Sauvegardes : votre filet de sécurité
Automatiser, externaliser, tester.
🎯 Ce que vous saurez faire à la fin de cette leçon
- Comprendre ce qu’une sauvegarde protège vraiment : les fichiers et la base de données.
- Distinguer les types de sauvegarde (complète, partielle, manuelle, automatique) et savoir laquelle choisir.
- Appliquer la règle 3-2-1, le standard des professionnels de la donnée.
- Installer et configurer une extension de sauvegarde et l’envoyer vers un stockage distant.
- Régler la bonne fréquence selon l’activité de votre site.
- Restaurer un site, tester sa restauration et réaliser une migration sans perte.
⏱ 50 à 70 min de lecture active · Niveau débutant à intermédiaire · Prérequis : accéder à votre tableau de bord WordPress et avoir suivi la leçon 365 (les mises à jour).
1. Pourquoi une sauvegarde est votre filet de sécurité
Imaginez un funambule qui traverse le vide sur son fil. Tant que tout va bien, le filet tendu sous lui ne sert à rien — on l’oublierait presque. Mais le jour où il glisse, ce filet fait toute la différence entre une frayeur et une chute mortelle. Une sauvegarde, c’est exactement cela pour votre site : un dispositif invisible tant que rien ne va mal, et absolument vital le jour de l’accident.
Or les accidents, sur le web, sont nombreux et variés. Une mise à jour qui tourne mal (nous l’avons vu à la leçon précédente), un piratage, une fausse manipulation qui efface une page, une extension qui corrompt la base de données, une panne chez l’hébergeur, un règlement impayé qui suspend le compte… La question n’est pas si un incident surviendra, mais quand. Et ce jour-là, une seule chose compte : avez-vous une copie récente, complète et restaurable de votre site ?
Beaucoup de gérants croient, à tort, que leur hébergeur sauvegarde tout pour eux. Certains le font, mais souvent avec des limites : sauvegardes conservées quelques jours seulement, restauration payante, ou copie du serveur entier impossible à récupérer page par page. Se reposer uniquement sur l’hébergeur est un pari risqué. La sauvegarde dont vous maîtrisez le contenu, la fréquence et l’emplacement est la seule sur laquelle vous pouvez compter à 100 %.
Notre fil rouge. Nous poursuivons avec l’Institut Rosalie, à Murol. Sa gérante, Rosalie Andant, a passé des semaines à rédiger ses pages de soins, à trier ses photos et à récolter des avis clients. Tout ce travail vit dans son site WordPress. Le perdre, ce serait des semaines d’efforts envolées — et un institut sans vitrine en pleine saison. Cette leçon lui garantit de ne jamais revivre ce cauchemar.
2. Ce qu’une sauvegarde doit contenir
Pour bien sauvegarder, il faut d’abord savoir ce que l’on sauvegarde. Un site WordPress se compose de deux moitiés bien distinctes, aussi indispensables l’une que l’autre. Sauvegarder l’une sans l’autre, c’est comme photocopier un livre en oubliant une page sur deux.
Les fichiers
Ce sont tous les éléments « posés » sur l’hébergement : le cœur de WordPress, votre thème, vos extensions, et surtout le dossier des médias (toutes vos photos, images et documents téléversés). Pour l’Institut Rosalie, ce sont les clichés des cabines de soin, le logo, les photos de la galerie. Ces fichiers pèsent souvent le plus lourd dans une sauvegarde.
La base de données
C’est le cerveau du site : une immense armoire à tiroirs qui range le texte de vos pages et articles, les réglages, les comptes utilisateurs, les commentaires, les avis, la configuration de vos extensions. Elle ne contient pas d’images, seulement du texte et des liens vers les fichiers. Sans elle, vos photos flotteraient sans légende ni page pour les accueillir.
Une sauvegarde digne de ce nom réunit impérativement les deux : les fichiers ET la base. C’est ce que l’on appelle une sauvegarde complète. Le schéma ci-dessous montre cette double nature : deux moitiés qui, réunies, reconstituent votre site à l’identique.
⚠️ L’erreur classique : sauvegarder à moitié
Certaines « sauvegardes » ne copient que les fichiers, ou que la base. Le jour de la restauration, on se retrouve avec des photos sans pages, ou des pages sans photos : le site est irrécupérable en l’état. Vérifiez toujours que votre sauvegarde est complète — fichiers ET base de données réunis.
