08. Comment on vous cherche en 2026 : moteurs, cartes et réponses des IA
Avant de remplir une fiche ou d’écrire un site, il faut savoir par où vos clients arrivent. Ce chapitre ouvre la partie consacrée à « être trouvé » : il décrit les quatre portes d’entrée d’une recherche en 2026, reprend les mots de Google sur son classement local, et vous fait mesurer votre point de départ en cinq recherches.
Avant de remplir une fiche ou d’écrire un site, il faut savoir par où vos clients arrivent. Ce chapitre ouvre la partie consacrée à « être trouvé » : il décrit les quatre portes d’entrée d’une recherche en 2026, reprend les mots de Google sur son classement local, et vous fait mesurer votre point de départ en cinq recherches.
En bref
- Pour qui
- Les deux. D’abord les métiers de proximité en B2C (artisans, commerces, services à domicile), dont le client cherche « près de chez moi » ; mais aussi le B2B, dès qu’un dirigeant tape un métier suivi du nom de sa ville.
- Enjeu
- Savoir où et comment on vous cherche avant de consacrer du temps à corriger quoi que ce soit.
- Idée clé
- Quatre portes d’entrée, une seule matière première : ce qui est écrit sur vous, sur votre fiche, dans vos avis, sur votre site et dans les annuaires.
- Prérequis
- Chapitres 03 (votre zone) et 04 (votre message).
- Lecture
- Environ 12 minutes (+ 40 minutes d’exercice).
8.1 — Quatre portes d’entrée pour une même question
Un particulier dont la chaudière s’arrête, une gérante qui cherche des coffrets cadeaux, un fils qui cherche de l’aide à domicile pour sa mère : tous commencent par écrire, ou par dire, quelques mots. Selon l’endroit où ils les écrivent, ce n’est pas la même partie de votre présence en ligne qui travaille pour vous.
Définitions
Requête — les mots que l’on tape, ou que l’on dicte, dans un moteur, une application de cartes ou un assistant : « plombier Champeix ».
Bloc local — l’encadré que Google affiche pour une recherche locale : une carte et une courte liste d’établissements tirés de leurs fiches.
Résultats naturels — les pages web classées par le moteur, hors annonces payantes (marquées « Sponsorisé »).
Fiche d’établissement — la fiche gratuite qui présente votre entreprise sur Google et sur Maps (chapitres 09 et 10).
La recherche Google est la première porte. Pour une requête locale, la page mêle le bloc local, alimenté par les fiches et leurs avis, et les résultats naturels, alimentés par des pages web : votre site s’il existe, ceux de vos concurrents, et souvent des annuaires.
Google Maps est la deuxième. La liste affichée sur la carte provient des mêmes fiches d’établissement : sans fiche, pas de place sur la carte.
Les réponses générées par l’IA sont la troisième. Google a lancé en France, le 22 juillet 2026, ses Aperçus IA (AI Overviews), un résumé rédigé par l’IA en tête de certaines pages de résultats, et son Mode IA (AI Mode), où l’on dialogue avec le moteur. S’y ajoutent les assistants comme ChatGPT, Copilot, Gemini ou Perplexity, détaillés au chapitre 11.
À savoir
Les Aperçus IA ne sont pas systématiques. Google écrit qu’ils « s’affichent seulement lorsque nos systèmes déterminent qu’une réponse optimisée par l’IA est utile », et précise ailleurs qu’« ils ne s’affichent pas souvent ». Ces fonctions sont récentes en France : vérifiez ce que vous voyez au moment où vous lisez.
Les autres moteurs et cartes forment la quatrième porte. Bing Places for Business est une plateforme gratuite pour gérer sa fiche dans les résultats de Bing et sur Bing Maps. Apple Business, service gratuit qui porte ce nom depuis le 14 avril 2026, gère les fiches de lieu de l’application Plans, en France aussi. Bing compte pour deux raisons : c’est un moteur à part entière, et Microsoft documente que Copilot, dans sa version entreprise, envoie ses recherches web à Bing. Quant à ChatGPT, OpenAI indique seulement s’appuyer en partie sur des fournisseurs de recherche tiers, parmi lesquels figure Microsoft, sans préciser leur rôle.
Le schéma se lit dans les deux sens. Un même élément nourrit plusieurs portes : une fiche complète travaille dans la recherche Google, sur Maps et pour l’IA de Google, dont la documentation recommande de tenir la fiche à jour. Et quand une porte reste fermée, c’est du côté de ce qui la nourrit qu’il faut chercher.
