03. Comment une page web est construite
Elementor écrit le code à votre place, mais il vous parle avec les mots de ce code : boîte, marge, pixel, balise, responsive. Ce chapitre les explique une fois pour toutes, sans exiger que vous écriviez la moindre ligne. Après lui, chaque réglage de l’éditeur aura un sens, au lieu d’être un bouton que l’on essaie au hasard.
Elementor écrit le code à votre place, mais il vous parle avec les mots de ce code : boîte, marge, pixel, balise, responsive. Ce chapitre les explique une fois pour toutes, sans exiger que vous écriviez la moindre ligne. Après lui, chaque réglage de l’éditeur aura un sens, au lieu d’être un bouton que l’on essaie au hasard.
En bref
- Public
- Non-techniciens qui veulent comprendre ce que fabrique Elementor derrière l’écran.
- Enjeu
- Acquérir le vocabulaire des boîtes, des unités et des balises que tous les chapitres suivants utilisent.
- Idée clé
- Une page web n’est qu’un jeu de boîtes emboîtées, empilées de haut en bas, qui se réorganisent selon la largeur de l’écran.
- Prérequis
- Chapitre 01.
- Lecture
- Environ 15 minutes (+ 20 minutes d’exercice).
3.1 — Trois langages et un navigateur
Quand vous ouvrez une page, votre navigateur (Chrome, Firefox, Safari, Edge) reçoit du serveur un texte écrit dans un langage appelé HTML. Ce texte décrit le squelette de la page : ici un titre, là un paragraphe, là une image, le tout rangé dans des boîtes qui en contiennent d’autres. Le navigateur reçoit ensuite un second texte, écrit en CSS, qui décrit l’habillage : la couleur du titre, la police du paragraphe, la largeur de l’image, l’espace entre les boîtes. Un troisième langage, JavaScript, ajoute le mouvement : un menu qui se déplie, une galerie qui défile, un formulaire qui vérifie une adresse e-mail avant l’envoi.
Le navigateur lit ces trois textes et dessine la page. C’est lui qui calcule où va chaque boîte, et il recommence chaque fois que la fenêtre change de taille. Elementor ne fait rien d’autre que produire ces textes à partir de vos gestes : quand vous déposez un Titre et que vous le colorez, il écrit la ligne de HTML et la ligne de CSS correspondantes. Vous ne les verrez jamais, mais savoir qu’elles existent explique bien des comportements.
Définition
Balise — mot-clé du HTML, écrit entre chevrons, qui annonce la nature d’un morceau de page : h1 pour le titre principal, p pour un paragraphe, img pour une image, header pour l’en-tête. Une balise s’ouvre, contient quelque chose, puis se ferme : c’est ainsi que naissent les boîtes.
3.2 — Tout est boîte
Pour le navigateur, chaque élément d’une page est un rectangle, même s’il ne dessine pas ses bords. Un paragraphe est une boîte ; une image est une boîte ; un bouton est une boîte. Et les boîtes s’emboîtent : le bouton est dans une boîte « bandeau d’accueil », qui est dans la boîte « contenu », qui est dans la boîte « page ». Cette imbrication est la clé de tout ce qui suit : quand vous réglerez la couleur de fond d’un Flexbox, c’est la boîte parente qui se colore, et ses enfants se posent dessus.
Par défaut, les boîtes se placent dans le flux : les unes sous les autres, de haut en bas, dans l’ordre où elles sont écrites, chacune occupant toute la largeur disponible. Une page web est donc naturellement une colonne. Mettre trois éléments côte à côte n’est pas le comportement par défaut : c’est une instruction que l’on donne à la boîte parente, et c’est précisément ce que font le Flexbox et la Grille d’Elementor (chapitre 09).
Presque toutes les pages vitrines partagent la même anatomie, de haut en bas : un en-tête (logo, menu, bouton), un bandeau d’accueil que l’on appelle souvent « héros », des sections de contenu (prestations, réalisations, témoignages), un appel à l’action et un pied de page. Deux largeurs cohabitent : certaines boîtes s’étendent d’un bord à l’autre de l’écran (« pleine largeur ») pour porter une couleur de fond, tandis que le contenu lisible est centré dans une zone plus étroite, la largeur de contenu, qu’Elementor fixe par défaut à 1140 pixels.
Voir les boîtes d’une vraie page
Tous les navigateurs contiennent un outil d’inspection qui révèle les boîtes de n’importe quel site, sans rien modifier sur le site consulté.
- Ouvrez un site quelconque sur un ordinateur, dans Chrome, Edge ou Firefox.
- Faites un clic droit sur un titre, puis choisissez Inspecter (Chrome, Edge) ou Examiner l’élément (Firefox). Un panneau s’ouvre.