3. Les types de sauvegarde
Toutes les sauvegardes ne se valent pas. Selon la méthode, elles diffèrent par leur poids, leur rapidité et leur commodité. En connaître les grandes familles aide à choisir la bonne configuration.
| Type | Principe | Avantage | À savoir |
|---|---|---|---|
| Complète | Copie l’intégralité : fichiers + base. | La plus sûre ; restauration simple. | Plus lourde ; idéale en base de départ. |
| Incrémentale | Ne copie que ce qui a changé depuis la dernière fois. | Rapide, légère, économe. | S’appuie sur une complète de référence. |
| Manuelle | Déclenchée par vous, en un clic. | Parfaite avant une opération risquée. | Dépend de votre vigilance. |
| Automatique (planifiée) | Se déclenche seule, à intervalle régulier. | On n’oublie jamais. | À vérifier de temps en temps. |
| Côté hébergeur | Réalisée par l’hébergeur, sur son serveur. | Aucun réglage à faire. | Rétention limitée ; restauration parfois payante. |
La stratégie gagnante pour un site vitrine combine deux réflexes : une sauvegarde automatique planifiée qui tourne sans y penser, et une sauvegarde manuelle avant chaque opération sensible (mise à jour majeure, changement de thème). Ceinture et bretelles.
4. La règle 3-2-1, standard des pros
Les professionnels de la donnée résument la bonne pratique par un chiffre facile à retenir : 3-2-1. Trois nombres, trois exigences, qui garantissent qu’aucun incident isolé ne peut tout emporter.
- 3 copies de vos données : l’originale (le site en ligne) et au moins deux sauvegardes.
- 2 supports différents : par exemple le serveur de l’hébergeur et un espace de stockage en ligne (le « nuage »).
- 1 copie hors site : au moins une sauvegarde dans un lieu physiquement distinct du serveur du site.
Pourquoi « hors site » ? Parce qu’une sauvegarde rangée sur le même serveur que le site disparaît avec lui en cas de panne matérielle, d’incendie du centre de données ou de piratage du compte. Une copie sur un espace distant (Google Drive, Dropbox…) survit à tous ces scénarios. Le schéma ci-dessous illustre cette règle : trois copies, deux supports, une à l’abri, ailleurs.
5. Installer et configurer une extension de sauvegarde
La façon la plus simple et la plus fiable de sauvegarder un site WordPress est d’installer une extension dédiée. La plus répandue s’appelle UpdraftPlus : gratuite dans sa version de base, elle sauvegarde fichiers et base, planifie les copies et les envoie automatiquement vers un stockage distant. D’autres existent (BackWPup, Duplicator…), mais le principe reste identique. Prenons UpdraftPlus comme fil conducteur.
Installer l’extension
- Dans le menu, allez dans Extensions ▸ Ajouter une extension.
- Recherchez UpdraftPlus dans la barre de recherche.
- Cliquez sur Installer, puis sur Activer.
- Un nouveau menu apparaît dans Réglages ▸ Sauvegardes UpdraftPlus.
Configurer la première sauvegarde
- Ouvrez l’onglet Réglages de l’extension.
- Choisissez une fréquence pour les fichiers et pour la base (nous y venons à la section 6).
- Choisissez un stockage distant (Google Drive, Dropbox…) et autorisez la connexion.
- Enregistrez, puis cliquez sur Sauvegarder maintenant pour lancer votre première copie complète.
- Attendez la barre de progression : quand elle atteint 100 %, la sauvegarde apparaît dans la liste, datée.
La maquette ci-dessous reproduit l’écran d’UpdraftPlus : le gros bouton bleu de sauvegarde immédiate, la case du stockage distant et la liste des sauvegardes existantes, chacune avec son bouton « Restaurer ».