8.2 — Pertinence, distance, notoriété : ce que Google dit de son classement local
Google ne publie pas le poids de ses critères, mais il les nomme : « Les résultats de recherche à proximité sont principalement basés sur la pertinence, la distance et la popularité. Ensemble, ces facteurs aident Google à trouver la meilleure correspondance pour les recherches des clients. » Le paragraphe qui détaille le troisième critère s’intitule, lui, « Proéminence », traduction de l’anglais prominence : c’est ce que ce cours appelle la notoriété.
| Critère | Ce qu’en dit Google | Ce qui dépend de vous |
|---|---|---|
| Pertinence | Elle « définit dans quelle mesure une fiche d’établissement correspond à la requête saisie par l’utilisateur ». | Catégorie, description, services, mots de vos clients (chapitres 04 et 09). |
| Distance | Elle « correspond à l’éloignement entre chaque établissement et le client qui effectue la recherche ». | Presque rien : vous choisissez où vous battre (chapitre 03). |
| Notoriété (proéminence) | Elle « indique si votre établissement est connu du grand public », notamment d’après « le nombre de sites Web qui renvoient vers votre établissement et le nombre d’avis que vous avez reçus ». | Les avis (chapitre 10), les annuaires et les sites qui parlent de vous (chapitres 12 et 13). |
Trois leviers de nature différente : le premier dépend de ce que vous écrivez, le deuxième ne se corrige pas, le troisième se construit dans la durée. Google ajoute que des informations inexactes peuvent empêcher la fiche de s’afficher, et recommande de la faire valider, de la tenir à jour, de répondre aux avis et d’ajouter des photos : ce sont les chantiers des chapitres 09 et 10.
La pertinence s’écrit, la distance se subit, la notoriété se construit.
Piège classique
Croire qu’une meilleure place s’achète. Google l’écrit sans détour : « Il n’existe aucun moyen d’obtenir une meilleure place au classement local Google sur demande ou contre rémunération. » Les annonces marquées « Sponsorisé » sont un autre produit (partie VII). Si l’on vous promet « la première place sur Google Maps », demandez par écrit ce qui sera fait, action par action, avant de payer.
8.3 — Deux illusions : la grande zone et la recherche vague
Première illusion : déclarer une grande zone pour sortir partout. Une entreprise qui se déplace chez ses clients indique sur sa fiche une zone desservie, la liste des communes où elle intervient : vingt au maximum, Google recommandant de ne pas dépasser deux heures de trajet. Mais la distance reste l’éloignement entre l’établissement et la personne qui cherche : déclarer Clermont-Ferrand quand on travaille depuis Champeix ne vous en rapproche pas d’un kilomètre. Au-delà du premier cercle, une page de site et les annuaires prennent le relais (chapitres 03, 12 et 13).
Seconde illusion : croire que tout le monde cherche avec les mêmes mots. Sur « réparation téléphone » suivi d’une ville, beaucoup d’établissements correspondent à peu près — magasins de téléphonie, boutiques d’informatique, réparateurs —, et la distance comme la notoriété pèsent dans le tri. Sur « réparation écran iPhone » suivi de la même ville, seules les fiches et les pages qui disent cette prestation lui correspondent vraiment. Vérifiez-le sur vos propres requêtes, et écrivez chacune de vos prestations, avec les mots de vos clients, partout où vous le pouvez : fiche, site, réponses aux avis.
8.4 — Ce que vous voyez n’est pas ce que voit votre client
Google adapte les résultats à la personne qui cherche. La distance se calcule depuis sa position et, précise Google, « si un client ne partage pas sa position, Google utilise les informations dont il dispose à ce sujet ». Chercher « plombier » depuis Champeix ou depuis Issoire ne donne donc pas la même liste. Votre propre compte ajoute un biais plus trompeur encore.
Retour de terrain
Nous l’avons constaté en septembre 2026 : quand un artisan est connecté au compte Google qui gère sa fiche, Google lui montre sa fiche, y compris quand elle n’apparaît pas pour les autres sur les mêmes recherches. Dans le cas observé, la validation n’était pas terminée. L’artisan croyait sincèrement « être sur Google ». Le seul test fiable : une fenêtre de navigation privée, ou la même recherche faite par un proche.
