LEÇON

13. Le site internet : en faut-il un, et que doit-il contenir pour être trouvé ?

On peut travailler sans site internet. Ce chapitre dit quand un site devient utile, ce qu’il doit contenir pour être trouvé — pas pour être beau —, et comment vérifier en vingt minutes que Google le connaît. Dernière pièce de la partie II avant le relevé du chapitre 14.

On peut travailler sans site internet. Ce chapitre dit quand un site devient utile, ce qu’il doit contenir pour être trouvé — pas pour être beau —, et comment vérifier en vingt minutes que Google le connaît. Dernière pièce de la partie II avant le relevé du chapitre 14.

En bref

Pour qui
B2C et B2B. Surtout utile au-delà de votre commune, avec plusieurs prestations, ou face à des clients professionnels.
Enjeu
Avoir un endroit à vous, lisible par les moteurs et les assistants d’IA, qui dit votre métier commune par commune.
Idée clé
Un site trouvé n’est pas un grand site, c’est un site précis : une page par prestation, une page par commune importante.
Prérequis
Chapitres 03, 04, 09 et 12.
Lecture
Environ 13 minutes (+ 40 minutes d’exercice).

13.1 — En faut-il un ?

Pas toujours tout de suite. Si vos clients habitent à moins de quinze kilomètres et que votre fiche Google sort déjà sur vos recherches de référence (chapitre 08), la première heure va à la fiche et aux avis (chapitres 09 et 10). Le petit sondage du chapitre 01 (septembre 2026) ne tranche pas : sur neuf entrepreneurs, aucun ne devait l’un de ses trois derniers clients à Google ou à un site, peut-être parce qu’aucun n’y était trouvé (chapitre 08). C’est un signal, pas une étude.

Le site devient utile dans quatre cas. Au-delà du premier cercle : dans la méthode des trois cercles du chapitre 03, issue de nos observations de terrain, la fiche seule peine au-delà de 15 km et c’est une page de site par commune qui prend le relais. Avec plusieurs prestations, que la fiche ne détaille pas comme une page. En B2B, où vos courriels et votre profil LinkedIn ont besoin d’une page qui expose l’offre. Pour les réponses des IA : Google indique que, pour être citée en lien dans ses Aperçus IA, une page doit être « indexée et affichable dans la recherche Google avec un extrait » (chapitre 11).

Une page Facebook seule

Utile pour montrer la vie de l’entreprise (chapitre 16), elle appartient à la plateforme, qui en fixe les règles. Impossible d’y consacrer une page à chaque prestation et à chaque commune, ou de la suivre dans la Search Console de Google.

Un site à vous

Vous en êtes propriétaire, surtout avec votre propre nom de domaine. Une page par prestation et par commune importante, suivie gratuitement dans la Search Console.

13.2 — Ce qu’un site doit contenir pour être trouvé

Définition

Indexation — l’enregistrement d’une page par un moteur de recherche après l’avoir explorée. Une page non indexée ne peut pas apparaître dans les résultats.

Titre de page — la ligne que le moteur affiche en grand comme intitulé de votre page dans les résultats.

Référencement naturel — ce qui aide un site à apparaître dans les résultats non payants ; en anglais, SEO.

Le client tape « chauffagiste Issoire » ou « coffret gourmand CSE » : il faut qu’une page, chez vous, parle exactement de cela. Voici le contenu minimal, dans l’ordre où nous le vérifions :

  • une page par prestation importante : ce que vous faites, pour qui, où, comment vous joindre ;
  • une page par commune ou bassin important, écrite pour elle : ce que vous y faites réellement, des chantiers du secteur. Une page qui ne change que le nom de la commune n’apprend rien à personne ;
  • un titre de page qui dit métier + commune (ou prestation + commune), jamais « Accueil » seul ;
  • les coordonnées identiques à la fiche Google (chapitre 04), en texte sur chaque page, pas dans une image ;
  • des avis : un lien vers votre fiche Google, et les témoignages que vos clients ont accepté de voir publiés ;
  • des photos de vrais chantiers ou de vrais produits, plutôt que des images d’illustration ;
  • des liens d’une page à l’autre, dans les deux sens.

Pour ses fonctions d’IA, Google recommande notamment aux propriétaires de sites d’autoriser l’exploration, de prévoir des liens internes, de mettre les contenus importants en texte et de tenir à jour leur fiche d’établissement.

