Formats et mentions : Factur-X sans migraine
Ce que contient une facture électronique conforme.
🎯 Ce que vous saurez faire après cette leçon
- Comprendre la différence entre une facture « image » (PDF classique) et une facture structurée lisible par une machine ;
- Distinguer les trois formats du socle : Factur-X, UBL et CII ;
- Décrire l’anatomie d’une facture hybride Factur-X (un PDF lisible + un fichier de données caché) ;
- Connaître les nouvelles mentions obligatoires introduites par la réforme ;
- Suivre le cycle de vie d’une facture à travers ses statuts ;
- Éviter les rejets grâce à quelques bonnes pratiques de saisie, avec la Menuiserie Chabrier en fil rouge.
⏱️ Durée : 55-70 min · 📶 Niveau : débutant à intermédiaire · 📋 Prérequis : avoir suivi les leçons « La réforme en clair » et « Choisir sa plateforme ».
1. Mise en contexte : de l’image aux données
Le mot « format » fait fuir plus d’un artisan. Pourtant, l’idée est simple et vous n’aurez, en pratique, presque rien à faire : votre logiciel s’en charge. Mais comprendre ce qui se joue « sous le capot » vous évitera bien des inquiétudes et quelques rejets. Tout tient dans une distinction : la différence entre une image et des données.
Aujourd’hui, quand la Menuiserie Chabrier envoie un PDF, elle envoie une image de sa facture : un humain la lit très bien, mais l’ordinateur du client, lui, ne « comprend » pas que 10 080 est un montant TTC ou que 20 % est un taux de TVA. Il faut ressaisir. La facture électronique de la réforme ajoute, à côté de l’image, un jeu de données structurées : des étiquettes que la machine lit sans erreur (« montant HT = 8 400 », « TVA = 20 % », « SIREN client = … »). C’est ce petit supplément invisible qui change tout.
Le schéma ci-dessous illustre cette bascule : à gauche, la facture « image » d’aujourd’hui ; à droite, la même facture enrichie de données lisibles par la machine.
2. Les trois formats du socle : Factur-X, UBL, CII
La réforme n’impose pas un format unique : elle retient un socle de trois formats que les plateformes doivent savoir traiter. Bonne nouvelle pour Chabrier : il n’aura pas à choisir techniquement : son logiciel produira le bon format, le plus souvent Factur-X, sans qu’il ait à s’en préoccuper.
2.1 Factur-X — le format hybride
Factur-X est un format hybride franco-allemand : un fichier PDF lisible par l’humain, dans lequel est glissé un fichier de données (XML) lisible par la machine. C’est le grand favori des TPE, car il conserve l’aspect familier d’un PDF tout en embarquant les données. On dit qu’il est « à la fois lisible et calculable ».
2.2 UBL et CII — les formats de données purs
UBL (Universal Business Language) et CII (Cross Industry Invoice) sont des formats 100 % données : pas d’image, uniquement du XML structuré. Ils sont surtout utilisés par des logiciels ou de grandes organisations qui n’ont pas besoin d’un aperçu visuel intégré. Factur-X, d’ailleurs, embarque en interne des données au standard CII.
Ces formats partagent un même vocabulaire européen, la norme EN 16931, qui définit le « sens » de chaque donnée (ce qu’est un montant HT, une TVA, une échéance…). Résultat : une facture émise en France est comprise partout en Europe. Vous n’avez pas à connaître cette norme ; sachez seulement qu’elle garantit que tout le monde parle le même langage.
| Format | Nature | Lisible par un humain ? | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| Factur-X | Hybride : PDF + données XML | ✅ Oui (c’est un PDF) | TPE, PME, artisans |
| UBL | Données pures (XML) | ❌ Non sans outil | Logiciels, grandes organisations |
| CII | Données pures (XML) | ❌ Non sans outil | Échanges inter-logiciels |
3. Anatomie d’une facture Factur-X
Ouvrons le capot une minute. Une facture Factur-X ressemble, à l’écran, à un PDF tout à fait ordinaire. Mais elle est en réalité composée de deux couches superposées. Comprendre ces deux couches vous aidera à saisir pourquoi « un PDF classique » ne suffit plus.
3.1 La couche visible : un PDF lisible
La première couche est un PDF (techniquement au standard PDF/A-3, conçu pour l’archivage durable). C’est l’aperçu que Chabrier et son client voient : le logo, les lignes de prestation, les totaux, les mentions. Rien ne change visuellement par rapport à aujourd’hui.
