01. WordPress et Elementor : qui fait quoi
On entend souvent « mon site est fait avec Elementor », comme si Elementor était le site tout entier. Ce n’est pas le cas : un site est un empilement de couches, et Elementor n’est que l’une d’elles. Ce premier chapitre pose ce vocabulaire, indispensable pour savoir où l’on agit, ce que l’on paie et à qui l’on s’adresse quand quelque chose ne va pas.
On entend souvent « mon site est fait avec Elementor », comme si Elementor était le site tout entier. Ce n’est pas le cas : un site est un empilement de couches, et Elementor n’est que l’une d’elles. Ce premier chapitre pose ce vocabulaire, indispensable pour savoir où l’on agit, ce que l’on paie et à qui l’on s’adresse quand quelque chose ne va pas.
En bref
- Public
- Toute personne qui débute, y compris si elle possède déjà un site WordPress dont elle ne sait pas grand-chose.
- Enjeu
- Distinguer hébergement, WordPress, thème, extension et contenu pour ne plus confondre les rôles ni les interlocuteurs.
- Idée clé
- Elementor est un outil de mise en page posé sur WordPress : il dessine les pages, il ne fait pas le site.
- Prérequis
- Aucun.
- Lecture
- Environ 12 minutes (+ 20 minutes d’exercice).
1.1 — Un site, c’est un empilement de couches
Pour qu’un site soit visible par n’importe qui, il faut d’abord un ordinateur allumé en permanence et relié à Internet : c’est le serveur, que l’on loue à un hébergeur. Il faut ensuite une adresse pour y accéder, comme menuiserie-roche.fr : c’est le nom de domaine, loué lui aussi, à l’année. Sur ce serveur tourne un logiciel qui fabrique les pages à la demande : WordPress. WordPress s’habille avec un thème et gagne des fonctions grâce à des extensions. Elementor est l’une de ces extensions. Tout en haut de la pile, enfin, il y a ce que le visiteur vient chercher : le contenu, c’est-à-dire vos textes, vos photos et vos coordonnées.
Chaque couche a son fournisseur. L’hébergement et le nom de domaine se paient à un hébergeur ou à un bureau d’enregistrement, et c’est à eux que l’on s’adresse quand le site est injoignable. WordPress est un logiciel libre et gratuit. Le thème et les extensions sont gratuits ou payants selon les cas ; Elementor existe en version gratuite et en version Pro (chapitre 02). Le contenu, lui, ne s’achète nulle part : c’est à vous de le produire, et c’est souvent la partie la plus longue d’un projet.
Définition
Hébergement — location d’un espace sur un serveur, c’est-à-dire un ordinateur professionnel toujours allumé, qui stocke les fichiers du site et les envoie aux visiteurs. Nom de domaine — adresse lisible du site (par exemple menuiserie-roche.fr), louée à l’année, qui pointe vers l’hébergement. Les deux se louent souvent chez le même prestataire mais restent deux contrats distincts.
1.2 — WordPress : le moteur
WordPress fait tourner une part considérable des sites du monde entier, des blogs personnels aux sites de grandes entreprises. Son rôle est celui d’un moteur : il range le contenu dans une base de données, gère les comptes des personnes autorisées à modifier le site, stocke les images et fabrique, à chaque visite, la page demandée. Vous n’avez jamais à voir ce mécanisme ; vous le pilotez depuis une interface d’administration appelée Tableau de bord (Dashboard), accessible en ajoutant /wp-admin à l’adresse du site, avec un identifiant et un mot de passe.
Deux mots reviennent sans cesse et méritent d’être distingués tout de suite. Une page est un contenu stable, sans date, qui figure dans le menu du site : Accueil, Prestations, Contact. Un article est une actualité datée, classée dans une catégorie, qui vient s’ajouter au-dessus des précédentes dans un flux : c’est le principe du blog. Un site vitrine d’artisan est fait de pages ; il peut, en plus, publier des articles pour raconter ses chantiers ou donner des conseils de saison (chapitre 25).
| Mot | Ce que c’est | Où le trouver dans le tableau de bord |
|---|---|---|
| Page | Contenu stable, sans date, présent dans le menu. | Pages |
| Article | Actualité datée, classée par catégorie, affichée dans un flux. | Articles |
| Médiathèque | Réserve d’images, de PDF et de vidéos téléversés, réutilisables partout. | Médias |
| Menu | Liste de liens qui forme la navigation du site. | Apparence › Menus |
| Thème | Habillage général du site ; un seul est actif à la fois. | Apparence › Thèmes |
| Extension | Module qui ajoute une fonction (Elementor en est une). | Extensions |
| Compte | Personne autorisée à se connecter, avec un rôle (administrateur, éditeur…). | Comptes |
| Réglages | Titre du site, adresse, langue, page d’accueil, forme des adresses. | Réglages |
À savoir
La Médiathèque (Media Library) appartient à WordPress, pas à Elementor. Quand vous choisirez une image dans Elementor, c’est cette réserve qui s’ouvrira ; et quand vous supprimerez une image de la Médiathèque, elle disparaîtra de toutes les pages qui l’utilisaient. Nous verrons au chapitre 14 comment y ranger des photos légères et bien nommées.
