ne rend pas », puis on attend les vrais textes, qui n’arrivent pas parce que personne ne sait exactement quoi écrire. Pendant ce temps, aucune page intérieure n’existe et le formulaire n’a jamais été testé.
La méthode proposée renverse cet ordre. On décide d’abord à quoi sert le site et ce qu’il contient ; on rassemble les contenus ; on fixe le système de design ; et seulement alors on construit, du plus général (en-tête et pied de page) au plus particulier (chaque page), avant de contrôler et de mettre en ligne. Chaque étape produit un livrable précis, ce qui permet de savoir où l’on en est et de partager le travail entre l’entreprise et la personne qui construit — prestataire, formateur ou vous-même.
Un site ne se dessine pas autour de textes provisoires : on écrit d’abord ce que l’on veut dire, et l’on construit ensuite la page qui le dit.
37.2 — Les dix étapes d’un site vitrine
Les durées ci-dessous sont indicatives, pour un site de cinq à huit pages construit par une personne qui a suivi ce support, avec Elementor Pro et le thème Hello. Elles distinguent le temps de travail devant l’écran et le délai calendaire, souvent plus long parce qu’il dépend de l’entreprise.
| N° | Étape | Ce qu’elle produit | Durée indicative | Chapitres |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Brief et objectifs | Une fiche d’une page : qui est l’entreprise, à qui s’adresse le site, quelle action attend-on du visiteur (appel, demande de devis, visite), quels concurrents, quelle tonalité. | 2 h | 01, 38 |
| 2 | Arborescence | La liste des pages (5 à 8), leur nom dans le menu, ce que contient chacune en trois lignes, et la page sur laquelle chaque page renvoie. | 1 h | 03 |
| 3 | Contenus avant design | Textes définitifs de chaque page, photos réelles triées et préparées, coordonnées, horaires, avis clients, informations des mentions légales. | 5 à 10 h de travail, 1 à 2 semaines de délai | 13, 14, 35 |
| 4 | Système de design | Variables (couleurs, polices), classes (boutons, cartes, sections), Réglages du site, échelle typographique. | 2 h | 18, 19 |
| 5 | En-tête et pied de page | Les deux modèles du Constructeur de thème, avec menu, logo, bouton de contact, coordonnées et liens légaux, appliqués à tout le site. | 2 à 3 h | 24 |
| 6 | Page d’accueil | Bandeau, prestations, preuve (réalisations, avis), appel à l’action, responsive vérifié. | 3 à 4 h | 07, 09, 10, 12 |
| 7 | Pages intérieures | Prestations, Réalisations, À propos, Contact, pages légales ; modèles enregistrés ou composants pour les blocs répétés. | 1 à 2 h par page | 16, 21, 22, 27 |
| 8 | Formulaires et conversions | Formulaire de devis testé de bout en bout, boutons d’appel, éventuelle popup, e-mails qui arrivent. | 2 à 3 h | 15, 28, 29 |
| 9 | Contrôle qualité | Passage de chaque page aux grilles responsive, performance, accessibilité et référencement, conformité ; corrections. | 3 à 4 h | 12, 33, 34, 35 |
| 10 | Mise en ligne et suivi | Checklist de mise en ligne, indexation, fiche Google reliée, sauvegarde, puis routine mensuelle. | 2 h, puis 1 h par mois | 36, 37 |
Au total, entre vingt-cinq et trente-cinq heures de construction, réparties sur quatre semaines quand les contenus arrivent à temps. L’étape 3 est celle qui décide de tout : tant que les textes et les photos ne sont pas là, on avance sur les étapes 4 et 5, qui n’en dépendent pas, mais on ne touche pas aux pages.
37.3 — Qui fait quoi
Un site vitrine se fait à deux : l’entreprise, qui sait ce qu’elle vend et à qui, et la personne qui construit — prestataire, formateur, ou l’entreprise elle-même après une formation. Le tableau répartit les responsabilités ; la colonne « ensemble » désigne les moments où les deux doivent être présents.