6. La bonne fréquence de sauvegarde
À quelle cadence sauvegarder ? La réponse dépend d’une seule question : combien de contenu suis-je prêt à perdre ? Si votre site change tous les jours, une sauvegarde hebdomadaire vous ferait perdre jusqu’à six jours de travail. S’il ne bouge presque jamais, une copie mensuelle peut suffire. On calque donc la fréquence sur le rythme des changements.
| Type de site | Rythme de changement | Fréquence conseillée |
|---|---|---|
| Vitrine stable (institut, artisan) | Quelques changements par mois | Hebdomadaire (+ manuelle avant mise à jour) |
| Vitrine avec blog actif | Plusieurs articles par semaine | Base : tous les 2 jours ; fichiers : hebdo |
| Boutique en ligne | Commandes quotidiennes | Quotidienne, voire pluriquotidienne |
| Site très peu mis à jour | Quasi figé | Mensuelle (+ avant chaque intervention) |
Astuce des professionnels : on sauvegarde souvent la base de données plus fréquemment que les fichiers, car c’est elle qui contient les nouveautés (nouveaux textes, avis, commandes), tandis que les fichiers (thème, extensions) changent rarement. Pour l’Institut Rosalie, le réglage retenu est simple et robuste : base et fichiers une fois par semaine, plus une sauvegarde manuelle systématique avant chaque séance de mises à jour.
💡 La rétention : combien de copies garder ?
Ne conservez pas qu’une seule sauvegarde : si la dernière copie est déjà corrompue ou piratée, vous seriez démuni. Gardez plusieurs versions (par exemple les 4 dernières), afin de pouvoir remonter à un état sain plus ancien. UpdraftPlus permet de fixer ce nombre dans ses réglages.
7. Le stockage distant : le nuage, pas le serveur
Nous l’avons posé avec la règle 3-2-1 : une bonne sauvegarde part ailleurs que sur le serveur du site. C’est le rôle du stockage distant. Une extension comme UpdraftPlus se connecte à un espace en ligne et y dépose automatiquement chaque copie. Voici les options les plus courantes pour une TPE.
| Destination | Pour qui | Avantages | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Google Drive | La plupart des TPE | Gratuit (15 Go), simple, connu. | Surveiller l’espace disponible. |
| Dropbox | Déjà utilisateurs Dropbox | Fiable, intégration facile. | Espace gratuit plus limité. |
| OneDrive | Utilisateurs Microsoft 365 | Intégré à l’écosystème Office. | Selon la formule souscrite. |
| Espace serveur distant (S3…) | Sites plus techniques | Robuste, extensible. | Configuration plus avancée. |
| Votre ordinateur | En complément | Copie sous la main, hors ligne. | À télécharger manuellement ; ne pas s’y limiter. |
Pour Rosalie, le choix est vite fait : elle utilise déjà Google pour ses courriels professionnels. Elle connecte donc UpdraftPlus à son Google Drive : chaque sauvegarde y atterrit automatiquement, hors du serveur, prête à la sauver le jour venu.
8. Restaurer un site, pas à pas
Une sauvegarde ne vaut que par la restauration qu’elle permet. Sauvegarder sans jamais savoir restaurer, c’est comme acheter un extincteur sans savoir l’utiliser. Bonne nouvelle : avec une extension comme UpdraftPlus, restaurer se fait en quelques clics, directement depuis l’administration.
La procédure
- Rendez-vous dans Réglages ▸ Sauvegardes UpdraftPlus, onglet Sauvegardes existantes.
- Repérez la copie datée à laquelle vous voulez revenir (par exemple, celle d’avant l’incident).
- Cliquez sur Restaurer en face de cette sauvegarde.
- Cochez les composants à restaurer : la base de données, les extensions, le thème, les médias, les autres fichiers. En cas de doute, tout cocher rétablit le site complet.
- Confirmez. L’extension télécharge la copie depuis le stockage distant, la décompresse et remet chaque élément en place.
- À la fin, un message confirme la réussite. Cliquez sur Revenir à la configuration et vérifiez le site.
Le schéma ci-dessous déroule ce trajet : de la sauvegarde stockée dans le nuage jusqu’au site remis à l’identique, en passant par le choix de la date et des composants.
⚠️ En cas de site totalement inaccessible
Si l’administration elle-même ne répond plus, on ne peut pas restaurer depuis l’intérieur. Il faut alors réinstaller un WordPress vierge, y réinstaller l’extension de sauvegarde, puis lui pointer la sauvegarde stockée dans le nuage : elle reconstruit le site à partir de la copie. C’est précisément pour ce scénario que la copie hors site est irremplaçable.
9. Tester sa restauration et migrer un site
Le test qui prouve tout
Voici la vérité que trop de gens découvrent trop tard : une sauvegarde jamais testée n’est pas une sauvegarde, c’est une supposition. Un fichier corrompu, un envoi incomplet vers le nuage, un réglage oublié… et le jour de l’incident, la copie refuse de se restaurer. La seule façon d’en avoir le cœur net est de tester la restauration au moins une fois, à froid, quand tout va bien.