1.3 — Thème et extensions : l’habillage et les fonctions
Le thème définit l’apparence générale du site : la police par défaut, la présence et la forme d’un en-tête et d’un pied de page, la mise en forme des articles. WordPress en installe un par défaut, et des milliers d’autres existent. Un seul thème est actif à la fois, et changer de thème change l’allure de tout le site d’un coup. Avec Elementor, on choisit volontairement un thème presque vide, Hello Elementor, très léger (moins de 30 Ko selon Elementor), qui ne dessine rien par lui-même et laisse Elementor décider de tout. Nous l’installerons au chapitre 04.
Une extension (plugin) ajoute une fonction que WordPress n’a pas d’origine : un formulaire, une sauvegarde automatique, l’aide au référencement (Yoast ou Rank Math, par exemple), une boutique (WooCommerce). Elementor lui-même est une extension, et Elementor Pro en est une seconde qui complète la première : Pro ne fonctionne pas sans la version gratuite installée en dessous.
Attention
Chaque extension ajoutée est un logiciel de plus à mettre à jour, un risque de conflit et un peu de poids sur chaque page. Un site vitrine bien construit tourne avec une dizaine d’extensions au plus. Avant d’en installer une, demandez-vous si WordPress ou Elementor ne fait pas déjà la même chose.
1.4 — Elementor : le constructeur de pages
Elementor est un constructeur de pages (page builder) : une extension qui remplace l’écriture du code par un geste visuel. On choisit un élément (titre, image, bouton, colonne), on le dépose sur la page, on règle son apparence dans un panneau, et Elementor écrit à votre place le code que le navigateur comprendra. Selon les chiffres publiés par l’éditeur, Elementor équipe 22 millions de sites, soit 13 % du web. Lancé en 2016, il est disponible en français, avec une version gratuite complète et une version Pro payante.
Il faut être précis sur ce qu’Elementor apporte, parce que la déception vient toujours de ce qu’on lui prête à tort. Il remplace la mise en page « à la main » : plus besoin d’écrire du HTML ou du CSS pour placer trois colonnes, colorer un bandeau ou adapter la page au téléphone. Tout le reste — l’hébergement, le contenu, le référencement, la sécurité, les obligations légales — reste à votre charge.
Ce qu’Elementor fait
- Dessiner la mise en page de chaque page, sans code.
- Adapter cette mise en page au téléphone et à la tablette.
- Assurer la cohérence des couleurs, des polices et des boutons.
- Construire l’en-tête, le pied de page et les formulaires (Pro).
Ce qu’Elementor ne fait pas
- Héberger le site ni fournir le nom de domaine.
- Écrire les textes, choisir les photos, définir l’offre.
- Garantir le référencement ou la sécurité.
- Sauvegarder le site ni rédiger les mentions légales.
Repérer les couches sur un site existant
Si vous possédez déjà un site WordPress, ce pas-à-pas vous permet de reconnaître chaque couche depuis le tableau de bord, sans rien modifier.
- Connectez-vous au tableau de bord. Tapez l’adresse de votre site suivie de
/wp-admin, puis votre identifiant et votre mot de passe. Si vous ne les avez pas, la personne qui a créé le site ou votre hébergeur peut les réinitialiser. - Lisez l’encart « D’un coup d’œil ». Sur la page d’accueil du tableau de bord, cet encart indique la version de WordPress, le thème actif et le nombre de pages et d’articles. Notez ces trois informations.
- Ouvrez Apparence › Thèmes. Le thème actif est affiché en premier, avec la mention Actif. Les autres thèmes présents sont installés mais inactifs.
- Ouvrez Extensions › Extensions installées. La liste montre les extensions installées, actives ou non. Cherchez « Elementor » et « Elementor Pro » : leur présence vous dit si le site utilise déjà le constructeur de pages.