- Repérez la ligne surlignée : c’est la balise du titre, par exemple
h1. Survolez les lignes voisines : sur la page, chaque boîte correspondante se colore, avec ses marges. - Remontez dans l’arborescence en survolant les lignes du dessus : la boîte parente, puis la section, puis
headeroufooter. - Réduisez la largeur de la fenêtre en la tirant par son bord : les boîtes côte à côte se réempilent. C’est le responsive à l’œuvre.
3.3 — Mesurer : pixels, pourcentages et unités relatives
Dans l’onglet Style d’Elementor, presque chaque valeur est accompagnée d’un sélecteur d’unité. Le pixel (px) est l’unité la plus intuitive : un point de l’écran, une valeur fixe. Le pourcentage (%) se calcule par rapport à la boîte parente : une image à 50 % occupe la moitié de sa colonne, quelle que soit la taille de l’écran. Les unités em et rem sont relatives à la taille du texte : 1rem vaut la taille de police de base du site, 16 pixels par défaut, si bien que 1.5rem donne 24 pixels. Les unités vw et vh valent un centième de la largeur ou de la hauteur de la fenêtre : un bandeau de 100vh occupe exactement la hauteur de l’écran, téléphone ou grand moniteur.
| Unité | Ce qu’elle mesure | Quand l’utiliser | Exemple |
|---|---|---|---|
px | Un point d’écran ; valeur fixe. | Bordures, rayons d’angle, petits espacements précis. | Bordure 1px, rayon 12px |
% | Une fraction de la boîte parente. | Largeur des colonnes et des images. | Image à 50% |
em | La taille de police de l’élément lui-même. | Espacements qui doivent suivre la taille du texte. | Marge interne 1.5em |
rem | La taille de police de base du site (16 px par défaut). | Tailles de texte, marges entre sections. | Corps 1.125rem = 18 px |
vw / vh | 1 % de la largeur / hauteur de la fenêtre. | Bandeau plein écran, très grands titres. | Hauteur mini 60vh |
fr | Une part de l’espace libre d’une grille. | Colonnes de l’élément Grille. | 1fr 1fr 1fr |
auto | « Laisse le navigateur décider ». | Hauteur des boîtes de texte, largeur d’un bouton. | Hauteur auto |
Bonne pratique
Le pixel rassure, mais il fige. Pour les textes et les grands espacements, préférez le rem : si un visiteur a agrandi la taille de police de son navigateur, ou si vous changez un jour la taille de base du site, tout suit proportionnellement. Le pixel reste parfait pour ce qui doit rester fin et net : une bordure, un rayon, un trait de séparation.
3.4 — Le responsive : un contenu, plusieurs largeurs
Le même contenu doit être lisible sur un téléphone tenu à la verticale, large de quelques centaines de pixels, comme sur un moniteur de bureau. On appelle responsive (on dit parfois « adaptatif ») une page dont les boîtes se réorganisent d’elles-mêmes selon la largeur disponible : trois cartes côte à côte sur ordinateur deviennent trois cartes empilées sur téléphone ; un menu horizontal se replie derrière une icône ; un titre de 48 pixels descend à 32.
Le navigateur ne devine rien : ce sont des règles que l’on écrit, et qu’Elementor permet d’écrire sans code. Il découpe les largeurs d’écran en paliers, les points de rupture (breakpoints) : par défaut, « ordinateur » au-delà de 1024 pixels, « tablette » de 768 à 1024, « mobile » jusqu’à 767. Un réglage fait sur la vue ordinateur s’applique aux écrans plus petits, sauf valeur propre donnée à la tablette ou au mobile. Le chapitre 12 y est consacré ; retenez que le responsive n’est pas une option à cocher à la fin, mais une manière de penser chaque boîte dès sa création.
3.5 — Le poids d’une page
Chaque page qu’un visiteur ouvre est un ensemble de fichiers qui transitent par le réseau : le HTML, le CSS, le JavaScript, les polices et surtout les images. Leur somme est le poids de la page, en kilooctets (Ko) ou en mégaoctets (Mo). Sur la plupart des sites vitrines, les images représentent la plus grande part de ce poids — souvent plus de la moitié, parfois les deux tiers ou davantage quand les photos ont été téléversées telles quelles depuis un téléphone, où une seule photo pèse couramment plusieurs mégaoctets.
Le poids commande le temps de chargement. Sur une connexion mobile en zone rurale, une page de plusieurs mégaoctets met de longues secondes à s’afficher, et le visiteur est parti avant. Le sujet est traité aux chapitres 14 et 33 ; retenez qu’une photo de bandeau bien préparée pèse quelques centaines de kilooctets, et que chaque widget, chaque police et chaque animation ajoutés ont un coût, même invisible à l’écran.
Attention
Ce qui s’affiche vite sur votre ordinateur, en fibre, avec la page déjà en mémoire, ne dit rien de ce que vit un client qui découvre le site sur son téléphone, dans une zone mal couverte. Testez toujours une page sur un vrai téléphone, en données mobiles, avant de la considérer comme terminée.