La méthode propre consiste à restaurer votre sauvegarde sur un site de test (la préproduction vue à la leçon 365), et à vérifier que le site s’y reconstruit intégralement : pages, photos, réglages, formulaire. Si le test réussit, vous savez que votre filet est solide. Rosalie fait ce test une fois par trimestre : une petite heure qui vaut toutes les assurances.
🛟 Astuce — la vérification minute
Sans même tout restaurer, prenez l’habitude de vérifier chaque semaine que la dernière sauvegarde existe bien dans le nuage, qu’elle est datée d’hier ou d’avant-hier et qu’elle contient base + fichiers. Ce simple coup d’œil élimine 90 % des mauvaises surprises.
Migrer un site : déménager sans rien casser
La sauvegarde sert aussi à déménager un site : changer d’hébergeur, passer d’une adresse de test à l’adresse définitive, ou cloner un site pour en créer un nouveau. C’est ce qu’on appelle une migration. Le principe reprend celui de la restauration : on prend une copie complète d’un côté, on la déballe de l’autre.
- Sauvegarder complètement le site d’origine (fichiers + base).
- Installer un WordPress vierge et l’extension de sauvegarde sur la nouvelle destination.
- Importer la sauvegarde et lancer la restauration.
- Ajuster l’adresse du site si elle change, puis vérifier chaque page.
Des extensions spécialisées (comme Duplicator, ou la fonction de migration d’UpdraftPlus) automatisent même le remplacement de l’ancienne adresse par la nouvelle. Le schéma ci-dessous illustre ce déménagement d’un hébergeur à un autre, la sauvegarde servant de véhicule.
🧭 Erreurs fréquentes et dépannage
Autour des sauvegardes, quelques pièges reviennent souvent. Ce tableau relie chaque symptôme à sa cause et à la bonne réaction.
| Symptôme | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| La sauvegarde s’arrête à mi-chemin | Site volumineux, limite de temps du serveur. | Sauvegarder base et fichiers séparément ; augmenter la limite avec l’hébergeur. |
| « Espace insuffisant » sur le nuage | Le stockage distant est plein. | Faire le ménage ; limiter le nombre de copies conservées (rétention). |
| La connexion à Google Drive a « sauté » | Autorisation expirée. | Reconnecter le compte dans les réglages de l’extension. |
| La restauration échoue | Fichier incomplet ou incompatible. | Utiliser une copie antérieure ; vérifier que base ET fichiers sont présents. |
| Après restauration, les images manquent | Le dossier des médias n’a pas été restauré. | Relancer en cochant bien « Médias » et « Autres fichiers ». |
| Aucune sauvegarde récente disponible | Planification inactive ou en échec silencieux. | Vérifier la programmation ; contrôler chaque semaine la date de la dernière copie. |
| Le site est très lent pendant la sauvegarde | Copie lancée en pleine journée. | Planifier les sauvegardes la nuit, aux heures creuses. |
📋 Cas pratique 1 — La page effacée par erreur
La situation. En modifiant sa page « Tarifs », Rosalie supprime par mégarde tout le contenu et enregistre. En quelques secondes, des heures de mise en forme disparaissent. Pire : elle s’en aperçoit le lendemain, trop tard pour un simple « annuler ». Heureusement, sa sauvegarde hebdomadaire a tourné l’avant-veille.
La résolution.
- Garder son calme. La page est perdue, mais pas les données : la sauvegarde d’avant-hier contient la bonne version.
- Restaurer la base uniquement. Comme seul du texte a été perdu (et aucune photo), Rosalie restaure seulement la base de données depuis la sauvegarde de l’avant-veille. Les fichiers et médias, intacts, ne sont pas touchés.
- Vérifier. La page « Tarifs » réapparaît, complète. Elle contrôle qu’aucune autre modification récente n’a été perdue (rien d’important entre-temps).
- Documenter. Elle note l’incident et se félicite d’avoir une sauvegarde récente : sans elle, il aurait fallu tout retaper.
La leçon. On peut restaurer une partie seulement d’un site (ici, la base). Savoir ce qu’on a perdu — du texte, une photo, un réglage — permet de restaurer juste ce qu’il faut, sans écraser le reste.