3.2 La couche cachée : un fichier de données (XML)
À l’intérieur de ce PDF est glissé un fichier de données (XML) qui rejoue, sous forme d’étiquettes, toutes les informations de la facture. C’est cette couche que la plateforme et le logiciel du client lisent automatiquement. L’humain ne la voit pas ; la machine ne lit qu’elle.
3.3 Ce que ça change pour vous : presque rien à la saisie
Bonne nouvelle : vous ne « fabriquez » pas ce XML à la main. Votre logiciel le génère à partir des champs que vous remplissez déjà (client, lignes, montants, TVA). D’où l’importance de bien remplir ces champs : un montant mal saisi ou un client incomplet se retrouvera tel quel dans les données. Le schéma annoté ci-dessous détaille cette structure.
Pensez à une enveloppe transparente (le PDF) contenant une fiche parfaitement remplie (les données). Vous écrivez la fiche une seule fois, dans votre logiciel ; l’enveloppe et la fiche partent ensemble.
4. Les nouvelles mentions obligatoires
Une facture comporte déjà, aujourd’hui, de nombreuses mentions obligatoires : date, numéro unique, identités et adresses des parties, désignation des prestations, montants HT, taux et montant de TVA, total TTC, conditions de règlement… La réforme ajoute quelques mentions destinées à fiabiliser les données transmises. Elles sont peu nombreuses et, là encore, votre logiciel les prendra en charge à partir d’une fiche client bien remplie.
4.1 Les mentions ajoutées par la réforme
Selon les spécifications en vigueur, quatre informations deviennent obligatoires sur les factures concernées :
- le numéro SIREN du client (en complément des identités déjà exigées) ;
- l’adresse de livraison des biens lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation ;
- la nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux ;
- la mention de l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, lorsque l’entreprise a exercé cette option.
| Nouvelle mention | Pourquoi | Cas Chabrier |
|---|---|---|
| SIREN du client | Identifier chaque partie de façon fiable | SIREN de la SCI Les Tilleuls |
| Adresse de livraison si différente | Localiser la livraison (utile pour la TVA) | Chantier à une adresse, siège à une autre |
| Nature de l’opération | Biens, services ou mixte | Escalier (bien) + pose (service) = mixte |
| Option paiement TVA d’après les débits | Clarifier l’exigibilité de la TVA | À indiquer si l’option a été prise |
La maquette annotée ci-dessous montre où se logent ces nouvelles mentions sur une facture de Chabrier.
📄 Rappel : les mentions déjà obligatoires
Les nouvelles mentions vues plus haut s’ajoutent à un socle qui, lui, ne change pas. Avant de se focaliser sur les nouveautés, il est sain de vérifier que ces mentions « classiques » figurent bien sur vos factures : elles restent obligatoires et sont, elles aussi, transmises dans les données. Le tableau ci-dessous les récapitule pour une facture type de Chabrier.
| Mention | Exemple Chabrier |
|---|---|
| Date d’émission de la facture | 14 octobre 2027 |
| Numéro unique et séquentiel | F-2027-014 |
| Identité du vendeur (nom, adresse) | Menuiserie Chabrier, adresse de l’atelier |
| Numéro SIREN/SIRET du vendeur | SIRET de la menuiserie |
| Numéro de TVA intracommunautaire | Si l’entreprise y est assujettie |
| Identité et adresse du client | SCI Les Tilleuls, siège |
| Date de la vente ou de la prestation | Fin de chantier |
| Désignation, quantité, prix unitaire HT | Escalier chêne, pose |
| Taux et montant de TVA | 20 % — 1 680,00 € |
| Total HT et total TTC | 8 400,00 € HT — 10 080,00 € TTC |
| Conditions et date de règlement | 30 jours, échéance indiquée |
| Pénalités de retard et indemnité de recouvrement | Mentions légales entre professionnels |
| Mentions particulières (le cas échéant) | Franchise en base, autoliquidation… |
On se concentre souvent sur les nouveautés en oubliant les mentions classiques. Or une facture à laquelle il manque une mention historique (numéro, TVA, échéance) reste non conforme, réforme ou pas. Vérifiez que votre modèle les contient toutes.
