LEÇON

17. Instagram pour un commerce ou un artisan

Instagram est une vitrine : il montre vos produits et votre travail à ceux qui vous suivent, entre deux visites. Ce chapitre règle le profil en une demi-heure, dit quoi publier pour des clients proches de chez vous, et pourquoi la messagerie sert à répondre plutôt qu’à démarcher. Instagram appartient à Meta, comme Facebook (chapitres 15 et 16) : les mêmes Standards de la communauté s’y appliquent.

Instagram est une vitrine : il montre vos produits et votre travail à ceux qui vous suivent, entre deux visites. Ce chapitre règle le profil en une demi-heure, dit quoi publier pour des clients proches de chez vous, et pourquoi la messagerie sert à répondre plutôt qu’à démarcher. Instagram appartient à Meta, comme Facebook (chapitres 15 et 16) : les mêmes Standards de la communauté s’y appliquent.

En bref

Pour qui
B2C : commerces de bouche, métiers visuels (fleuriste, ébéniste, coiffeur), artisans qui montrent leurs réalisations. En B2B, c’est une vitrine que le client consulte avant de commander.
Enjeu
Faire parler un compte suivi par des amis ou des vacanciers aux clients de votre zone, et les mener jusqu’à un contact.
Idée clé
Instagram montre ; ce sont les mots, la fiche Google et le site qui font trouver.
Prérequis
Chapitres 04 (phrase de base, mots des clients), 05 (fichier de suivi), 06 (cadre légal) et 16.
Lecture
Environ 12 minutes (+ 40 minutes d’exercice).

17.1 — Ce qu’Instagram fait pour un commerce local, et ce qu’il ne fait pas

On n’arrive pas sur Instagram comme sur Google. Sur Google, on tape un besoin et une commune (chapitre 04) ; sur Instagram, on fait défiler des images et on suit des comptes. Le réseau sert donc moins à être découvert au moment du besoin qu’à rester présent entre deux achats : les nouveautés, les horaires, le visage de celui qui sert. C’est précieux pour un commerce de bourg ou un artisan dont le travail se voit ; pour être trouvé, cela ne suffit pas.

Ce Retour vient du même relevé que celui du chapitre 16.

Retour de terrain

En relevant la présence en ligne d’une artisane, nous avons compté 568 publications et 255 abonnés sur son compte Instagram, 1 016 mentions J’aime et 17 recommandations à 5 sur 5 sur sa page Facebook, et un seul avis sur sa fiche Google (septembre 2026). Sur quatre des cinq recherches locales de son métier que nous avons faites autour de chez elle, elle n’apparaissait pas ; sur la cinquième, qui contenait le nom de sa commune, elle sortait troisième sur trois. Dans ce cas, une activité soutenue sur Instagram et Facebook ne suffisait pas à être trouvée par ceux qui cherchent le métier : Instagram montre le travail à ceux qui suivent déjà, ce sont les mots (métier, commune) et la fiche Google qui font trouver.

Deux nuances. L’aide d’Instagram indique que les publications et les reels d’un compte professionnel peuvent apparaître dans les moteurs de recherche (un réglage permet de l’empêcher) : vos textes comptent aussi hors de l’application. Et Instagram complète la fiche (chapitres 09 et 10) et le site (chapitre 13) sans les remplacer : le chapitre 07 le classe prioritaire pour un commerce, et pour plus tard chez un artisan, qui commence par sa fiche.

Définitions

Compte professionnel — réglage d’un compte Instagram qui donne accès aux statistiques, au bouton Contact et à la publicité, en deux types : « business » (commerces, entreprises locales, prestataires de services) et « créateur ». Bio — le texte de présentation sous le nom du compte. Story — publication éphémère ; une story à la une reste affichée sur le profil. Reel — vidéo verticale (chapitre 18). Hashtag — mot précédé de « # » ; sa page rassemble les publications publiques qui le portent.

17.2 — Le profil : un compte professionnel et 150 caractères

Le compte professionnel apporte un tableau de bord professionnel (c’est le nom qu’emploie l’aide d’Instagram) et des statistiques, une messagerie triée en onglets (Principal, Général, Invitations), un bouton Contact qui affiche adresse, téléphone ou e-mail, et une catégorie sous la photo — celle de la Page Facebook associée, précise l’aide. Un bouton d’action (réserver, commander) est en déploiement auprès de partenaires limités : il peut ne pas vous être proposé, et un seul s’affiche à la fois.

Une contrainte : un compte professionnel « ne peut pas être privé ». Si le vôtre l’était, il deviendra public et les demandes d’abonnement en attente seront acceptées automatiquement : relisez d’abord vos anciennes publications.

La bio tient en 150 caractères au maximum. Reprenez-y votre phrase de base du chapitre 04, avec la commune en toutes lettres, puis ce que le visiteur peut faire : venir, commander, appeler. Instagram accepte jusqu’à 5 liens ; un visiteur n’en lit pas cinq. Mettez en premier celui qui sert l’objectif du moment (la page de votre site qui y répond, ou votre fiche Google), et changez-le quand l’objectif change. Adresse et téléphone recopient, au caractère près, votre ligne de référence du chapitre 04.