📋 Cas pratique 2 — Le site en panne totale
La situation. Un matin, le site de l’Institut Rosalie affiche un message d’erreur sur toutes les pages. Une extension mal mise à jour a corrompu la base de données ; l’administration elle-même est inaccessible. Sans sauvegarde, il faudrait tout reconstruire. Avec sa copie hebdomadaire hors site, Rosalie va s’en sortir en moins d’une heure.
La résolution.
- Constater l’étendue. Le site public et l’administration sont inaccessibles : il faut une restauration complète, pas partielle.
- Repartir d’une base propre. Rosalie (aidée de son prestataire) réinstalle un WordPress vierge chez l’hébergeur, puis y installe l’extension de sauvegarde.
- Pointer la sauvegarde du nuage. Elle connecte l’extension à son Google Drive, qui contient la copie complète de la semaine passée.
- Restaurer intégralement. Base, extensions, thème, médias : tout est coché. L’extension reconstruit le site à l’identique de l’avant-veille.
- Vérifier et sécuriser. Le site revient. Elle contrôle chaque page, met à jour proprement l’extension fautive (cette fois sur le site de test d’abord), et note l’incident.
Le contraste avant/après dit tout : d’un site totalement à terre à un site pleinement rétabli, la sauvegarde hors site a fait la différence entre une catastrophe et un simple mauvais souvenir.
💡 Combien de temps pour restaurer ?
Pour un site vitrine de taille modeste, une restauration complète prend généralement de quelques minutes à une heure, selon le poids des médias et la vitesse du serveur. Comparé aux semaines nécessaires pour tout refaire à la main, c’est le meilleur retour sur investissement de toute la maintenance d’un site.
🧭 Que restaurer selon l’incident
Restaurer, ce n’est pas toujours « tout remettre ». Selon la nature du problème, on ne rétablit souvent qu’une partie du site, pour ne pas écraser ce qui va bien. Ce tableau de décision vous guide vers le bon geste.
| L’incident | Ce qu’il faut restaurer | Ce qu’on laisse intact |
|---|---|---|
| Une page ou un texte effacé | La base de données seule | Les fichiers et les photos |
| Une photo ou un média disparu | Le dossier des médias | La base et le reste des fichiers |
| Une mise à jour d’extension ratée | L’extension concernée (ou retour arrière) | Base, thème, médias |
| Un thème cassé après mise à jour | Le thème (fichiers) | La base de données |
| Base corrompue, site à terre | Restauration complète | Rien : on repart de la copie saine |
| Piratage du site entier | Complète, depuis une copie antérieure à l’attaque | Puis on change tous les mots de passe |
🛟 Le bon réflexe : identifier avant de restaurer
Avant de cliquer, posez-vous la question : « qu’est-ce que j’ai perdu, et depuis quand ? » Un texte ? La base. Une photo ? Les médias. Tout ? La restauration complète. Ce diagnostic de dix secondes évite d’écraser par erreur des contenus récents qui, eux, allaient très bien.
📋 Cas pratique 3 — Migrer vers un hébergeur plus rapide
La situation. Le site de l’Institut Rosalie est devenu lent : les pages mettent plusieurs secondes à s’afficher, et Rosalie craint que ses clientes ne s’impatientent. Elle décide de déménager vers un hébergeur plus performant. Objectif : tout transférer sans rien perdre et sans coupure visible pour les visiteurs.
La résolution, étape par étape.
- Sauvegarde complète. Elle lance une sauvegarde fichiers + base et vérifie qu’elle est bien présente dans le nuage. C’est le véhicule du déménagement.
- Préparer la destination. Sur le nouvel hébergeur, un WordPress vierge est installé, puis l’extension de sauvegarde.
- Importer et restaurer. Elle importe la sauvegarde et lance la restauration complète : pages, photos, réglages, extensions, tout se reconstruit à l’identique.
- Tester avant de basculer. Le site est vérifié sur une adresse provisoire : chaque page, le formulaire de rendez-vous, la galerie. Tout fonctionne.
- Basculer l’adresse. Une fois sûr, on pointe le nom de domaine vers le nouvel hébergeur. En quelques heures, les visiteurs arrivent sur le site rapide, sans même s’en apercevoir.
Le baromètre ci-dessous illustre le gain : d’un temps de chargement pénalisant à une page qui s’affiche presque instantanément, la migration a redonné du souffle au site — et la sauvegarde en a été le moyen sûr.