3.6 — La sémantique : dire ce que l’on est
Le HTML ne se contente pas de dessiner des boîtes : il dit ce qu’elles sont. Une boîte marquée header est un en-tête, nav une navigation, main le contenu principal, section une section, article un contenu autonome, aside un complément, footer un pied de page. De même, les titres sont hiérarchisés de h1 à h6 : un seul h1 par page, qui en énonce le sujet ; des h2 pour les grandes parties ; des h3 pour leurs subdivisions. Cet étiquetage s’appelle la sémantique.
Deux lecteurs y sont particulièrement attentifs. Les moteurs de recherche s’en servent pour comprendre de quoi parle la page : un h1 « Menuiserie sur mesure à Murol » dit plus qu’un texte en gros caractères sans balise. Les lecteurs d’écran, ces logiciels qui lisent la page à voix haute pour les personnes malvoyantes, permettent de sauter de titre en titre ou d’aller droit à la navigation ; sans balises, la page devient un bloc indistinct. Elementor vous donne la main sur ces étiquettes : le Titre atomique propose sa balise de H1 à H6, et le Flexbox comme le Bloc Div ont un réglage Balise HTML (HTML tag) qui vaut Div, Header, Section, Article, Aside ou Footer. Choisir la bonne ne coûte qu’un clic.
Piège classique
Choisir une balise de titre pour sa taille. Un débutant met un H1 partout « parce que c’est gros », ou un H4 « parce que c’est petit ». La taille se règle dans l’onglet Style ; la balise, elle, décrit le rôle du texte. Une page avec trois H1 ou sans aucun H2 est mal comprise par Google et pénible pour les lecteurs d’écran, même si elle est jolie.
Une page web est une colonne de boîtes qui portent chacune une étiquette. Tout le travail de mise en page consiste à décider lesquelles se placent côte à côte, et jusqu’à quelle largeur.
Exercice 3.1 — La maquette en boîtes de la page d’accueil 20 min
Objectif : dessiner sur papier, avant d’ouvrir Elementor, la page d’accueil de la Menuiserie Roche sous forme de boîtes étiquetées, puis sa version pour téléphone.
- Prenez une feuille A4 en hauteur : elle représente un écran d’ordinateur. Tracez deux traits verticaux fins à trois centimètres de chaque bord : c’est la largeur de contenu.
- Dessinez l’en-tête en pleine largeur : un rectangle « Logo » à gauche, cinq mots de menu au centre (Accueil, Prestations, Réalisations, À propos, Contact), un bouton « Devis » à droite. Écrivez
headerdans la marge. - Dessinez le bandeau d’accueil : à gauche, le H1 « Le bois, sur mesure, depuis 2009 », un paragraphe et un bouton « Demander un devis » ; à droite, une boîte « Photo de l’atelier ». Notez
sectioneth1. - Dessinez la section Prestations : un H2 centré, puis trois boîtes côte à côte (Escaliers, Cuisines, Agencements), chacune avec un H3 et un paragraphe.
- Ajoutez, de haut en bas : Réalisations (six boîtes « Photo » sur deux lignes), Témoignages (deux boîtes), un bandeau Appel à devis en pleine largeur avec un H2 et un bouton, puis le pied de page (coordonnées, horaires, menu, mentions légales). Notez
footer. - Sur une bande de papier de six centimètres de large, redessinez la même page pour un téléphone : tout ce qui était côte à côte s’empile, dans quel ordre ? Le menu devient une icône ; la photo passe sous le texte ou au-dessus ?
- Comptez vos titres : un seul H1, un H2 par section, des H3 à l’intérieur. Corrigez si besoin.
Résultat attendu : deux maquettes en boîtes, ordinateur et téléphone, où chaque boîte porte sa balise et où l’on distingue les fonds en pleine largeur du contenu centré. Ces maquettes serviront de plan au chapitre 07, quand vous construirez cette page pour de vrai.
À retenir
- Le HTML décrit le squelette, le CSS l’habillage, le JavaScript le mouvement ; le navigateur dessine, et Elementor écrit ces trois textes à votre place.
- Tout élément est une boîte, les boîtes s’emboîtent et s’empilent de haut en bas par défaut ; mettre côte à côte est une instruction donnée à la boîte parente.
- Les fonds vont d’un bord à l’autre, le contenu lisible est centré dans la largeur de contenu, 1140 px par défaut.
- Le pixel fige, le pourcentage et le rem s’adaptent ; on les choisit selon ce que l’on mesure.
- Le responsive réorganise les boîtes selon des points de rupture : ordinateur, tablette, mobile.
- Les balises disent ce qu’est chaque boîte : un seul H1, des H2 et H3 ordonnés, header et footer bien nommés, pour Google comme pour les lecteurs d’écran.