Les publications épinglées, 3 au plus, restent en haut de la grille : réservez-les à ce que tout nouveau visiteur doit voir (horaires, offre du moment, qui vous êtes). Les stories à la une restent sur le profil après la disparition de la story d’origine : rangez-les par thème. Voici comment optimiser votre profil en trente minutes (fiche-outil F10) :

  1. Passez en compte professionnel, type « business », si ce n’est pas fait, et choisissez la catégorie la plus proche de votre métier (5 min) ; si le compte est relié à votre Page Facebook, c’est celle de la Page qui s’affiche (chapitre 16).
  2. Vérifiez la photo, le nom affiché et l’identifiant (4 min) : un logo ou un visage lisible en petit ; l’enseigne et, si la place le permet, le métier et la commune.
  3. Réécrivez la bio (10 min) : phrase de base, commune, action attendue, 150 caractères au plus.
  4. Remplissez le bouton Contact (3 min) avec l’adresse et le téléphone de votre fiche Google, recopiés à l’identique.
  5. Placez vos liens (3 min) : le premier vers la page qui sert l’objectif du moment ; vérifiez qu’il s’ouvre bien sur un téléphone.
  6. Épinglez trois publications (2 min) parmi celles qui existent ; s’il en manque une, notez-la pour l’exercice 17.1.
  7. Créez ou renommez trois stories à la une (3 min) aux titres courts : Horaires, Réalisations ou Produits, Avis.

17.3 — Publier : quoi montrer, avec quels mots

Ce qui retient un client proche, c’est une preuve ou une nouvelle, pas une offre. Quatre familles de publications conviennent à un commerce ou à un artisan : l’avant-après d’une réalisation (l’escalier repeint, la vitrine refaite) ; le produit du moment, daté ; les coulisses (l’arrivage, l’atelier, la préparation) ; l’avis d’un client. Ajoutez-y l’information utile datée — horaires des vacances, fermeture exceptionnelle. Le format suit le sujet : une photo, un carrousel (plusieurs images à faire défiler) ou un reel.

Retoucher un avis pour le rendre plus flatteur peut constituer une pratique commerciale trompeuse : citez-le tel quel. Demandez à son auteur s’il accepte d’être cité, et sous quel nom.

Les mots font le reste. Dans la légende, le texte sous la publication, nommez le produit ou la prestation avec les mots de vos clients (chapitre 04), et la commune ; ajoutez un lieu au moment de publier. Pour les hashtags, l’aide d’Instagram indique désormais : « Vous pouvez ajouter jusqu’à 5 tags à une publication. » L’ancienne limite, bien plus haute, a disparu de l’aide : les conseils qui en recommandent des dizaines sont dépassés. Choisissez-les comme des mots-clés : le lieu (commune, massif, vallée), puis le produit ou le métier. Exemple avec notre épicerie fictive :

À éviter

« Nouveautés en boutique, venez nombreux ! » suivi d’une rangée de hashtags génériques en anglais : ni produit nommé, ni commune, ni date, ni lieu.

À faire

« Arrivé ce matin : le miel d’un apiculteur voisin, au comptoir jusqu’à samedi. Épicerie fine à Besse-et-Saint-Anastaise. » Lieu renseigné, trois hashtags : #Besse #Sancy #epiceriefine.

Côté rythme, deux publications par semaine tenues pendant trois mois permettent de comparer les sujets entre eux, ce que ne permet pas une série abandonnée au bout de quinze jours.

Piège classique

Acheter des abonnés ou des « j’aime », publier en rafale, lancer un concours du type « Aimez ma page et tentez de remporter… » : les Standards de la communauté de Meta, communs à Instagram et à Facebook, rangent ces pratiques dans le spam. Publier du contenu répétitif peut, avec d’autres indices, faire restreindre un compte.

17.4 — Messages privés et statistiques : répondre, puis mesurer

La messagerie est l’endroit où un abonné devient client : « vous l’avez encore ? », « vous ouvrez dimanche ? ». Le message d’une personne que vous ne suivez pas peut arriver comme une demande, selon les réglages ; un compte professionnel range ces demandes dans l’onglet Invitations. Ouvrez-le à chaque passage et répondez dans la journée si vous le pouvez. Écrire en privé à des inconnus pour leur vendre vos produits est une tout autre affaire.

Attention

Messages privés. Le consentement préalable d’un particulier est exigé pour le prospecter par voie électronique, rappelle la CNIL ; les pages de la CNIL consultées en octobre 2026 ne citent pas les messageries des réseaux sociaux. Mais le droit européen définit largement le « courrier électronique », et la Cour de justice de l’Union européenne lit cette notion de façon large. Le plus prudent : traitez un message privé de prospection comme un e-mail — à un particulier, rien de commercial sans son accord préalable ; à un professionnel, un message en rapport avec son métier, qui dit qui vous êtes, d’où vient son adresse ou son contact, et comment refuser la suite (chapitres 06 et 29).