Faites une fois un « modèle de facture parfait » avec le Cabinet Verne : toutes les mentions, anciennes et nouvelles, au bon endroit. Ensuite, chaque facture héritera de ce modèle et vous n’aurez plus à y penser.
5. Le cycle de vie et les statuts
Une facture électronique n’est pas un document figé : elle vit. À chaque étape, un statut est mis à jour et partagé entre les plateformes. C’est l’un des grands apports de la réforme : fini le PDF envoyé « dans le vide », Chabrier sait exactement où en est sa facture.
5.1 Qu’est-ce qu’un statut ?
Un statut est une étape du parcours de la facture : elle a été déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée… Certains statuts sont obligatoires (ils doivent être remontés), d’autres sont recommandés (utiles au suivi commercial). Votre plateforme gère ces statuts ; vous n’avez qu’à les lire, et parfois à en déclencher un (par exemple « refusée » si une facture reçue est erronée).
5.2 Les principaux statuts
| Statut | Signification | Type |
|---|---|---|
| Déposée | La facture est entrée dans le circuit via la plateforme | Obligatoire |
| Reçue / mise à disposition | Le destinataire l’a reçue sur sa plateforme | Recommandé |
| Approuvée | Le client valide la facture | Recommandé |
| Refusée | Le client rejette la facture (erreur, litige) | Obligatoire si elle survient |
| En litige / suspendue | Désaccord en cours de traitement | Recommandé |
| Encaissée | Le paiement a été reçu | Obligatoire (e-reporting de paiement) |
La frise ci-dessous suit le parcours type d’une facture de Chabrier, du dépôt à l’encaissement.
Le statut « encaissée » nourrit l’e-reporting de paiement, mais il rend surtout un service concret à Chabrier : il sait, sans relancer à l’aveugle, quelles factures sont payées et lesquelles traînent. Le suivi de trésorerie devient limpide.
6. Les profils Factur-X : du plus léger au plus complet
Factur-X se décline en plusieurs profils, qui correspondent au niveau de détail des données embarquées. Du plus simple au plus riche, on trouve généralement : MINIMUM, BASIC WL, BASIC, EN 16931 (aussi appelé COMFORT) et EXTENDED. Vous n’avez pas à les mémoriser : votre logiciel choisit le profil adapté. Mais en connaître l’esprit aide à dialoguer avec votre éditeur ou votre expert-comptable.
| Profil | Contenu | Adapté à |
|---|---|---|
| MINIMUM | Données d’en-tête essentielles | Échanges très simples |
| BASIC WL | En-tête sans le détail des lignes | Factures synthétiques |
| BASIC | En-tête + lignes de facturation | La plupart des TPE |
| EN 16931 | Jeu complet conforme au socle européen | Usage standard recommandé |
| EXTENDED | Données très détaillées, cas complexes | Secteurs aux besoins spécifiques |
Un profil BASIC ou EN 16931 couvre parfaitement une menuiserie : en-tête complet et détail des lignes (escalier, pose, fournitures). Inutile de viser EXTENDED, réservé à des cas complexes.
7. Bonnes pratiques de saisie pour éviter les rejets
La grande peur, avec le format structuré, c’est le rejet : une facture renvoyée parce qu’une donnée manque ou est incohérente. La bonne nouvelle : la quasi-totalité des rejets viennent de causes simples, évitables par de bonnes habitudes de saisie. Voici les réflexes qui protègent Chabrier.
7.1 Une fiche client complète et exacte
Le SIREN, la raison sociale exacte, l’adresse de facturation et, si besoin, l’adresse de livraison doivent être justes. Une fiche client soignée, c’est 80 % des rejets évités. Prenez l’habitude de vérifier le SIREN d’un nouveau client professionnel dès le devis.
7.2 Une numérotation continue et sans trou
Les numéros de facture doivent se suivre, sans doublon ni saut inexpliqué. Laissez votre logiciel gérer la numérotation automatique plutôt que de la saisir à la main.
7.3 Des montants cohérents
HT, taux de TVA, montant de TVA et TTC doivent être arithmétiquement cohérents. Là encore, le logiciel calcule ; évitez de « forcer » un total à la main, source classique d’incohérence détectée par la plateforme.