Fiche Google lien vers l’accueil Accueil Plombier-chauffagiste à Champeix Search Console indexation suivie Une page par prestation Une page par commune Entretien de chaudière Pose de pompe à chaleur Dépannage et fuites Plombier à Champeix Chauffagiste à Issoire Plombier à Saint-Amant-Tallende liens Partout : même nom, adresse et téléphone
Figure 13.1 — Ce que pourrait être le site minimal de notre plombier fictif de Champeix, qui n’en a pas encore : chaque page répond à une recherche précise.
À savoir Avancé

Les données structurées d’établissement local (« LocalBusiness ») sont quelques lignes de code, invisibles pour le visiteur, qui décrivent l’entreprise à Google : nom, adresse, horaires, services. Google en publie le modèle et prévient qu’il « ne garantit pas que les fonctionnalités basées sur les données structurées apparaîtront dans les résultats de recherche ». C’est un plus, à condition de reprendre exactement le texte visible : ni une condition pour être trouvé, ni un substitut à la fiche Google.

13.3 — Nom de domaine ou sous-domaine gratuit

Définition

Nom de domaine — l’adresse qui vous appartient, faite d’un nom et d’une extension : dans « exemple.fr », « exemple » est le nom, « .fr » l’extension. Il se renouvelle chaque année. Sous-domaine gratuit — l’adresse fournie par un constructeur de site dans sa formule gratuite, du type « votre-nom.constructeur.com » : le nom du constructeur fait partie de votre adresse.

France Num, service de la Direction générale des entreprises, est net : « Créer un site Internet avec un service gratuit, sans nom de domaine personnalisé ne sera pas efficace d’un point de vue référencement naturel et nuira à votre image. Cela fait amateur. » Il voit dans le nom de domaine « un actif immatériel de votre entreprise », juge le .fr « un choix judicieux » pour une TPE française et conseille de réserver aussi le .com.

Selon France Num, l’enregistrement coûte généralement entre 1 € et 15 € la première année selon l’extension, et le renouvellement plutôt entre 10 € et 15 € par an ; certaines extensions montent jusqu’à 60 € par an. L’abonnement au constructeur est une autre dépense, dont nous ne citons aucun prix : vérifiez ce qu’il inclut, notamment la possibilité de relier votre nom de domaine et de modifier les titres de page.

Le constat du chapitre 12 nuance ce conseil : sur « garde de chats » suivi d’une ville voisine, une simple page sur la commune, publiée sur un sous-domaine gratuit, sortait en 3e position parmi huit annuaires nationaux. Ce n’est pas un argument contre le nom de domaine, mais pour commencer par écrire les bonnes pages.

Reste le lien. Vos fiches et vos réseaux pointent tous vers une adresse ; si elle mène vers l’accueil du constructeur ou vers une erreur, le client tombe dans le vide. À vérifier en particulier : les petits sites créés depuis la fiche Google, en « business.site », dont la presse spécialisée a rapporté la fermeture en 2024 — nous n’en avons pas retrouvé l’annonce officielle, mais un clic sur le lien de votre fiche suffit à trancher. Le jour où vous passez à votre nom de domaine, mettez à jour tous ces liens, avec le tableau de l’audit du chapitre 12.

13.4 — Vérifier qu’on est trouvé, et ce qu’il ne faut pas acheter

L’opérateur « site: ». Tapez dans Google site: suivi de votre adresse, sans espace (par exemple site:exemple.fr) : seules des pages de ce site s’affichent. C’est un sondage, pas un inventaire — Google prévient que la liste « n’est pas toujours exhaustive ». Si aucune page ne sort, votre site n’est probablement pas indexé ; si une page précise manque, vérifiez-la avec l’outil d’inspection d’URL de la Search Console.

La Search Console Gratuit de Google n’est pas nécessaire pour apparaître dans ses résultats, mais elle permet de vérifier que Google explore votre site, de demander l’indexation d’une page, de voir les requêtes qui vous affichent, avec impressions et clics, et de recevoir des alertes. Un site validé dans la Search Console peut même permettre une validation instantanée de votre fiche d’établissement. Son équivalent chez Microsoft, Bing Webmaster Tools Gratuit, importe les sites déjà validés dans la Search Console sans refaire la vérification.