Ce biais rejoint le sondage du chapitre 01 : en septembre 2026, aucun des neuf entrepreneurs qui ont répondu ne citait Google ni un site internet à l’origine de ses trois derniers clients. C’est un signal, pas une étude, et il admet deux lectures : ces entreprises ne sont pas trouvables, ou personne n’a demandé à leurs clients comment ils les avaient trouvées (chapitre 05). Dans les deux cas, la mesure commence par une recherche faite comme la ferait un inconnu : en navigation privée — une fenêtre qui ne vous connecte à aucun compte et n’utilise pas votre historique —, avec un lieu explicite : la commune écrite dans la requête, ou la carte centrée sur votre commune.
- Ouvrez une fenêtre de navigation privée, sans vous connecter. Dans Google Maps, centrez la carte sur votre commune et copiez l’adresse de la page : vous rouvrirez la même au relevé suivant.
- Écrivez vos cinq requêtes avec les mots de vos clients : le mot générique de votre activité, votre métier, votre prestation phare, votre métier suivi de votre commune, votre métier suivi d’une commune voisine située à 8-15 km.
- Faites les trois premières dans Google Maps, carte centrée. Notez votre rang et les trois premiers établissements : note, nombre d’avis, catégorie affichée sur leur fiche.
- Faites les deux dernières dans la recherche Google. Notez votre rang dans le bloc local, votre présence dans les résultats naturels (site ou annuaire) et l’Aperçu IA s’il s’affiche, avec ses sources.
- Dépliez la liste complète avant d’écrire « absent ». Le bloc local n’affiche que quelques fiches. Écrivez « je ne me trouve pas sur cette recherche », jamais « je n’existe pas sur Google ».
- Datez la feuille. C’est le point de comparaison du relevé complet du chapitre 14, à refaire un mois plus tard, mêmes requêtes, même centrage.
Ce sont aussi les recherches par lesquelles nous ouvrons nos rendez-vous chez Num Compagny : elles évitent de corriger au hasard.
Exercice 8.1 — Vos cinq recherches de référence 40 min
Objectif : savoir, preuves datées à l’appui, par quelles portes on vous trouve aujourd’hui et lesquelles restent fermées.
- Choisissez vos cinq requêtes et faites-les relire par quelqu’un qui n’est pas du métier : emploierait-il ces mots-là ?
- Faites le relevé du pas-à-pas, une ligne par requête.
- Reportez le résultat sur la figure 8.1 : entourez les portes où vous apparaissez, barrez les autres, et notez près de chaque porte barrée l’élément qui la nourrit et qui vous manque.
- Écrivez en une phrase votre diagnostic de départ.
Résultat attendu : une feuille datée de cinq lignes, le schéma annoté et une phrase de diagnostic, à reprendre aux chapitres 09 à 14.
Sur le fil rouge (entreprise et chiffres fictifs) : Mathieu Fournol, notre plombier-chauffagiste fictif de Champeix, retient « plomberie », « plombier », « entretien chaudière », « plombier Champeix » et « plombier Issoire ». Il préfère l’entretien de chaudières à la pompe à chaleur comme prestation phare, parce que c’est lui qui doit remplir le creux de mai à août. Sa fiche — 14 avis, une note de 4,7, la catégorie « Plombier », ni description ni prestation — se lit avec la section 8.2. Sur « plombier Champeix », catégorie et distance jouent pour lui. Sur « entretien chaudière », rien sur sa fiche ne dit la prestation : s’il n’y apparaît pas, c’est un défaut de pertinence, qui se corrige au chapitre 09. Sur « plombier Issoire », à une dizaine de kilomètres, il affronte des confrères installés sur place ; dans ce premier cercle, une fiche complète peut suffire (chapitre 03), et une page de site l’aiderait. Si le relevé le confirme, son diagnostic tient en une phrase : « Ma fiche dit mon métier, pas ce que je veux vendre cet été, ni les communes où je travaille. »
À retenir
- On vous cherche par quatre portes : la recherche Google (bloc local et résultats naturels), Google Maps, les réponses générées par l’IA, et les autres moteurs et cartes comme Bing et Plans d’Apple.
- Ces portes se nourrissent des mêmes éléments — fiche, avis, site, annuaires — et une porte fermée se diagnostique en regardant ce qui la nourrit.
- Selon Google, ses résultats locaux reposent principalement sur la pertinence, la distance et la popularité (que ce cours appelle notoriété), et aucune meilleure place ne s’achète.
- Une zone desservie large ne vous rapproche pas des clients éloignés ; une recherche précise favorise les entreprises qui ont écrit la prestation.
- Vous ne voyez pas ce que voit votre client : mesurez en navigation privée, avec un lieu explicite (commune écrite ou carte centrée), et refaites les mêmes recherches un mois plus tard.