7.4 Une désignation claire et la bonne nature d’opération
Décrivez précisément la prestation et renseignez la nature de l’opération (bien, service, mixte). Pour Chabrier, un chantier « escalier + pose » est une opération mixte : bien le signaler évite des questions ultérieures.
| Bonne pratique | Ce qu’elle évite |
|---|---|
| Vérifier le SIREN au devis | Rejet pour client non identifiable |
| Numérotation automatique | Doublons et trous de séquence |
| Laisser le logiciel calculer | Incohérences HT/TVA/TTC |
| Renseigner la nature d’opération | Ambiguïté bien/service |
| Contrôler l’adresse de livraison | Erreur de localisation |
🧭 Erreurs fréquentes et dépannage
| Symptôme | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| Facture rejetée par la plateforme | Donnée obligatoire manquante (ex. SIREN) | Compléter la fiche client et réémettre |
| Montant TTC incohérent signalé | Total forcé à la main | Laisser le logiciel recalculer |
| Facture refusée par le client | Erreur de prix, de quantité ou litige | Émettre un avoir puis une facture corrigée |
| « PDF classique » refusé | Absence de couche de données (pas de Factur-X) | Émettre depuis le logiciel au format structuré |
| Client introuvable dans l’annuaire | SIRET erroné ou plateforme inconnue | Vérifier l’identifiant, demander sa plateforme |
| Nature d’opération ambiguë | Bien/service non précisé | Indiquer « mixte » quand les deux coexistent |
| Statut bloqué sur « déposée » | Destinataire pas encore traité, ou souci technique | Vérifier auprès de la plateforme/du client |
✅ Votre check-list « format et mentions »
Avant d’émettre une facture électronique, un rapide passage en revue suffit à écarter la quasi-totalité des rejets. Voici la check-list que Chabrier affiche près de son écran.
Cette routine de quelques secondes, une fois ancrée, rend l’émission d’une facture électronique aussi naturelle que l’envoi d’un PDF hier — mais sans les ressaisies ni les incertitudes de paiement.
📋 Cas pratique 1 — Chabrier émet une Factur-X mixte
Situation. Chabrier facture à la SCI Les Tilleuls un escalier chêne sur mesure (fourniture) et sa pose (main-d’œuvre). Montant : 8 400 € HT, TVA 20 %, total 10 080 € TTC. L’adresse du chantier diffère du siège de la SCI. Comment émettre correctement ?
Résolution guidée.
- Format : le logiciel de Chabrier produit une Factur-X (PDF lisible + données), profil BASIC ou EN 16931.
- Nouvelles mentions : SIREN de la SCI renseigné, adresse de livraison (le chantier) distincte de l’adresse de facturation, nature de l’opération = mixte (bien + service).
- Contrôles : montants cohérents (HT × 20 % = TVA ; HT + TVA = TTC), numéro continu (F-2027-014).
- Émission : un clic « Émettre via la PDP » ; la facture part, le statut passe à « déposée ».
📋 Cas pratique 2 — Corriger une facture refusée
Situation. La SCI refuse la facture : une quantité est erronée (deux mains courantes facturées au lieu d’une). Le statut passe à « refusée ». Que fait Chabrier ?
Résolution guidée. On ne « rature » pas une facture électronique. La bonne pratique : émettre un avoir (facture rectificative qui annule ou corrige), puis une nouvelle facture juste. Chaque document suit le circuit structuré et ses statuts. La traçabilité reste intacte, et l’historique est propre pour le Cabinet Verne.
Ne renvoyez pas « le même PDF corrigé à la main » par courriel en doublon : cela casse la traçabilité et sèmera la confusion dans les statuts. Passez toujours par l’avoir puis la nouvelle facture, dans le circuit structuré.
📋 Cas pratique 3 — Chabrier reçoit une Factur-X de son fournisseur
Situation. Le fournisseur de bois de Chabrier lui adresse une Factur-X. Chabrier ouvre le fichier : il voit un PDF tout à fait normal. Que se passe-t-il « en coulisse » et qu’a-t-il à faire ?
Résolution guidée. Le PDF est lu par Chabrier ; en parallèle, son logiciel lit la couche de données et pré-remplit l’écriture d’achat (fournisseur, montant HT, TVA, échéance) sans ressaisie. Chabrier n’a plus qu’à vérifier et valider. La facture, ses statuts et ses données partent proprement vers le Cabinet Verne. Gain de temps et zéro erreur de recopie.