Images et avis. Une personne reconnaissable ne se publie qu’avec son accord écrit (chapitre 18) ; un avis se cite sans retouche (section 17.3). Ces règles évoluent : voyez le chapitre 06, le site de la CNIL, la fiche « Droit à l’image et respect de la vie privée » de service-public.fr et la fiche « Avis en ligne » de la DGCCRF.

Au-delà des « j’aime », cherchez, si votre tableau de bord professionnel les propose, les indicateurs qui précèdent un contact (visites du profil, clics sur vos liens ou sur le bouton Contact) ; les libellés changent. Puis croisez avec votre fichier de suivi (chapitre 05) : quand un client répond « sur Instagram » à « Comment m’avez-vous trouvé ? », demandez « quelle publication ? » et notez-la.

Exercice 17.1 — Votre bio et vos huit prochaines publications 40 min

Objectif : un profil qui dit ce que vous faites et où, et un mois de publications décidé à l’avance.

  1. Écrivez votre bio en 150 caractères au plus : phrase de base, commune, action attendue. Faites-la lire à un client : comprend-il ce que vous vendez, et où ?
  2. Choisissez votre premier lien et vos trois publications épinglées.
  3. Planifiez huit publications sur quatre semaines : semaine, format, sujet, lieu, trois à cinq hashtags, clientèle visée.
  4. Vérifiez la variété : au moins une coulisse, un produit ou une réalisation, une information datée, un avis cité avec l’accord de son auteur ; une offre par semaine au plus.
  5. Ajoutez à votre fichier de suivi la relance « quelle publication ? » pour la valeur « Réseaux sociaux ».

Résultat attendu : une bio relue, un premier lien et trois épinglées choisis, un tableau de huit publications, une relance ajoutée au fichier.

Corrigé — L’Épicerie des Estives. Léa Morand tient notre épicerie fine et salon de thé fictifs à Besse-et-Saint-Anastaise. Son compte Instagram réunit 1 900 abonnés, dont beaucoup de vacanciers, supposons-le ; or elle veut faire venir la clientèle locale hors saison et vendre ses coffrets aux comités sociaux et économiques (CSE). Hypothèses de l’exemple : la boutique ouvre toute l’année, et Léa consacre à Instagram une de ses 3 h par semaine.

Sa bio, 145 caractères : « Épicerie fine et salon de thé à Besse-et-Saint-Anastaise, ouverts toute l’année aux habitants du Sancy. Coffrets cadeaux pour entreprises et CSE. » Premier lien : jusqu’à mi-décembre, la page Coffrets de son site (chapitre 13) ; ensuite, la page « ouverte toute l’année ». Épinglées : ses horaires d’hiver, les coffrets, sa présentation. À la une : Horaires, Coffrets, Salon de thé, Producteurs.

SemaineFormatSujetPour qui
1Photo, épingléeLes horaires d’hiver : ouvert toute l’annéeHabitants
1ReelL’arrivage de la semaine, déballé au comptoirHabitants
2Carrousel, épingléLes coffrets d’entreprise : trois compositions, date limite de commandeEntreprises, CSE
2PhotoLe produit du moment et son producteur, avec son accordHabitants
3ReelCoulisses : Léa compose un coffretEntreprises, CSE
3PhotoUn avis client cité mot pour mot, avec l’accord de son auteurTous
4ReelLe salon de thé un après-midi de semaine, sans client reconnaissableHabitants
4Photo, épingléeLéa se présente : qui tient la boutique toute l’annéeHabitants

Chaque publication porte le lieu « Besse-et-Saint-Anastaise » et au plus cinq hashtags tirés de ses mots du chapitre 04 : #Besse, #SuperBesse, #Sancy, #epiceriefine, #coffretgourmand. Léa ne démarche personne en message privé : les entreprises et les CSE recevront ses e-mails (chapitre 30), qui renverront à la page Coffrets. Dans son fichier, chaque contact noté « Réseaux sociaux », avec la précision « Instagram » et la publication citée, lui dira fin novembre ce qui a fait venir les habitants.

À retenir

  • Instagram montre votre travail à ceux qui vous suivent ; pour être trouvé au moment du besoin, les mots, la fiche Google et le site restent indispensables.
  • Un compte professionnel est public et donne accès aux statistiques et au bouton Contact ; la bio, 150 caractères au plus, reprend votre phrase de base avec la commune.
  • Jusqu’à cinq liens et trois publications épinglées : le premier lien et les épinglées servent l’objectif du moment.
  • Chaque publication porte un lieu, les mots de vos clients et au plus cinq hashtags ; montrez des preuves et des nouvelles plutôt que des offres.
  • La messagerie sert à répondre, onglet Invitations compris ; un message privé de prospection se traite comme un e-mail.
  • Mesurez avec votre fichier de suivi : « quelle publication ? » renseigne mieux que le compte des « j’aime ».