- Parcourez Pages, Articles et Médias. Vous mesurez ainsi le contenu existant : combien de pages, publiées ou en brouillon, combien d’images dans la Médiathèque.
- Ouvrez Réglages › Général. Vous y lisez le titre du site, son slogan, son adresse et la langue. La couche « hébergement », elle, n’apparaît nulle part dans WordPress : retrouvez-la dans vos factures ou vos e-mails de l’hébergeur.
1.5 — Éditeur de blocs ou Elementor ?
Depuis la version 5.0 de WordPress, fin 2018, WordPress possède son propre outil de composition, l’éditeur de blocs, souvent appelé Gutenberg du nom du projet qui l’a fait naître. On y écrit paragraphe après paragraphe, en insérant des blocs : image, liste, citation, colonnes. Il est excellent pour un texte long et vivant, moins à l’aise pour composer un bandeau d’accueil élaboré, aligner des cartes de prestations ou dessiner un pied de page en quatre colonnes.
Les deux outils cohabitent sans conflit sur un même site. La règle du support est simple : les pages vitrines se construisent dans Elementor ; les articles s’écrivent dans l’éditeur de blocs, et un modèle Elementor Pro décide de leur habillage (chapitre 25). Une page donnée appartient toujours à l’un ou à l’autre : dès que l’on clique sur Modifier avec Elementor (Edit with Elementor), c’est Elementor qui prend la main sur elle (chapitre 05).
Bonne pratique
Ne cherchez pas à tout faire dans Elementor. Un article écrit dans l’éditeur de blocs est plus rapide à publier, plus léger et plus facile à reprendre par quelqu’un d’autre. Réservez Elementor aux pages dont la mise en page compte vraiment.
Un site n’est pas fait « avec Elementor » : il est fait avec un hébergeur, WordPress, un thème, des extensions et surtout du contenu. Elementor dessine.
Exercice 1.1 — L’inventaire de la Menuiserie Roche 20 min
Objectif : établir, avant de construire quoi que ce soit, la fiche d’inventaire de ce qui existe déjà, couche par couche — comme nous le faisons au début de chaque atelier Num Compagny.
Camille Roche, menuisière à Murol, décrit sa situation : « J’ai acheté le nom de domaine menuiserie-roche.fr il y a deux ans, avec un hébergement mutualisé chez un hébergeur français qui a installé WordPress en un clic ; je n’y ai jamais touché. J’ai une page Facebook avec une soixantaine de photos de chantiers, un dépliant papier, mon logo en PDF, et trois avis clients reçus par e-mail. »
- Sur une feuille, tracez quatre rubriques : Adresse et accès, État de WordPress, Contenus disponibles, Ce qui manque.
- Dans la première, notez le nom de domaine, le type d’hébergement, et la question à poser : où sont conservés les identifiants du bureau d’enregistrement, de l’hébergeur et du tableau de bord ?
- Dans la deuxième, notez ce que Camille sait (WordPress installé, thème par défaut, aucune extension) et ce qu’il faudra vérifier avec le pas-à-pas de la partie 1.4.
- Dans la troisième, classez chaque élément cité par sa couche : photos, texte du dépliant, logo, avis, coordonnées.
- Dans la dernière, listez ce dont un site de cinq pages a besoin et que Camille n’a pas encore : photos en haute définition, un texte par prestation, les horaires, les mentions légales, une adresse e-mail de contact.
- Nom de domaine et hébergeur identifiés, avec la date de renouvellement.
- Identifiants du tableau de bord localisés ou demande de réinitialisation prévue.
- Thème actif et extensions présentes notés.
- Contenus existants classés, manques listés.
Résultat attendu : une fiche d’inventaire d’une page, en quatre rubriques, qui distingue clairement ce qui relève de l’hébergeur, de WordPress et du contenu, et qui se termine par une liste de manques à combler avant la construction. Cette fiche servira de point de départ au projet complet du chapitre 38.
À retenir
- Un site est un empilement de cinq couches : hébergement et nom de domaine, WordPress, thème, extensions (dont Elementor) et contenu.
- WordPress est le moteur : il gère les pages, les articles, la Médiathèque, les menus, les comptes et les réglages depuis le tableau de bord.
- Le thème habille, l’extension ajoute une fonction ; Elementor est une extension de mise en page, et Elementor Pro une seconde extension qui la complète.
- Elementor dessine les pages sans code, mais ne fournit ni hébergement, ni contenu, ni référencement, ni sauvegarde, ni mentions légales.
- Pages vitrines dans Elementor, articles dans l’éditeur de blocs : les deux cohabitent sur le même site.