🏋️ Exercices
Traitez chaque question avant d’ouvrir le corrigé : l’objectif est d’acquérir les bons réflexes de format et de mentions.
Exercice 1. Un client vous dit : « Envoyez-moi juste le PDF, c’est déjà électronique. » En quoi une Factur-X diffère-t-elle d’un PDF classique ?
✅ Voir le corrigé
Un PDF classique n’est qu’une image : la machine ne peut pas en lire les données sans ressaisie. Une Factur-X est un PDF hybride qui embarque, en plus, un fichier de données structurées lisible automatiquement. C’est cette couche cachée qui la rend conforme.
Exercice 2. Citez les quatre nouvelles mentions introduites par la réforme.
✅ Voir le corrigé
1) le SIREN du client ; 2) l’adresse de livraison si différente de la facturation ; 3) la nature de l’opération (bien, service, mixte) ; 4) l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, le cas échéant.
Exercice 3. Chabrier facture « escalier + pose ». Quelle nature d’opération indiquer, et pourquoi ?
✅ Voir le corrigé
Mixte : l’escalier est une livraison de bien, la pose une prestation de service. Signaler « mixte » lève toute ambiguïté sur la nature de l’opération et évite des questions ultérieures.
Exercice 4. Une facture est refusée par le client pour une quantité erronée. Quelle est la marche à suivre ?
✅ Voir le corrigé
Émettre un avoir (facture rectificative) qui corrige ou annule, puis une nouvelle facture juste, toutes deux dans le circuit structuré. On ne modifie jamais l’originale « à la main » ni par un PDF envoyé en doublon.
Exercice 5. Associez : (a) Factur-X, (b) UBL, (c) CII — à « hybride PDF + données », « données pures ×2 ».
✅ Voir le corrigé
(a) Factur-X = hybride (PDF lisible + données). (b) UBL et (c) CII = données pures (XML sans image). Factur-X embarque d’ailleurs des données au standard CII.
Exercice 6. Vrai ou faux ? (a) « Le profil EXTENDED est obligatoire pour une menuiserie. » (b) « Le statut encaissée alimente l’e-reporting de paiement. » (c) « Les nouvelles mentions se remplissent à la main dans le XML. »
✅ Voir le corrigé
(a) Faux : un profil BASIC ou EN 16931 suffit largement ; EXTENDED vise des cas complexes. (b) Vrai : « encaissée » nourrit l’e-reporting de paiement. (c) Faux : c’est le logiciel qui génère le XML à partir des champs saisis ; vous remplissez la fiche, pas le code.
🧰 Adapter selon votre métier
Le format et les mentions varient peu d’un métier à l’autre, mais quelques points d’attention diffèrent selon votre activité.
| Profil | Point d’attention format/mentions | Profil Factur-X conseillé |
|---|---|---|
| Artisan du bâtiment (Chabrier) | Opérations mixtes (bien + pose), adresse de chantier | BASIC ou EN 16931 |
| Commerçant de biens | Livraison de biens, adresses de livraison fréquentes | BASIC |
| Prestataire de services | Nature = service ; option TVA d’après les débits fréquente | BASIC ou EN 16931 |
| Activité à cas complexes | Données détaillées, remises, ventilations fines | EXTENDED |
Pour Chabrier, la vigilance porte surtout sur la nature mixte de ses opérations et sur l’adresse de chantier souvent distincte de l’adresse de facturation. Deux réflexes, et ses factures passent sans accroc.
🚀 Aller plus loin
- Soignez vos fiches clients dès aujourd’hui. SIREN, adresses, conditions : une base propre, c’est la garantie de factures acceptées du premier coup demain.
- Laissez faire le logiciel pour le format. Ne cherchez pas à « fabriquer » du Factur-X ou du XML : votre rôle est de bien saisir, celui du logiciel est de produire le bon format.
- Apprivoisez les statuts. Prenez l’habitude de consulter le tableau de bord des statuts : c’est votre nouveau radar de trésorerie.
- Testez un avoir. Avant l’échéance, entraînez-vous à émettre un avoir puis une facture corrigée : le jour où un vrai refus surviendra, vous serez à l’aise.
- Parlez « format » avec le Cabinet Verne. Un profil BASIC ou EN 16931 bien paramétré facilite l’intégration comptable ; votre expert-comptable peut valider ce réglage.