| Tâche | Entreprise | Prestataire ou formateur | Ensemble |
|---|---|---|---|
| Définir les objectifs, la cible, le ton | ✓ | — | ✓ |
| Nom de domaine et hébergement (au nom de l’entreprise) | ✓ | configure | — |
| Arborescence | — | propose | ✓ |
| Textes de chaque page | ✓ | relit, structure | — |
| Photos réelles (atelier, chantiers, équipe) | ✓ | prépare, compresse | — |
| Coordonnées, horaires, assurance, médiateur, avis clients | ✓ | — | — |
| Système de design (variables, classes) | valide | ✓ | — |
| En-tête, pied de page, pages | — | ✓ | — |
| Formulaire : champs, destinataire, test réel | reçoit le test | ✓ | ✓ |
| Contrôle qualité et corrections | relit | ✓ | — |
| Pages légales | fournit les informations | met en page | ✓ |
| Mise en ligne | donne le feu vert | ✓ | — |
| Fiche Google, avis, actualités | ✓ | forme, accompagne | — |
| Maintenance mensuelle | ou | ou | à décider par écrit |
Piège classique
Laisser le nom de domaine, l’hébergement ou la licence Elementor Pro au nom du prestataire. Le jour où la relation s’arrête, l’entreprise ne possède plus son site. Le nom de domaine et le compte d’hébergement sont toujours souscrits au nom de l’entreprise, avec son adresse e-mail et son moyen de paiement ; le prestataire reçoit un accès, qu’on peut retirer. Notez dès le premier jour où sont ces trois comptes et qui en détient les identifiants.
37.4 — La mise en ligne
La mise en ligne est un moment court, mais qui se prépare. Le site a été construit derrière un mode maintenance (chapitre 04) ; il s’agit de le rendre visible, de le faire connaître des moteurs et de vérifier, une dernière fois, que tout ce qui compte fonctionne en conditions réelles.
- Sauvegardez. Une sauvegarde complète juste avant, étiquetée « avant mise en ligne » (chapitre 36).
- Vérifiez le https. Le certificat est actif chez l’hébergeur, toutes les pages s’ouvrent avec le cadenas, et Réglages › Général de WordPress indique bien une adresse en
https://. Si le site a été construit enhttp, passez l’outil Remplacer l’URL. - Retirez le mode maintenance. Elementor › Éditeur › Outils › Mode maintenance › Désactivé.
- Autorisez l’indexation. Réglages › Lecture : la case Demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site est décochée (chapitre 34).
- Déclarez le site à Google. Dans Google Search Console (service gratuit), ajoutez le site, prouvez que vous en êtes propriétaire et soumettez le plan du site fourni par votre extension de référencement. Vous y suivrez ensuite les pages indexées et les erreurs.
- Reliez la fiche d’établissement Google. Ajoutez l’adresse du site dans la fiche, et vérifiez que nom, adresse et téléphone sont identiques des deux côtés.
- Testez en réel. Depuis un téléphone, hors du réseau wifi de l’entreprise : envoyez une vraie demande par le formulaire, appuyez sur le bouton d’appel, ouvrez chaque page du menu.
- Gérez l’ancien site, s’il existe. Chaque ancienne adresse encore présente dans Google doit rediriger vers la nouvelle page correspondante (redirections dans l’extension de référencement ou chez l’hébergeur), sinon les visiteurs tombent sur des erreurs 404.
- Annoncez. Signature d’e-mail, fiche Google, réseaux sociaux, devis et factures : l’adresse du site partout.
Checklist de mise en ligne
- Sauvegarde complète faite et vérifiée.
- https actif sur toutes les pages, adresse du site en https dans WordPress.
- Favicon et nom du site renseignés dans l’Identité du site (chapitre 19).
- Chaque page a un H1, un titre et une description de référencement.
- Chaque image utile a un texte alternatif ; les images pèsent moins de 300 Ko.
- Formulaire testé depuis un téléphone, e-mail reçu, accusé de réception reçu.
- Mentions légales et politique de confidentialité publiées et reliées depuis le pied de page.
- Case « ne pas indexer ce site » décochée ; site déclaré dans Google Search Console.
- Fiche d’établissement Google reliée, coordonnées identiques.
- Mode maintenance retiré.
- Redirections de l’ancien site en place, aucune page 404 dans le menu.
- Comptes du nom de domaine, de l’hébergement et d’Elementor Pro au nom de l’entreprise, identifiants conservés.
37.5 — Après la mise en ligne
Un site mis en ligne et laissé tel quel perd lentement de sa valeur : les moteurs préfèrent les sites vivants, les clients se méfient d’une page « Actualités » dont le dernier billet date de deux ans, et la fiche Google sans avis récent descend dans la liste. Trois habitudes, modestes, suffisent à faire vivre un site vitrine.