🏋️ Exercices
Vérifiez vos réflexes de sauvegarde. Réfléchissez, puis dépliez le corrigé.
Exercice 1 — Complète ou pas ? Une amie vous dit : « Je sauvegarde ma base de données chaque semaine, c’est bon. » Que lui répondez-vous ?
✅ Voir le corrigé
Sa sauvegarde est incomplète : elle copie le texte et les réglages, mais pas les fichiers (thème, extensions, photos). En cas de gros incident, elle retrouverait des pages sans images ni thème. Il faut sauvegarder fichiers ET base — une sauvegarde complète.
Exercice 2 — La règle 3-2-1. Vos deux sauvegardes sont rangées sur le serveur de votre site. Respectez-vous la règle 3-2-1 ? Que manque-t-il ?
✅ Voir le corrigé
Non. Il manque le « 1 » : une copie hors site. Si le serveur tombe ou est piraté, les deux sauvegardes disparaissent avec lui. Il faut envoyer au moins une copie vers un stockage distant (Google Drive, Dropbox…).
Exercice 3 — La bonne fréquence. Un site vitrine d’artisan, mis à jour une ou deux fois par mois, sans blog. Quelle fréquence de sauvegarde recommandez-vous ?
✅ Voir le corrigé
Une sauvegarde hebdomadaire automatique suffit largement, complétée d’une sauvegarde manuelle avant chaque intervention (mise à jour, changement de page importante). Inutile de sauvegarder tous les jours un site qui ne bouge presque pas.
Exercice 4 — Restauration partielle. Vous avez supprimé par erreur une seule page (que du texte, aucune photo). Faut-il tout restaurer ?
✅ Voir le corrigé
Non : il suffit de restaurer la base de données depuis une copie antérieure à la suppression. Les fichiers et médias, intacts, ne sont pas touchés. Restaurer juste ce qu’il faut évite d’écraser d’autres modifications récentes.
Exercice 5 — La sauvegarde qui ne marche pas. Le jour où vous en avez besoin, la restauration échoue : le fichier est corrompu. Quelle habitude aurait évité ce drame ?
✅ Voir le corrigé
Tester la restauration régulièrement (sur un site de test) et garder plusieurs versions de sauvegarde. Une copie jamais testée est une supposition ; plusieurs versions permettent de remonter à une copie saine si la dernière est défectueuse.
Exercice 6 — Changer d’hébergeur. Rosalie veut migrer son site vers un hébergeur plus rapide, sans rien perdre. Décrivez les grandes étapes.
✅ Voir le corrigé
1) Sauvegarde complète du site actuel ; 2) WordPress vierge + extension de sauvegarde sur le nouvel hébergeur ; 3) importer la sauvegarde et restaurer ; 4) ajuster l’adresse si besoin et vérifier chaque page. La sauvegarde sert de véhicule de migration.
🚀 Aller plus loin
Quelques habitudes de professionnel transforment une sauvegarde correcte en filet vraiment infaillible.
- La sauvegarde avant chaque geste risqué. Un clic manuel avant toute mise à jour majeure ou changement de thème : c’est votre bouton « retour en arrière » garanti.
- Plusieurs versions conservées. Gardez au moins les 4 dernières sauvegardes, pour pouvoir remonter à un état sain plus ancien si nécessaire.
- Le test trimestriel de restauration. Une fois par trimestre, restaurez sur un site de test : c’est la seule preuve que votre filet fonctionne.
- Une alerte par courriel. Configurez l’extension pour recevoir un rapport après chaque sauvegarde : vous saurez tout de suite si l’une échoue.
Le mémo ci-dessous résume la routine de sauvegarde de l’Institut Rosalie, à garder sous les yeux comme une check-list.
🧩 Adapter à votre activité
- Institut, coiffure, bien-être. Contenu assez stable : une sauvegarde hebdomadaire hors site couvre l’essentiel ; pensez au manuel avant chaque mise à jour.
- Restaurant. Si la carte et les photos changent souvent, passez la base en sauvegarde tous les deux jours.
- Boutique en ligne. Les commandes sont précieuses : sauvegarde quotidienne minimum, idéalement automatique et hors site.
- Association, profession libérale. Adaptez à votre rythme de publication ; l’important reste la copie hors site et le test régulier.