Le contrôle complet tient en vingt minutes :

  1. En navigation privée, tapez votre métier suivi de votre commune, puis de deux communes de votre liste : votre site sort-il, et où ?
  2. Tapez site: suivi de votre adresse et comparez les pages affichées avec celles que vous avez créées.
  3. Lisez les titres affichés : chacun dit-il un métier ou une prestation, et une commune ?
  4. Comparez les coordonnées de chaque page avec celles de votre fiche Google.
  5. Cliquez sur le lien du site depuis votre fiche Google, vos réseaux et PagesJaunes : chacun doit arriver sur votre site.
  6. Ouvrez le site sur un téléphone : le numéro se lit-il sans zoomer, et s’appelle-t-il d’un geste ?
  7. Traquez les informations périmées : tarifs anciens, congés passés, prestations abandonnées.
  8. Vérifiez que le site est déclaré dans la Search Console ; sinon, notez-le dans votre fichier de suivi.

C’est la grille que nous appliquons chez Num Compagny ; elle vaut quel que soit votre prestataire.

Piège classique

« Référencement garanti en première page », « être cité par ChatGPT », « fichier spécial pour les IA » : trois promesses à refuser. Pour ses fonctions d’IA, Google écrit que « l’indexation et la diffusion ne sont pas garanties », qu’aucune « optimisation spéciale » n’est requise et que vous n’avez pas besoin de créer « de fichiers textuels d’IA » ; pour la carte, qu’aucune meilleure place ne s’obtient « contre rémunération ». Une première place garantie n’existe pas en résultats naturels ; la publicité (chapitre 35) achète un emplacement marqué « Sponsorisé », pas un classement.

Exercice 13.1 — Le plan de vos pages 40 min

Objectif : savoir quelles pages créer ou corriger, et à quelle adresse.

  1. Si vous avez un site, faites le pas-à-pas de la section 13.4.
  2. Listez vos trois à cinq prestations principales : une page chacune.
  3. Retenez trois à cinq communes de votre liste du chapitre 03 : une page chacune.
  4. Écrivez le titre de chaque page : prestation ou métier + commune.
  5. Choisissez l’adresse (votre nom de domaine, après avoir vérifié qu’il est disponible en .fr et en .com, ou provisoirement l’actuelle) et listez les liens à mettre à jour.

Résultat attendu : un plan d’une page : les pages et leurs titres, l’adresse retenue, la liste des liens à mettre à jour.

Corrigé — L’Épicerie des Estives

Léa Morand tient notre épicerie fine et salon de thé fictifs à Besse-et-Saint-Anastaise : 1 900 abonnés sur Instagram, un site gratuit sur un sous-domaine de constructeur, trois heures par semaine et 150 € par mois. Objectifs : la clientèle locale hors saison, et des coffrets cadeaux pour les entreprises et les comités sociaux et économiques (CSE) en fin d’année.

Le diagnostic, supposons-le : une seule page, titrée du seul nom de la boutique, et rien sur les coffrets — son unique offre aux professionnels. Quatre pages suffisent pour commencer :

  • « Épicerie fine à Besse-et-Saint-Anastaise » : l’accueil, horaires d’hiver et d’été, coordonnées identiques à la fiche ;
  • « Coffrets cadeaux pour CSE et entreprises — Sancy » : composition, délais de commande, retrait ou livraison si elle la propose ; ses courriels aux CSE renverront vers elle (chapitre 30) ;
  • « Salon de thé à Besse-et-Saint-Anastaise » : une prestation distincte, une page distincte ;
  • « Épicerie fine ouverte toute l’année, Besse et alentours » : pour les habitants et les propriétaires de résidences secondaires — à Besse, 77,2 % des logements en sont, selon l’Insee (2023) —, en nommant les communes voisines de sa liste.

L’adresse. Un nom de domaine pèse peu dans un budget de 150 € par mois ; le poste à vérifier est la formule du constructeur qui permet de le relier. Léa crée la page Coffrets dès octobre sur son site actuel, car la fin d’année n’attend pas ; elle réserve le .fr et le .com, bascule au printemps, entre deux saisons, et met à jour le même jour ses fiches et le lien de son profil Instagram.

À retenir

  • Un site n’est pas la première urgence d’une entreprise très locale dont la fiche sort déjà ; il devient utile au-delà du premier cercle, avec plusieurs prestations, en B2B et pour les IA.
  • Une page Facebook ne remplace pas un site : elle ne vous appartient pas et ne permet pas une page par prestation et par commune.
  • Un site trouvé est un site précis : une page par prestation, une page par commune écrite pour elle, un titre métier + commune, les coordonnées de la fiche.
  • France Num juge le site gratuit sans nom de domaine peu efficace pour le référencement ; un nom de domaine coûte généralement entre 1 € et 15 € la première année.
  • L’opérateur « site: » et la Search Console, gratuits, disent si Google connaît vos pages ; personne ne peut garantir la première place ni une citation par une IA.