Mesurer, d’abord, avec un outil de mesure d’audience exempté de consentement (chapitre 35) : combien de visites, quelles pages, depuis quel appareil, quelles recherches. Un relevé par mois, dix minutes, permet de voir ce qui intéresse et ce qui n’est jamais lu. Demander des avis, ensuite : à la fin de chaque chantier, un message avec le lien direct vers la fiche Google ; jamais de contrepartie, jamais d’avis rédigé à la place du client, et une réponse à chaque avis, bon ou mauvais. Publier, enfin, une actualité par mois — un chantier terminé avec trois photos, un conseil d’entretien, une période de fermeture — dans la partie blog construite au chapitre 25. Ajoutez-y la routine de maintenance du chapitre 36, et le site tiendra des années.
Quand faire appel à un professionnel
Ce support permet de construire et de maintenir soi-même un site vitrine. Certaines situations dépassent ce cadre, et le reconnaître fait gagner du temps : une boutique en ligne avec paiement, stocks et livraison ; un site en plusieurs langues ; une liaison avec un logiciel métier (devis, planning, réservation) ; la refonte d’un site existant de plusieurs dizaines de pages avec un historique de référencement à préserver ; un site piraté ; une obligation légale d’accessibilité (chapitre 34) ; ou simplement le manque de temps, quand l’atelier tourne à plein. Dans ces cas, le travail fait avec ce support n’est pas perdu : un brief clair, des contenus prêts et un système de design défini divisent par deux le devis d’un prestataire, et vous permettent de dialoguer avec lui d’égal à égal — c’est aussi ce qu’une formation Num Compagny cherche à obtenir.
Exercice 37.1 — Rétroplanning du site Menuiserie Roche sur quatre semaines 30 min
Objectif : transformer les dix étapes en un calendrier réaliste pour la Menuiserie Roche, avec des dates, des responsables et des livrables, en partant de la date de mise en ligne souhaitée.
- Fixez une date de mise en ligne : un lundi, quatre semaines après la date d’aujourd’hui. Camille Roche est à l’atelier du mardi au samedi et n’a que le lundi pour le site ; vous disposez de deux demi-journées par semaine.
- Placez les dix étapes à rebours depuis cette date, en respectant les dépendances : la mise en ligne suit le contrôle qualité, qui suit les pages, qui suivent les contenus. Utilisez le tableau 37.2 pour les durées et la figure 37.1 comme modèle.
- Pour chaque étape, indiquez le responsable (Camille, vous, ensemble) d’après le tableau 37.3, et le livrable attendu en une ligne.
- Repérez l’étape critique — celle dont le retard décale tout — et écrivez la mesure que vous prenez pour la sécuriser (par exemple : séance de rédaction des textes avec Camille dès le premier lundi, photos prises le même jour à l’atelier).
- Ajoutez, après la date de mise en ligne, les trois rendez-vous récurrents : relevé de mesure mensuel, demande d’avis à chaque fin de chantier, actualité mensuelle, et la routine de maintenance.
Résultat attendu : un tableau de quatre semaines, dix étapes datées, un responsable et un livrable par étape, l’étape des contenus identifiée comme critique et sécurisée dès la première semaine, et un site dont la mise en ligne ne dépend plus d’un « quand j’aurai le temps ».
À retenir
- Un site vitrine se conduit en dix étapes et vingt-cinq à trente-cinq heures de construction, sur quatre semaines quand les contenus arrivent à temps.
- Les contenus viennent avant le design : textes définitifs, photos réelles, coordonnées et informations légales sont rassemblés pendant que l’on prépare le système de design et l’en-tête.
- L’entreprise fournit ce qu’elle seule connaît (objectifs, textes, photos, informations légales) ; la personne qui construit apporte la structure, la mise en page et le contrôle ; les comptes de domaine, d’hébergement et de licence restent au nom de l’entreprise.
- La mise en ligne suit une checklist : sauvegarde, https, mode maintenance retiré, indexation autorisée, Search Console, fiche Google reliée, formulaire testé en réel, redirections.
- Après, trois habitudes font vivre le site : mesurer chaque mois, demander des avis à chaque chantier, publier une actualité par mois — et savoir quand passer la main à un professionnel.