🔑 L’essentiel à retenir
- Une sauvegarde est votre filet de sécurité : invisible tant que tout va bien, vital le jour de l’accident.
- Une sauvegarde complète réunit les fichiers et la base de données. Jamais l’un sans l’autre.
- Appliquez la règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports, 1 hors site.
- Une extension (type UpdraftPlus) automatise sauvegarde, planification et envoi vers le nuage.
- Réglez la fréquence sur le rythme des changements ; sauvegardez la base plus souvent que les fichiers.
- Le stockage distant (hors serveur) est la copie la plus précieuse.
- Savoir restaurer vaut autant que savoir sauvegarder — et l’on peut restaurer partiellement.
- Une sauvegarde jamais testée n’est qu’une supposition : testez la restauration régulièrement.
- La même sauvegarde sait migrer un site d’un hébergeur à l’autre.
- Ne comptez pas uniquement sur votre hébergeur : gardez la main sur vos copies.
📖 Glossaire
| Terme | Définition |
|---|---|
| Sauvegarde | Copie de votre site permettant de le rétablir après un incident. |
| Fichiers | Cœur, thème, extensions et médias (photos) posés sur l’hébergement. |
| Base de données | L’armoire qui range textes, réglages, comptes et avis du site. |
| Sauvegarde complète | Copie réunissant les fichiers ET la base de données. |
| Sauvegarde incrémentale | Copie qui n’enregistre que ce qui a changé depuis la dernière fois. |
| Règle 3-2-1 | 3 copies, 2 supports différents, 1 copie hors site. |
| Stockage distant | Espace en ligne (Drive, Dropbox…) recevant les copies, hors du serveur. |
| Rétention | Nombre de versions de sauvegarde conservées. |
| Restauration | Remise en place du site à partir d’une sauvegarde. |
| Migration | Déménagement d’un site vers un autre hébergeur ou une autre adresse. |
| UpdraftPlus | Extension de sauvegarde très répandue, gratuite dans sa version de base. |
| Préproduction (staging) | Copie de test du site, idéale pour essayer une restauration. |
| Hors site | Se dit d’une copie rangée ailleurs que sur le serveur du site. |
❓ Questions fréquentes
Mon hébergeur sauvegarde déjà. Dois-je vraiment le faire aussi ?
Oui. Les sauvegardes de l’hébergeur ont souvent une rétention courte, une restauration payante ou peu souple. Votre propre sauvegarde, dont vous maîtrisez le contenu et l’emplacement, reste la seule garantie totale. Les deux se complètent.
Une sauvegarde ralentit-elle mon site ?
Pendant l’opération, le serveur travaille un peu plus. C’est pourquoi on planifie les sauvegardes la nuit, aux heures creuses. Le reste du temps, elles n’ont aucun effet sur la vitesse du site.
Combien de sauvegardes dois-je garder ?
Au moins trois à quatre versions. Ainsi, si la plus récente est corrompue ou déjà touchée par un problème, vous pouvez remonter à une copie plus ancienne et saine.
La sauvegarde protège-t-elle du piratage ?
Elle ne l’empêche pas, mais elle permet d’en guérir : après un piratage, on restaure une copie saine antérieure à l’attaque. La prévention, elle, fait l’objet de la leçon 367 (sécuriser l’accès).
Où sont stockées mes sauvegardes avec UpdraftPlus ?
Là où vous l’indiquez : sur le serveur, et surtout sur le stockage distant que vous connectez (Google Drive, Dropbox…). Pour respecter la règle 3-2-1, veillez à ce qu’au moins une copie parte hors site.
Puis-je télécharger une sauvegarde sur mon ordinateur ?
Oui, en complément : chaque copie peut être téléchargée en un fichier. C’est une sécurité supplémentaire, mais elle ne remplace pas la copie automatique hors site, car on oublie vite de la faire à la main.
Restaurer efface-t-il mes contenus récents ?
Une restauration ramène le site à l’état de la sauvegarde choisie : tout ce qui a été ajouté après cette date sera perdu. D’où l’importance de sauvegardes fréquentes et de bien choisir la date de restauration.
Num Compagny accompagne les dirigeants et les équipes des TPE-PME dans la sécurisation et l’entretien de leur site WordPress, au sein de son Académie et lors de formations sur mesure. Retrouvez la suite de ce parcours sur numcompagny.com.