- Passerelle : revoyez « La réforme en clair » pour le calendrier et « Choisir sa plateforme » pour l’outil qui produira vos Factur-X. Les trois leçons forment un tout cohérent.
🔑 L’essentiel à retenir
- La facture électronique ajoute, à l’image (PDF), une couche de données lisibles par la machine.
- Trois formats au socle : Factur-X (hybride PDF + données), UBL et CII (données pures).
- Factur-X est le favori des TPE : un PDF lisible contenant un fichier de données caché.
- Tous reposent sur la norme européenne EN 16931 : tout le monde parle le même langage.
- Quatre nouvelles mentions : SIREN client, adresse de livraison si différente, nature de l’opération, option TVA d’après les débits.
- Les profils (MINIMUM → EXTENDED) règlent le niveau de détail ; BASIC ou EN 16931 suffit à une TPE.
- La facture vit via des statuts (déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée).
- « Encaissée » alimente l’e-reporting de paiement et clarifie votre trésorerie.
- On corrige une facture par un avoir puis une nouvelle facture, jamais à la main.
- La plupart des rejets viennent d’une fiche client incomplète : soignez vos données en amont.
📖 Glossaire
| Terme | Définition |
|---|---|
| Facture image | PDF ou papier lisible par l’humain mais non exploitable automatiquement par une machine. |
| Facture structurée | Facture dont les informations sont codées en données lisibles par un logiciel. |
| Factur-X | Format hybride franco-allemand : un PDF lisible contenant un fichier de données (XML). |
| UBL | Universal Business Language : format de facture en données pures (XML). |
| CII | Cross Industry Invoice : format de données pur (XML) ; standard embarqué par Factur-X. |
| XML | Langage d’étiquetage qui structure les données pour qu’une machine les lise. |
| PDF/A-3 | Variante de PDF conçue pour l’archivage, capable d’embarquer un fichier joint (les données). |
| EN 16931 | Norme européenne définissant le sens des données d’une facture électronique. |
| Profil | Niveau de détail des données Factur-X (MINIMUM, BASIC WL, BASIC, EN 16931, EXTENDED). |
| Statut | Étape du cycle de vie de la facture (déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée…). |
| Avoir | Facture rectificative qui annule ou corrige une facture précédente. |
| Nature de l’opération | Qualification de la vente : livraison de biens, prestation de services, ou mixte. |
| TVA d’après les débits | Option d’exigibilité de la TVA à la facturation ; à mentionner si elle a été choisie. |
❓ Questions fréquentes
Vais-je devoir créer du XML moi-même ?
Non. Votre logiciel génère automatiquement la couche de données à partir des champs que vous remplissez déjà (client, lignes, montants). Votre travail se limite à bien saisir.
Une Factur-X reste-t-elle lisible par mon client comme un PDF ?
Oui : la couche visible est un PDF tout à fait normal. La couche de données, elle, est invisible pour l’œil mais lue par les logiciels et les plateformes.
Quel profil Factur-X choisir ?
Pour une TPE artisanale, un profil BASIC (en-tête + lignes) ou EN 16931 convient parfaitement. EXTENDED est réservé aux cas complexes. Votre logiciel propose généralement le bon profil par défaut.
Que faire si une facture est refusée ?
Émettre un avoir puis une nouvelle facture corrigée, dans le circuit structuré. Ne modifiez jamais l’originale « à la main » et n’envoyez pas de PDF en doublon par courriel.
Les nouvelles mentions sont-elles compliquées à ajouter ?
Non : renseignées une fois dans la fiche client et lors du devis (SIREN, adresse de livraison, nature d’opération), elles se reportent automatiquement sur la facture.
À quoi servent vraiment les statuts ?
À suivre la vie de la facture sans relancer à l’aveugle : vous savez si elle est déposée, reçue, approuvée, refusée ou encaissée. Le statut « encaissée » alimente aussi l’e-reporting de paiement.
Comment éviter la plupart des rejets ?
En soignant vos données en amont : fiche client complète (SIREN, adresses), numérotation automatique, montants laissés au calcul du logiciel, nature d’opération renseignée.
Dois-je conserver mes anciennes factures autrement ?
Vos factures électroniques sont archivées à valeur probante par votre plateforme selon les obligations en vigueur. Gardez tout de même une sauvegarde de vos exports, par prudence.
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